A Coruna! Caramba!

 

Cedeira - A Coruna Lundi 23 Juillet 

 

 Ca y est! Lundi 8h32, poste de Cedeira: Jérem reçoit enfin sa carte bancaire. Alléluia!!!! Tout le monde sur le pont, on se barre!!!!! Direction A Coruna!! Eau, gasoil et shampooing en perspective! Hiha!!!

 

A peine partis on manque de se taper le filet d'un péchou, qui avait omis de mettre un pavillon. Vraisemblablement la signalétique c'est pas leur fort ici! Et plus tu files au sud, pire ce serait!

 

On se taille au large. Le vent monte gentiment, passant les 30 nœuds, mais nous sommes au portant (vent arrière, qui nous pousse!) et on ne le sent pas plus qu'un pet de mouche.

 

Cependant la houle est grosse et serrée, et au large de l'ultime pointe à passer, on se tape une petite dérouillée. Le boat part au lof, roule monstrueusement, et je me tape encore une suée.

 

Dav est serein, comme à l'ordinaire, concentré. Personnellement, je bous. Je fulmine même, intérieurement, en luttant pour ne rien laisser paraître: "Putain mais j'en ai ma claque de ce bateau moi. Qu'est-ce-que je fous là. Ras-le-bol. Si je te les chope, tous ces marins là, qui se targuent d'aimer la mer... ils se foutent bien de ma gueule. Tu ne peux pas aimer ça. C'est une furie, cette bouffeuse d'hommes. Tu peux pas aimer jouer de ta vie dans ces conditions, merde. Qu'il y en ai un là, qui ose me faire une leçon de courage en roulant des mécaniques, je l'éborgne." Du courage... franchement je tremblais comme une feuille. Et j'étais vraiment en colère, je ne sais pas contre quoi, contre moi. Je jette un coup d’œil à Tos. Tiens, celle-là n'est pas plus fière que moi! Viens là que je te fasse un câlin! Et alors que je lui énumère toutes les charcuteries qu'on goutera dans les pays prochains, j'en oublie de trembler et elle aussi.

Non pas que notre vie fusse en danger à ce moment. Le bateau tient et j'ai entièrement confiance en Dav. La mer était grosse mais rien de vraiment paniquant, le vent fort mais on avait été prévoyants en prenant 2 ris ( pour vous amis terriens: on ôte de la surface de la grand voile; on peut aller jusqu'à 3 ris, par gros temps!), on n'était pas surtoilés, tout était sous contrôle. D'aucuns prendraient leur pied! Mais j'ai peur de l'eau, c'est quasi phobique. Je me soigne en faisant seule de l'annexe, en plongeant avec les gars, en nageant là où j'ai pas pied - je sais, c'est bizarre pour quelqu'un qui se lance dans l'Atlantique.  Je voulais faire le tour du monde à pied voire à vélo, trotter par les montagnes; mais par la mer, ça ne m'avait jamais traversé l'esprit. Pourquoi faire? J'avais jamais foutu les pieds sur un truc qui flotte à part peut être un Corsica ferry. En arrivant à Morlaix et rencontrant Dav j'ai changé mon fusil d'épaule! Bon, je voulais de l'aventure; à la voile?? Pourquoi pas. Et nous voilà partis, moi, petit navire, et Dav en skipper autodidacte. Qui avait acheté son voilier au culot, sans en avoir jamais fait. Il a appris seul et avec des amis. Il connaît son boat par cœur et je sais qu'il est prudent et prévoyant. Mais dans ces moments là, je me dis qu'on est quand même gonflés et que si je m'en sors vivante ou saine d'esprit, je serais pas peu fière d'avoir réussi!! C'est double challenge pour ma part!

 

Enfin, (car finalement, toutes les bonnes choses ont une fin !) c'est le retour à la normale - à l'acceptable! Et la nav' s'est finie en bronzage, massage et réflexologie plantaire. C'est quand même mieux comme ça! Et j'ai vite oublié ma tempête intérieure.

 

 

Arrivée à A Coruna en fin d'aprèm, où Jérem nous invite, pour fêter sa nouvelle carte bancaire, au resto.

 

 "On" (même si je refuse de m'inclure dans ce piètre jury) choisit un resto flanqué d'une grosse mama. "Hum, je suis sûre qu'elle fait bien à bouffer" , conclut Dav. Moi je louche sur les immenses photos plastifiées tape à l'oeil : "Hum. ça a l'air craignos". Bon, on va pas se taper toute la ville. D'accord.

