Canaries, on cuit, on cuit!!

Canaries, on cuit, on cuit! Octobre 2012

Haha, quelle blagueuse je fais. Top level.

Cela fait une semaine que nous avons quitté Madère pour Tenerife. Une nav' absolument géniale, sans péripéties (si!!!!) rien à déclarer à part une escouade de 40 dauphins qui nous ont fait un show extraordinaire (40, oui! on n'exagère pas!)! Nous avons mis 3 jours, en faisant une escale de quelques heures aux îles Selvagens. De petites îles complètement sauvages au milieu de nulle part, sur la route Madère-Tenerife; réserves natura 2000, gardées par un gardien et son chien à qui tu dois montrer patte blanche et autorisation de débarquer et mouiller, mais très sympa et ravi de voir du monde (5 bateaux en 1 mois, tu penses!), et un passionné ornitho avec qui il joue aux cartes tous les soirs, qui, lui, m'a fait la visite de Selvagen Grande en me montrant les nids cachés de Puffin semblable, de Pétrel de Bulwer, d'Océanite de Castro, d'Océanite frégate et de Puffin cendré (que je suis encore incapable de déterminer sur l'eau; m'enfin!) dans les anfractuosités rocheuses, les murs, ou dans le four à pain du gardien. On est restés quelques heures, à se poser-dîner-discuter-visiter-plonger (une réserve marine! ça claque!) puis on est repartis pour nos Canaries, tranquillement, vitesse croisière de 5 nœuds, sous génois et trinquette seuls. Dav est ravi, son rafiot file comme avant, sans son jardin botanique greffé à la coque: on carbure!! On a au moins gagné 1 nœud avec notre carénage!!

Arrivée aux Canaries, lundi 1er Octobre. Qu'il fait chaud!!! Ecrasant! On rejoint la troupe au port de Santa Cruz. Anniversaire, bricoles, nettoyage, pleins, lessives...le sempiternel protocole du port!

Puis direction Abona, mouillage de rêve (sic! j'ai rarement aussi peu dormi et rêvé de ma vie) accompagnés d'Antoine et Jo sur le Fletcher. Mais on part dans une vraie pétole... On fait du 1 nœud à l'heure. Il nous en reste 25 à faire avant le coucher du soleil, et on est partis tard dans l'aprèm. A la voile, 25 heures de route. Au moteur, 4 heures. Mais ni l'un ni l'autre ne se résigne à le mettre en route...Qui sera le premier à flancher? Aha??!! Et bien, personne! On est bien là, après tout. Mer d'huile, soleil déclinant. Soudain Jo plonge jusqu'à nous, prendre un café sur notre rafiot et taper la discute (normal, hop hop, dans 800m de fond, tranquillou! AArgh!). 2 minutes après, là!!!! Oula! Des nageoires luisantes sillonnent la surface autour de nous! Des globicéphales! On les entend souffler, ils sont énormes, c'est magnifique! Tos manque de tomber à l'eau tant elle est dingue - on l'attache. Jo ose plonger avec eux, de loin; les globis nagent l'un sur l'autre, comme une danse, "c'est magique!" - on veut bien croire! Dav et moi n'avons pas été téméraires sur ce coup là, mais peut être que la prochaine fois on se lancera! Ils ont l'air si terrifiants comme ça, mais les gars ont une vidéo d'eux sous l'eau, où ils semblent absolument se marrer; la gueule fendue d'un large sourire; une super bouille. Enfin, c'est pas une peluche quand même.

 

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 Ce cliché, c'est tout ce qu'on a de mieux! Ca vaudrait presque pas le coup de rester sur le pont à prendre des photos; la prochaine fois, on plonge et on vous raconte!

 

Puis cette journée se finit en boustifaille sur notre rafiot, tous les 4 (Fletcher amarré par l'arrière à Jeu de mer!!) puis par un somme sous les étoiles, voiles affalées, dérivant tranquillement. Bon, et comment on fait pour les quarts? Genre on veille pendant une heure, vous prenez le relais..? Mais non Marie!! Te casse pas la tête, y a personne! Aux heures paires, Fletcher au loin se réveille et vérifie qu'il n'y a personne et se rendort; aux heures impaires, c'est nous, et on signale par VHF toute anomalie. Ok. La vie est belle.

 

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Pas mal le lit sous les étoiles, hein?!

 

Le lendemain les gars viennent déjeuner et on largue carrément Fletcher sous la pétole, qui se barre gentiment au large et qu'on rattrapera au spi après. On plonge dans l'eau couleur canard WC, en guettant du coin de l’œil une nageoire de globi. On lit. On dessine. On bricole. On somnole. Sous le soleil dardant. Le paradis. Vers 16h on finit par se décider à mettre le moteur, surtout que Marguil, qui vient de sortir du port de Santa Cruz-d'où on est parti la veille-nous double en 3 minutes.


