Allô la terre, ici Madère!!

Allô la terre, ici Madère!

Ouuuuuuuaaaaaaaaiiiiis!!!!!

Après 4 jours de nav', on a débarqué sur l'île de Porto Santo, jeudi 6 septembre. On a quitté Lisbonne-Cascais dimanche matin, laissant nos copains Ambre et Clément voguer pour le Maroc sur leur petit "Folie Douce" (on doit se retrouver au Cap Vert!). Et là, cela fait une semaine qu'on se fait plaisir et réhydrate nos carcasses desséchées, à se baquer dans des eaux absolument cristallines et chaudes (27,4°C s'il vous plaît), à se balader et se faire des boustifailles avec nos nouveaux copains.

L'archipel de Madère, c'est 5 îles: Porto Santo, la plus petite, aride, première escale des navigateurs du nord-est; Madère, la prospère, puis trois îles désertes oubliées.

On est pas pressés! On ne pensait pas rester si longtemps sur Porto Santo, mais on s'y sent bien; on filera pour Madère demain.

Nos premiers 500 milles non-stop, nos premiers 4 jours d'affilée.

Alors? Quels déboires? Quelle péripétie vont-ils encore nous raconter? Quelle connerie inédite? Je vous y vois, hein, frétillants d'impatience, à l'idée de lire un abordage de baleine ou une pêche à l'orque. Et bien non!! Une nav' tout ce qu'il y a de plus sereine, ne vous déplaise!!! Rien à déclarer!! Incroyable!!! Juste quelques petits coups de flip pour ma part dans des vagues de 4 mètres et rafales de 30 nœuds, quand le bateau part au lof la nuit et que Dav et Tos ronflent. Juste un inverseur de moteur à réparer au milieu de nulle part, rien de méchant. Incroyable, vous dis-je.

(Pour le Marguil au contraire, ce fût le festival des coups durs: pilote puis batteries qui lâchent, torchons dans les voiles, régulateur d'allure qui saute...mais ils se sont consolés à coup de Château Margaux je crois.)

Du 20 nœuds en moyenne, parfait. On a cependant dû finir par quelques heures de moteur à cause d'une pétole sans nom.

Mais voilà!!!!!! On l'a fait!!!

On était heureux, mais heureux!!! de voir la terre!!!

 

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Porto Santo, vue du large! 1° escale!


 

4 jours de nav'? Ca fait quoi?

C'est de la discipline pour les quarts et l'aménagement de l'espace vital! Chaque chose à sa place, chaque place à sa chose (C'est valable jusqu'au moment où l'on aperçoit la terre. Là, soudainement on se lâche, et le bateau devient en 3 minutes un joyeux bordel).

Pour les quarts, la nuit, on a maintenant un truc formidable: on écoute des podcasts d'émissions passionnantes, du genre "la tête au carré" ou "là-bas si j'y suis" et c'est vraiment gé-ni-al!!!!! Le temps passe à une allure cosmique (je viens d'inventer cette expression, ça ne veut rien dire mais je l'aime bien) et on alimente nos réflexions et on continue d'être informés, un tant soit peu! Vraiment, ce fût la révélation de cette nav. Ca change la vie! Et, le casque sur les oreilles, tu n'entends même plus le vent et les grosses vagues qui menacent à chaque instant de déferler sur toi. Un bon point.

Sinon, pour ceux qui disent que l'on s’emmerde en mer, je leur conseille d'être malade, car toute chose quotidienne insignifiante se révèle extrêmement absorbante, et on ne voit plus le temps passer: une 1/2h pour mâcher une pauv'petite tomate cm³ par cm³, c'est yoga, ça!

 

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En premier plan, c'est R2D2, notre pilote auto!

Nous n'avons pas vu beaucoup d'animaux, à part quelques dauphins, assez longtemps, quand même!

Je suis folle de jalousie envers nos nouveaux copains du Fletcher (4 jeunes loulous hyper chouettes qui filent aux Canaries sur un petit 9m30! Rencontrés ici!) qui ont vus... une baleine et son petit!!!!!!! Et des globicéphales!!!!! Et des méduses hallucinantes!! Le tout filmé ou pris en photo du haut du mât, c'est extraordinaire! Je me console en confirmant que c'était bien des globicéphales qu'on avait deviné au loin nous aussi (mais on en avait vu que les nageoires dorsales!).

