Dans les starting blocks de l'Afrique

Starting-blocks pour l'Afrique Lundi 15 octobre 2012



Ok!! Let's go poupée! On est opérationnels!
Une semaine de prépa intensive - mais à la cool quand même, sans stress de date! Moi, à l'école, on m'a toujours dit :" t'affole pas Marie, Vite et Bien ne sont pas des amis".


On est contents. Plein de petites bricoles qui traînaient, réglées une à une - et on n'avait bien sûr pas l'impression de voir notre liste diminuer, car Dav Gyver trouvait toujours une amélioration à faire pour ceci ou cela; résultat, on est parés à bloc, de ces petites innovations sur notre rafiot qui va nous faciliter et sécuriser la nav ; bref, on est contents.
Demain, on quitte la volcanique Tenerife pour Dakar la poussiéreuse (ohh! la vilaine! ça commence bien les clichés! Haha!). La météo est constante, les alizés établis. Bon timing pour se lancer. Pour une longue nav de 950 milles, soit 6 à 10 jours de traversée, grossièrement, selon les vents. Nous n'avons jamais dépassé les 4 jours non-stop pour le moment; mais foncièrement je ne sais pas si ça change grand chose -entre notre traversée Portugal-Madère et celle qui se présente. Au large, c'est toujours la même solitude, qui durera plus longtemps certes, mais la préparation reste globalement la même... je pense. (Dav n'est pas d'accord "-Pourquoi? - Bah, c'est long -Ah.") Quoiqu'il soit plus difficile d'établir une météo sur plus de 5 jours... Bon. Mais vu les tartes qu'on s'est pris pour des navs côtières à cause d'une météo actualisée erronée, on préfère se renseigner sur  les tendances et les évolutions générales plus que sur les prévisions ponctuelles.


L'autre jour, on vous écrivait qu'on remontait au nord de l'île de Tenerife pour rejoindre un port d'où nous pourrions faire nos formalités de sortie de territoire. On est partis la nuit, quand les vents se sont apaisés. Aux Canaries, sur certaines côtes, on observe -et subit!- des courants d'accélération constants, de 10 à 15 nœuds de vent, toujours de nord-est. Genre, et bien! la météo t'annonce 10 nœuds, tu t'attends donc à du 20-25 dans ces coins-là. Tu réduis donc ta voilure avant de rentrer dans ces zones et tout va bien. Il paraît que c'est même grisant car il y a peu de houle. La nuit, pour remonter au près, c'est plus facile, les vents sont moindres. Alors on file! Ouais ouais!  Adios!! Merci! Hasta luego! On quitte le port au moteur, pas de vent. Mais qui monte inexorablement, vous vous en doutez! On se retrouve à la pointe de la montagne Roja sous 35 nœuds de vent pleines moustaches et -sans mentir!!- 3 mètres de houle, avec des monstres de presque 4 mètres parfois, heuuu.... on était pas fiers. L'étrave (l'avant du bateau) qui tape sur chaque vague... Le boat qui roule dans chaque... je dissimule ma peur dans cette nuit sans lune, le nez dans les étoiles, tiens , mais où est la grande ourse, mais mes jambes tremblantes me trahissent, dansant le boogie woogie sans contrôle. Dur. 10 heures comme ça... Franchement, peu de fois j'ai eu vraiment peur... mais là, la mer est dégueulasse, houle croisée, par une nuit sans lune qui dramatise le décor, et on même pas eu le temps de s'amariner.  Au bout d'une heure, Dav finit par me proposer de rebrousser chemin. Ce sera la première fois! "J'ai pas honte. Ca sert à rien de casser le bateau, nous crever et nous éprouver, on s'en fout, on fera les formalités autrement, t'en penses quoi? -Bah... ça m'ennuie de pas me dépasser, mais c'est foireux t'as raison, de toute manière j'suis morte de trouille, alors oui, merci, sage décision!" Et même vent-arrière, on s'est pris des vagues par la poupe (l'arrière du bateau), jamais ça nous était encore arrivé! 1 heure après on dormait comme des masses au port à la même place et on ne regrettait pas!