 

Abona, c'est pas mal, mais peut être que l'appellation "un des plus agréables mouillages des Canaries" est un peu surfaite-à mon goût! C'est beau, le café de la mer fait le meilleure tinto de verano du monde, et ils ont de la bière (presque) blanche faisant que les gars étaient ravis; on peut mouiller sur la plage, et c'est un bonheur pour la plongée dans les récifs poissonneux et les coulées de lave, mais attention ça se mérite! Le coût: des nuits blanches à s'emplafonner l'étagère à chaussettes quand le roulis part à bâbord puis atterrir sur son copain quand le roulis porte à tribord. Chbing, chboum. Je vous dit pas le mal de mer, cramponnés toute la nuit pour ne pas valser avec la vaisselle! On finit par se lasser au bout de 3 jours, et on se barre pour se mettre à l'abri plus au sud. Ah, et on a perdu notre annexe dans l'histoire... mal accrochée, elle s'est barrée vers on ne sait-où, dans la houle. Impossible de la retouver... Notre belle annexe rafistolée... tellement tapissée de rustines qu'on aurait pu jouer au tapis dansant... elle était trop bien! On fait nos adieux, et on file sous des "risées" de 30-40 noeuds de vent vers une baie abritée, pendant que Fletcher remonte au près vers le nord; Marguil étant déjà à l'abri ailleurs. Voilà 2 jours que nous sommes seuls, dans un petit port coincé entre deux terrains de golf et des hôtels abominables. Mais on est bien, à bricoler, et surtout à bien dormir, enfin!! On prépare à fond notre boat pour la grosse traversée (8 à 10 jours de nav ?) qui se prépare dans quelques jours.

Car on ne vous a pas encore dit, mais il y a du changement dans l'air!! Nous n'allons plus au Cap Vert directement, mais.... attention, c'est un scoop.... au.... Sénégal!!! Hi ha!!!! L'Afrique!!! Nous rejoindrons Marguil au Cap Vert dans un mois; il y file directement dans quelques jours, avec -attention! encore un scoop!- deux nouveaux loulous à bord: Julie et Théo du Fletcher, qui, au lieu de rester aux Canaries pour un taf, continuent avec eux jusqu'aux prochaines îles ! Jo remonte demain avec Fletcher, seul, pour la Bretagne (je sais pas si vous imaginez l'exploit, remonter les alizés au près, tout seul, sur son fier petit bateau!) tandis qu'Antoine se tate encore. Rentrer? Continuer avec d'autres? On espère qu'il continuera l'aventure! Naïa, eux, filent dans quelques jours, je ne sais plus où, Cap Vert ou Antilles. Ce fut de belles rencontres tout ça; on espère se revoir!

La décision, pour nous, d'aller en Afrique à partir des Canaries, s'est faite spontanément . On en rêvait avec Dav, surtout de la Casamance et du fleuve Gambie, leurs mangroves, leurs histoires hallucinantes, leurs peuples et leurs îles magiques. L'Afrique, ses paysages cramés, Dakar la grouillante de vie, la musique, tant de fantasmes à crever... ou à vivre... On pensait y aller à partir du Cap Vert, mais des rencontres opportunes nous ont fait changer d'avis (les vents sont bien plus favorables à partir des Canaries que du Cap Vert) et attiser notre flamme surtout, car je crois qu'on avait un peu lâché l'affaire, n'y croyant plus vraiment. Je ne sais pas si on y aurait été après le Cap Vert... Bref, c'est certainement une décision assez surprenante pour beaucoup, mais pas dénuée de préparation ou de réflexion. On s'était renseignés et préparés à fond en France. Vaccin contre la fièvre jaune, médocs anti-palu, politique, risques sanitaires et toutes les joyeuses saloperies qui grouillent dans le sable, les eaux stagnantes et les assiettes!! Hum!! Bref, on est sensés être opérationnels! Encore que pour les médocs préventifs, on hésite encore: on prend celui qui donne des hallus, des idées noires et suicidaires ou celui-là hyper photosensibilisant, qui file des coups de soleil atroces et des troubles digestifs pas possible? Chéri? Hum? Hahaaa!!

Dav a presque fini de coudre nos moustiquaires (je ne suis pas peu fière de lui, c'est top!), on attend donc les stique-mous de pied ferme. On a aussi -ENCORE- réparé notre génois décousu à un autre endroit, j'ai terminé mon ma-gni-fi-que (sinon efficace) drapeau du Sénégal, on planche sur la pompe de cale, les rangements (David à l'instant range TOUT son magasin de bricolage, j'en ai le souffle coupé), le moteur, le protocole de vérification générale, la liste s'allonge mais on en voit le bout, et je prends quand même le temps de vous écrire!

Cette nuit, normalement, on remonte au nord de l'île pour faire l'avitaillement dans un plus gros port et retrouver peut être un monsieur rencontré par Dav qui part au Sénégal; on partira peut être avec lui. On ne sait pas si on pourra aller jusqu'en Casamance, on avisera à Dakar. Le climat social et politique semble assez tendu là-bas -on a même prononcé les mots de guerre civile- cependant, même si les choses semblent s'être dégradées depuis janvier, on ne sait pas si dans les faits c'est si houleux; dans tous les cas, nous n'irons pas au casse pipe, et s'il faut se "contenter" de Dakar, on savoure notre chance. On espère quand même s'échapper de l'urba pour visiter la brousse! Tos saucissonnée dans une valise à roulette pour ne pas attaquer les crocodiles.

Voilà, les nouvelles de Tenerife. Nous n'avons pas beaucoup "profité" des sorties à terre. Pas vraiment exploré les Canaries... Non Nico, je ne suis pas partie à la conquête des 3717m du pico de Teide. Mais je n'ai que 27 ans et encore pas mal de belles montagnes à gravir et peut être même que je reviendrai!

On vous embrasse fort, à bientôt from the Sénégal!!!! Africa!!!! Wahou!!!!!

 

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That's the good life, baby !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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