Ah! Si! J'ai vu un poisson volant!! Regarde Dav!!!!!! Une libellule géante!!!!!Mais pourquoi tu ris? Si, je te jure! Non, pas une libellule mais pas un oiseau non plus, bah oui je sais pas où il est passé. (On me confirmera après que c'est possible! On entre dorénavant dans l'univers des gros cétacés et des poissons volants!)

Arrivée à Porto Santo, le bonheur!!!

Et quel accueil! Le douanier pince-sans-rire qui me tape la bise et la discute quand je le croise dans la rue. Vous avez déjà vu ça, vous??

Son petit resto, avec du bœuf au menu, bien sûr, on s'est tous régalés, et j'y ai mangé la meilleure pièce bouchère de toute ma vie : un pavé fondant cuit en temps réel sur une pierre chaude, en guise d'assiette (quoi? qui a dit que j'étais encore végétarienne?)

Ses eaux turquoises et sa plage , qui, dixit le guide Imray, "n'ont rien à envier à celles des Caraïbes". Son choc thermique! Si chaude! A peine vivifiant.

Et ses poissons magnifiques, dans les récifs épars!

Moi, greluche exaltée:"-Oh Jacky! C'est extra! Regarde, mais regarde!!! Olala!! J'ai jamais vu des poissons si beaux dans l'eau! -Bah oui c'est sûr, sur l'autoroute c'est plus dur, hein." Ah, oui.

On voit débarquer le lendemain les loulous sur le Fletcher (Théo, Julie, Antoine et Jonathan) et ça se finit en galette party sur notre rafiot. On sort la bilig et la farine de blé noir! (spéciale dédicace à Franzy la crêpe qui nous a offert 10 kilos de farine de blé noir bio pour importer la culture bretonne dans les îles! J'ai pas pris de photo Franck, mais quand on fera péter les galettes au Cap Vert, t'auras ta vraie dédicace!)

Et on est à peine à l'apéro qu'on voit débouler un autre rafiot et ses 2 flèches nantaises: Tristan et Nico. Et hop, voilà un mouillage avec une armada de 4 bateaux arborant parfois fièrement un drapeau breton! Et la sempiternelle guerre chauvine entre nantais et bretons s'est vite réglée à coups de bière! (et moi ça me fait franchement marrer cette querelle de clochers! toujours les mêmes arguments, toujours la même conclusion: on s'en fout, on s'aime bien quand même, et passe moi ton verre que j'le remplisse.)

Il y a 2 jours on s'est fait une virée en mobylette (pardon, de scoot) avec Jacky et Dav. A travers les paysages volcaniques rouges de lave, gris de sècheresse et d'arbres morts, aux jaunes et ocres des chemins poussiéreux, aux verts de cactus épars, et bleus profonds des eaux léchant les falaises sur la west coast. Ici, on passe à 2000m de fond en très peu de temps. Cela donne, au large, cette couleur fantastique à l'eau, un bleu...profond, un peu fluo, mais transparent.... comment dire...un bleu canard wc me souffle Dav; oui, c'est ça!, la poésie en moins.

Bref. La mobylette, c'est chouette. On s'est bien marrés. Et c'était vraiment magnifique. C'est si aride...

 

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So glam !

 

On a fini sur un piste de karting improbable et déserte, et, comme j'étais sur la mob de Jacky à ce moment là (je vous ai pas dit que c'est un ancien pilote de course) j'ai eu droit à mon quart d'heure sensation forte. Pas effrayée pour un sou, je me marrais! Et Dav, loin derrière, sa choucroute sur la tête, hé papy!

 

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De vrais ados!

 

Hier on s'est tous fait une rando sur une colline renommée Machu Picchu, puis avec Jo et Antoine on a poussé sur le mont culminant d'en face, d'où on a pu contempler l'île et la mer sur 360°, c'était génial, et j'étais aux anges de recrapahuter comme ça!! On est redescendus en hors piste sur des flancs parsemés de figuiers de barbarie (des cactus aux fruits tropicaux que tout le monde boudait, ils étaient sceptiques quand ils me voyaient en bouffer! faut dire, c'est pas non plus terrible terrible), de griffes de sorcières fluos, et de chardons grillés. C'était vraiment beau. Et je me suis retrouvée par 2 fois le cul par terre, les fesses dardées d'épines de cactus.

