Billets de leguendavid

Transat Açores-Morlaix. Dernier épisode...

Transat Açores-Morlaix. Dernier épisode...


Mercredi 26 juin 2013, quelque part en Atlantique.

Salut les copains,

C'est en direct du point 48°30.357N 6°26.704W qu'on vous écrit. A quelques heures de passer le rail de Ouessant, et pas bien loin de Morlaix city. Nous y serons demain midi, si tout va bien ; si les marmules de l'organisation de l'événement « Terre et Mer* » daignent nous laisser passer la rivière de Morlaix, et si on ne se prend pas un filet de pêche dans l'hélice du moteur (qui tourne) comme on vient d'en manquer un.

(*Terre et Mer = un rassemblement de vieux gréements en baie de Morlaix, durant la première semaine de juillet. C'est la foire !)

Ah ! Si près du but, un peu d'adrénaline ! De grâce!
Un petit filet dans l'hélice, hop, et j'aurai pu vous raconter comment on aurait failli couler, comment on aurait dû écoper durant des heures, comment finalement on aurait quand même coulé et comment j'aurai pu mettre enfin en pratique ma théorie Survivor, en canot de sauvetage.
Avec un chien neurasthénique.
Vous raconter comment on aurait pêché avec des moules en boîte et récolté du plancton avec mes vieux collants nylon rouge framboise ; comment et à quelle dose on aurait bu de l'eau de mer et comment on aurait récupéré au presse-purée l'eau de la chair des poissons pour survivre. Et nous en tirer pour raconter si ça marche.
Ah, zut ! Un peu de suspense, que diable, du croustillant !! On s'ennuie , là !
Je vous connais, vous en rêvez ! De la sueur, des tempêtes, une attaque d'orque en rût, des caprices moteur, tout ce qui fait le piquant du voyage (après coup).
Oui, mais là, vous n'en aurez pas pour votre argent, mes pauvres ! Présentement, la mer ressemble à ça :



mer-d-huile-1.jpg

Lac atlantique


Une mer d'huile. Grise, épaisse, paresseuse, sur laquelle on glisse avec langueur, au moteur. J'ai l'impression de naviguer sur un immense pot de peinture gris souris, touillé légèrement par une immense cuillère, quelque part – juste de quoi faire apparaître quelques lumineuses ondulations en surface. C'est beau et un peu triste.

Et c'est déjà la fin du voyage, j'ai bien peur de n'avoir plus d'anecdotes crousti-fondantes à raconter ! C'est la fin....

Mais non ; c'est la fin d'une aventure, et les prémices d'une autre. Ça va être bien. On est heureux de retrouver le plancher des vaches, les amis, la famille, notre port pépère, nos galettes fromage et nos boissons des dieux. De faire vivre nos nouveaux rêves et projets. Contents (et fiers, et soulagés aussi!) de ramener Jeu de mer intact, sain et sauf lui aussi.
Plus que quelques 100 milles... plus qu'une vingtaine d'heures.

Ahh ! Dav vient de voir un sous-marin! Le flip ! Mais non, fausse alerte, c'est un cargo.



cargo-atlantique.jpg



Là, nous sommes scotchés dans une bulle (note du traducteur : bulle = zone sans vent) sans nom. Nous sommes au 10ème jour de navigation depuis les Açores, et nous n'avions pas prévu assez de gasoil.

Les ânes !

La loose...
Se retrouver à 100 milles de la maison, et rester tankés dans une pétole pendant des jours (note du traducteur : pétole = bulle)...
Et ne pas pouvoir passer le rail de Ouessant sereinement! Car il vaut mieux prévoir un appui moteur pour pouvoir fuir les cargos mastodontes qui filent à la vitesse du son et te décoiffent au passage.
Le rail de Ouessant, pour ceux qui ne connaissent pas, est une zone de trafic maritime au large de l'île d'Ouessant. C'est un dispositif de voies de navigation très contrôlé, qui soumet les cargos transitant par la Manche à des routes définies pour éviter les abordages. Un petit voilier qui a la bonne idée de passer par là doit serrer les fesses ! Ça ne plaisante pas !

Du coup, on était un peu emmerdés.
Car depuis hier, le vent s'est fait la malle, a des sautes d'humeur et on envisage divers scénarios pour nous en tirer : toper un cargo pour qu'il nous file du gasoil ou mettre un cierge en implorant Eole. Mais on n'a plus de bougies et pas un cargo en vue. Ou alors des énormes, de véritables usines à gaz. L'idée nous donne des frissons !
Nos copains de Just sail it en avaient fait l'expérience durant la transat Bermudes-Açores : ils avaient fait un appel au CROSS, qui avait dérouté pour eux un cargo, afin qu'il les dépanne en gasoil.
C'était la nuit, et durant quelques heures, dans un état second, ils se sont fait passer en tyrolienne 250 litres de gasoil, gratis, et des conserves, du coca et de l'eau en prime. L'équipage, grec, n'en revenait pas, les photographiait tels des japonais devant la Joconde (cliché nul, rhhooo la vilaine). Ils étaient ébahis qu'un si petit bateau (qui n'est pourtant pas si petit!) traverse l'Atlantique, avec trois jeunes loulous à bord. Tous ça gratis, avec le sourire, et une invitation du capitaine à venir passer des vacances en Grèce. Drôle, n'est-ce-pas ?