 

Alors : au menu: des poulpes gélatineux à la sauce cantine, du porc caoutchouteux, des patates à l'eau (Dav: "j'avais pas demandé des frites?") et attendez! en dessert, un yaourt danone sucré servi sur une soucoupe -j'ai du pincer très fort mes lèvres pour ne pas exploser de rire- une (une seule, hein!) pêche en boîte pour Jérem qui a failli la rendre, dans tous les sens du terme, un gâteau incertain (à la farine de choucroute avariée selon moi) pour Jacky. Le tout servi au pas de course; en 30 minutes chrono c'était plié - mais pas digéré. On nous tirait littéralement les assiettes dès la fourchette reposée. Mais les bières eurent le mérite d'être acceptables et on ne me factura pas mon tinto de verano infâme et non bu. Haha!

 

 

Le soir Dav et moi sommes allés faire un tour dans la vieille ville, où nous bûmes romantiquement du thé sous une tente marocaine, avant que je m'étrangle en entendant le prix moins romantique. Il y avait un festival médiéval dans le quartier; un gros truc, avec un magnifique vieux manège en bois à rotation manuelle, des éleveurs d'oies, des zicos, des créatures fantastiques (et fantasques !) déambulant partout, des stands de bouffe monstrueusement alléchants (quoique nos estomacs fussent H.S), et autres étals se rapprochant de peu ou de loin au temps médiéval (tisanes d'apothicaire anti-hémorroïdes, donuts (!), bois, tissus, cuir...). Génial!

 


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Le lendemain matin le fut moins: Jacky souffrait depuis plusieurs jours de l'épaule et de la clavicule. Ce matin là, il ne peut plus se lever: on appelle un médecin. Ce sera finalement ambulance et urgences. Plusieurs heures plus tard, on voit revenir Jérem et Jacky, pas mieux avancés. Ce serait musculaire selon les médecins. Des anti-inflammatoires, et basta. Du repos. Zou, au lit! Jacky ronge son frein, lui qui déteste ne rien faire... On décide de rester une nuit supplémentaire, pour le risque que ça ne s'améliore pas.

 

 

Dans la journée, on assainit les bateaux, bricole.

 

 


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Le soir on s'offre une bouffe médiévale - des côtes de porc rôties et du pinard, quoi! Consolation de la veille!! C'était très bien!

 



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                                                                                            Jacky allait déjà mieux avec toute cette barbac!

    

(Dommage, j'avais quelques photos marrantes mais trop lourdes, je n'arrive pas à les télécharger.)


Le lendemain Jacky ne va toujours pas mieux. Je file avec lui dans dans un centre d'urgences pour un deuxième diagnostic. L'accueil est déjà apparemment plus appréciable et les toubibs supers sympas. On attend même pas 3 minutes. On l’ausculte plus longuement, et le verdict sera une tendinite; bien carabinée, vu comme il souffre.

 

Punition: 2 piqûres dans les fesses, "en el culo!!" dixit une toubib vraiment rigolote avec des culs-de bouteille en guise de lunettes. Bon. Merci! Et comment on rentre? Pas de bus, pas de taxi. On a qu'à faire du pouce? "Non mais tu rigoles, t'as vu ma tronche de repris d'justice; t’espères quand même pas qu'on va me prendre en stop!" T'inquiète tonton! Je connais les ficelles, c'est moi la reine du stop! Et paf! 5 minutes après on était au port, en payant la mamie de bisous!

 

 

On partira en bateau le soir même, pour un mouillage vers Ares, à 2h de nav'. C'est gratuit et se révèlera beaucoup plus protégé de la houle! Peu avant d'arriver, des dauphins -des millions selon Dav, trop heureux!; un peu moins selon la réalité! quelle rabat-joie je fais- s'égayent dans la baie, c'était génial!!!

 

Même Tos, qui d'ordinaire reste calée dans le cokpit, est devenue dingue de joie. Complètement vaccinée du roulis du bateau, elle était d'un coup sur tous les fronts, à l'étrave, sur la plateforme, sur le pont. En haut, en bas, à tribord.

Dav jouait avec eux en frappant doucement l'eau avec la godille; ils se mettaient juste en-dessous de lui, sur le dos. C'était vraiment génial. Le petit bonheur de la journée!



       dauphins-ares.jpgtos-dauphin.jpg


Le mouillage est sympa, on est peinard, la plage -au sable incroyablement fin! de la farine!- est tout près, on a pas encore exploré la petite ville, qui semble banale.

 

On restera là quelques jours, le temps que Jacky repose son bras, le moindre effort est exclu pour le moment. Pas de problème, y a de quoi faire ici aussi! Il fait encore beau (quoique quelques gouttes tout à l'heure! aïe!) et on a des coquilles Saint Jacques pour le dîner!

See you soon!

 

 

 








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