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Antoine, moi et Jo, en haut du Pico Facho! On est bidonnés car le retardateur a déclenché 10 photos à la suite.

Voilà, et le reste du temps on se baigne et tout. Sous notre bateau il y a des poissons carnivores et je dirais même plus (h!)omnivores qui te croquent le doigt de pied si tu as le malheur de le laisser traîner dans l'eau. Et croyez-moi, ils ont de sacrées dents. Je me suis faite bouffer deux fois. Dav les a attirés sans faire exprès en pêchant à la ligne. Ils sont voraces, tu leur mettrais n'importe quoi ils le boufferaient. Et pas la peine de pêcher, c'est même pas drôle, ils se jettent sur l'hameçon direct. Dav pêchait tout le temps le même, le plus gros, avec sa cicatrice sur le flanc. Comme il le rejetait à chaque fois dans l'eau, à la fin on avait l'impression que le-dit poisson (une baliste en fait) attendait patiemment qu'on ôte l'hameçon et hop, 1 minute après, perspicace et énervé, il remordait pour piquer le bout de calamar accroché. Incroyable.

On osait plus se baignait à la fin.

Alors on a fait bosser Tos, un peu. On l'a envoyée se baigner au milieu des gugus pour voir s'ils osaient l'attaquer elle aussi. Non, ouf, ils ont l'air intimidés. On a donc pu reprendre nos activités aquatiques. Un peu moins sereinement quand même, pour ma part!

(Ah!? On m'informe à l'instant que Jacky vient de se faire croquer les fesses par les-dits carnivores alors qu'il pataugeait autour de son bateau. Ce ne sont certes pas des requins mais c'est pas rassurant quand même!)

Tos est vraiment marrante, elle se jette du bateau pour nager, et pourrait nager des heures, enfin presque. On lui balance des bouchons de liège ou des bâtons, et c'est parti. On se marre! On va la promener à terre aussi, mais comme les plages sont interdites aux clébards, il n'y a bien que cette solution pour qu'elle s'éclate dans l'eau. L'autre jour par contre, au Portugal, on a moins ri, car elle s'est jetée à l'eau sans notre avis, sans qu'on la voit. Par hasard, je sors pour regarder un peu le paysage, et je vois notre chien faire des ronds dans l'eau depuis on ne sait combien de temps (et impossible pour elle de remonter seule) entre les bateaux à moteur vrombissants, à cause d'un goéland ou d'un poisson qu'elle avait dû lorgner. Elle s'est tellement faite engueulée qu'elle n'a jamais récidivé.

C'est une vraie foire à elle toute seule. En ville, même sans son gilet de sauvetage tape à l’œil, les gens lui font les yeux doux, s'arrêtent pour la câliner et nous taper la discute. On comprend pas, parce que c'est pas non plus un chien de compèt, elle est vieille et a un poil terne lessivé d'eau de mer. Etrange. Quand Dav m'attend devant le supermarché avec elle, il hésite toujours à mettre une tirelire, tellement les gens sont fans. Même les flics lui font des câlins, si. Et quand elle fait son spectacle en se jetant à l'eau, d'une cale ou d'un môle, il y a toujours une ribambelle de gens à se marrer et quand je repars avec elle sur mon annexe, c'est avec habitude que maintenant je mets un terme à la foire en faisant des grand signes d'au revoir aux gens qui me répondent idem, hilares. Etonnant. Enfin, on espère qu'elle aura toujours aussi bon accueil ailleurs, au Cap Vert notamment.

 

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Quand il y a plus de bâton, il reste des courgettes pourries.

Demain on déménage, on file à Madère, la luxuriante, aux pics de 2000m!!!Wahou!! Les randonnées en perspective! Et je crois que tout le monde est mot' pour se faire un petit baptême de parapente ou delta-plane! Mama!!

Cet aprèm, on hésite entre activité cerf-volant ou initiation surf pour Tos et moi. On va bien, quoi.

Voilà, c'était Marie Caillaud, à vous les studios.

Kenavo !!!!

 

 

 

 

 

 

 

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