Nous, on aurait aimé éviter ça ! Ce n'était apparemment pas manœuvre aisée pour nos potes... se mettre à couple d'un cargo (à couple = s'amarrer à un autre bateau) de 200 mètres, cela a de quoi vous donner une petite suée.

Puis, hier aprèm, soudain, on aperçoit un bateau... qui se rapproche... tiens, il n'a pas l'air bien gros... un bateau de pêche. Dav me regarde, large sourire. Je me marre. Allez ? Entendu. Go. Je chope la VHF, réussit à les joindre sur le 16. En espagnol. Ce sont des pêcheurs galiciens. Pas le temps de faire de la littérature, avec mon pauvre vocabulaire, j'y vais cash : « T'as pas un peu de gasoil à m'dépanner, genre 20 litres, stp ?  - Un momentito, on va vous trouver ça. » Hip hip !!



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Notre dépanneuse Scaparia I 


Et les voilà qui déboulent, avec six gaillards sur le pont, appareils photo au poing. Je les accueille de grands signes de joie, et y'en a pas un qui bronche. Sourire horizontal. Voire à l'envers. Oups. On les emmerde peut être grave ? Sur notre voilier à la cool, alors qu'ils bossent dur. Bon bon bon. On ne se démonte pas !
Ils nous filent un bout (révision des premières leçons : bout = [bouteuh] corde sur un bateau), sur lequel ils accrochent un bidon de 30 litres de gasoil, traînant dans l'eau et qu'on remonte aussi sec. « -Vous en voulez encore ? -Non, merci, esta bien, c'est génial !!! ».


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Hé! Salut.


Et en fait, ils sont sympas ! Ils nous sourient enfin ! Ils nous filment à tour de rôle, Tos doit les faire marrer. A moins que ce soit nos tenues de combat délavées, notre espagnol pauvrichon et nos gueules défraîchies. On leur renvoie leur bout, lesté d'une bonne bouteille de rhum arrangé dans un sac pour les remercier ; un mec la réceptionne, jette un coup d’œil au sac et me lance un grand geste ravi, ça va trinquer ce soir!! Et hop, ils se barrent, aussi sec, ciao !!!

Et voilà comment est, sans ambages, la solidarité en mer. Simple, évidente. Tu me dois rien, tu l'aurais fait pour moi, quelqu'un d'autre le fera pour moi et tu le feras pour un autre. J'adore cet esprit...

Nous voilà donc sereins jusqu'à Morlaix. Même sans vent continu, on peut rentrer au moteur. Ouf !


Ahh ! Dav vient de voir un fou de bassan ! Il est dingue de joie ! « Un fou de bassan, ma chérie, un vrai !!! ». Parce que ceux des Antilles, les bruns, c'étaient des faux ? Et bien ! Si on m'avait dit qu'un oiseau le mettrait tant en fête... Et encore, je ne vous ai pas raconté quand il a vu sa première mouette aux Açores. On ne le tenait plus.



Sinon, cette nav fut plutôt monotone.

Le premier jour fut un soleil pimpant, qui redonna un peu de hâle à nos teints déjà ternes.

Puis un lourd manteau nuageux nous priva de notre session rayons UV gratis. Et tout devint gris. La mer. Le ciel. Notre humeur.
La mer devint forte, et pendant deux jours on subit la houle, chiante, fatigante. 3 mètres, avec des session à 4, avec 20 nœuds établis, et un vent très rafaleux, instable. Rien de bien méchant, mais chiant, fatigant.

Une nuit, j'étais de quart quand je me suis pris une vague déferlante de travers : un flot impressionnant envahit d'un coup tout le cockpit; je ne vis plus ni les filières ni Tos. Tous les bouts furent pulvérisés, comme tout ce qui traînait sur le pont ; le bateau partit au tas dans un bruit fracassant. Ça c'est passé tellement vite que je n'ai eu le temps ni d'avoir peur, ni de me jeter tout de suite sur la barre (c'est R2D2, notre pilote automatique, qui barrait). Dav déboula, paniqué (il faut y aller pour voir David paniqué ; disons qu'il était très pâle) : « Mon chien ?!! ». Quoi ? Ton chien ? Tu veux dire cette espèce de saucisse dégoulinante, douchée, pantelante, qui ressemble plus à un lévrier afghan trempé qu'à un golden retriever, qui me regarde d'un air penaud, en hurlant intérieurement « Mais quand est-ce-qu'on arrive, à la fin ?! ». Oui, il est là. Il a survécu à la vague, t'inquiète (mais pas ton sac de couchage, porté disparu). Ah !