Du coup, merveille! On a pu faire la connaissance de nos nouveaux voisins de ponton, Didier, jeune  retraité (haha! il n'a pas du tout le profil d'un retraité, mais dans les faits, c'en est un!) et son pote Olivier qui nous invitent à boire un puis plusieurs coups, puis le lendemain c'est boustifaille sur leur rafiot; on est accueillis comme des pachas (et je vous passe le coup du pain frais livré le matin et la bonite fraîchement pêchée que Didier nous a offerte). Vraiment sympas, passionnés et cool comme tout; je me demande même ce qu'ils nous trouvent, franchement, vu l'attention qu'ils nous portent - on est chouchoutés! Olivier est voilier (brillant patron de la voilerie Tarot aux Sables d'Olonne), passionné et passionnant. Dav était content! Vraiment une chouette rencontre. J'ai piqué une recette de thon séché à Didier (que je vous raconterais quand on aura notre première bonite...ou coriphène!) et Dav a recruté Olivier pour l'aider à régler son gréement - trouver un mec qui sait faire (et expliquer de façon limpide!) et qui donne une flopée de conseils judicieux, on allait pas le laisser filer, même pas de scrupules s'il est en vacances!! Bref, chouette.


Avant-hier, on a loué une caisse pour l'approvisionnement, aller à Santa Cruz faire les formalités aux douanes et voir Philippe sur son bateau qui part au Sénégal dans quelques jours et avec qui on ira peut être en Casamance. C'était pas triste, Dav au volant, qui n'a pas conduit depuis 4 mois-un vrai danger public, mais je ne valais pas mieux en co-pilote; et Tos derrière qui anticipait les virages, très drôle, comme au bon vieux temps, dans mon antiquité de pandi panda pot de yaourt. La fine équipe! Soufflant sous les corvés de la journée, on est allés se réfugier dans les montagnes, dans le parc national du Teide, pour y passer la nuit. On ne voyait rien, on a planté la tente au petit bonheur la chance, pas loin de la route (dès qu'une voiture passait, on croyait à un Airbus qui atterrissait), Dav et Tos se sont caillés les miches toute la nuit et moi j'avais mal au dos (on avait donné nos carrés mat!) et faisais des cauchemars atroces, mais c'était cool et excitant de redormir dans ma bonne vieille tente Gertrude, et de se lever avec le soleil (enfin, un peu plus tard, du coup on a pas eu le temps de visiter plus) sur un paysage volcanique superbe! Rouges, ocres, jaunes sont ces atours, aux touches de verts sapins cramés et rocailles beiges éclaboussées de tâches blanchâtres improbables... Wahou....


teide-2.jpg

Le Teide, de loin....


Ahh! les Canaries, ce n'est donc pas que les hôtels hideux, les marchands de souvenirs impensables de laideur et les déambulateurs que tu manques de te taper à tous les coins de rue (je suis méchante, mais ici à Golf del Sur c'est vrai). Bref, le Teide, grandiose! Et encore, on a dû se tailler et plier la tente au pas de course - devant rendre la voiture, nous n'avons perçu qu'un dixième de sa splendeur...


parc-national-teide.jpg

On a dormi là!!


Mais on reviendra! On n'a pas vraiment pris le temps ni la peine d'apprécier les îles, étant tout de suite dans la préparation de la nav' pour le Sénégal, tant il y avait à faire. Graciosa, son mouillage de fou et son étroit passage aux baleines... Lanzarote et Fuerteventura, les plus sauvages.. Et surtout Gomera la belle... on passe à côté de tout cela, mais franchement, pardon, mais honnêtement on s'en tape le coquillard, on verra peut être une prochaine fois. Et on fera plus de mouillage, car on aura pas perdu notre annexe!


Voilà, de toute manière aujourd'hui on a vu une tortue de mer grosse comme un plat à paella pour 20 personnes qui nageait tranquillou devant nous au port, alors ça a fait notre bonheur du jour. (Ah! et on a vu un poisson volant aussi l'autre jour, qui faisait un sprint de 50 mètres au dessus de l'eau, zoupla, pour échapper aux dorades, c'était très drôle - mais je vous ai peut être déjà dit; je radote.)


Bon, on vous laisse, besoin d'un gros somme pour être au top demain. On est sereins, moi encore plus que Dav! Ca va être bien. Je le sens!


Dav m'annonce à l'instant qu'on a déjà parcouru plus de 2000 milles (soit 20 000 encablures, tient à noter David -il a appris cette notion il y a peu, et il est en train de réfléchir pour vous faire une petite leçon sur le sujet, je vais tenter de noyer le poisson, parce que j'ai envie d'aller me coucher et non pas de me tarabiscoter l'esprit avec ces notions ésotériques) depuis notre départ (soit 2000 milles * 1,852 = plus de 3704 kms au compteur!)! Pas mal. Mais là, on va se taper en une seule nav presque la moitié de notre parcours depuis Morlaix! Cool! On vous montrera une photo de la gueule du bateau avant-après (et nous avec).
Kenavo, de la Pacha Mama Africa.
Ouyé!








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