La plaisance, c'est l'pied, quoi.



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C'est la déprime.



Et là dessus, Fab nous appelle, pour nous alerter du sérieux grossissement de deux dépressions, qui vont se confronter : nous risquons d'y être pris en sandwich.
Fab était parti le même jour que nous des Açores, et se dirigeait vers le Nord de l'Espagne, y poser ses poulettes (ses équipières qui tricotent), et rejoindre enfin la Rochelle où tout le monde l'attend. Mais bam, warning de son pote routeur : le voilà qui doit foncer en Corogne se mettre à l'abri du gros temps qui arrive. Fab... Plus un crédit téléphone pour télécharger une météo, mais qui utilise ses dernières secondes pour nous mettre en garde.
On aime bien Fab. Il est génial. C'est un mec très fort, excellent marin, mais d'une grande humilité face à la mer et de son niveau. Il préfère rester au port (aux Açores), ronger son frein, planter tout La Rochelle qui l'attend, son boulot, tout, mais qui mise la sécu et celle de ses tricoteuses avant tout.
Bref, après ces nouvelles, nous n'étions pas très rassurés. Mais finalement, nous étions heureusement plus haut que lui, nous sommes donc passés après les dépressions (que lui a dû endurer)  et au bout de deux jours la mer se calmait pour nous.


                     terre.jpg terre-2-1.jpg terre-3.jpg pff.jpg

                                              Terre?? Ca sent la terre?                                    Snif ?                                                       Snif?                                                        Pff...



Heureusement, pour nous remonter le moral, on a eu droit à des visites de baleines. Les trois premiers jours, elles sont venues quotidiennement nous rendre visite.
On les devinait au loin grâce à leur souffle puissant. Elles évoluaient souvent en groupe. Parfois elles étaient plus proches, et on les voyaient sortir de l'eau. Il y en a une qui a surgit à 20 mètres du bateau ! On l'a très bien vue. On en a frémit de plaisir et de peur. Nous pensons que ce sont des rorquals communs, qui peuvent faire jusqu'à 24 mètres de long. Jérem en a aussi vu un plonger sous l'avant du bateau : il a eu la frousse de sa vie !

Une visite plus discrète, mais qui me ravissait à chaque fois : quelquefois, on apercevait des physalies qui se déplaçaient au gré des courants. Je suis aux anges à chaque fois, je ne sais pas pourquoi, mais elles me font marrer. Quelle étrangeté, ces méduses, avec leur voile bulbeuse, gonflée, transparente bleu ciel, au liseré rose fluo ! Qui se baladent tranquillement sur les flots, poum poum poum. Propulsées par leur voile, qui leur sert aussi de flotteur. Bonjour Madame ! On les appelle aussi « vaisseaux de guerre portugais » ; je ne sais pas si je vous l'ai dit dans un billet précédent, je radote sûrement, je suis intarissable sur ces méduses cosmiques. Leurs tentacules sont redoutables. Jusqu'à dix mètres de long. Il paraît qu'on peut les observer échouées sur la plage en Bretagne, je n'en ai jamais vu. Bref.

Une autre visite, plus impromptue, fut celle des Kiklack ! Vous savez, ces cinq loulous rencontrés aux Bermudes, et avec qui on fît la découverte des Bermudes et des Açores. Ils étaient partis du port de Terceira (Açores) quelques heures avant nous ; on les retrouva au milieu de rien au bout du deuxième jour. Pendant deux jours on put se suivre, et communiquer par VHF. J'ai même fait une bataille navale avec Max, et j'ai perdu.



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Les Kicklak, croisés au large des Açores! Hé, dites! Vivement un petit brin de ménage sur la carène!


Et, bien sûr, nous eûmes droit à nos dauphins. Tous les jours, voire plusieurs fois par jour.
Tos en devenait cardiaque.
Elle faisait bien son 100 mètres en 15 secondes, de l'avant à l'arrière du bateau. Elle en dormait sur les passavants, pour guetter l'éventuel coquin qui viendrait chanter sous son nez. On eut droit à des loopings et des figures rigolotes en guise d'adieux. « Au revoir, en vous remerciant d'avoir choisit l'Atlantique pour vos vacances, revenez nous voir ! ».



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Sinon, niveau pêche, ce fut le fiasco total. Le bide. Zéro. On a même perdu notre leurre fétiche, Tiger fire. On est dégoûtés ! Allez quoi, un petit thon, ou un maquereau, allez, pour faire de rillettes. C'est dramatique ! Où sont donc les poissons ? Dans les entrailles des chalutiers ? Merde, c'est à ce demander vraiment... si tout fout l'camp, comme dirait l'autre. Y'a p'u d'saison, y'a p'u d'poisson. Grr...

Finis les conserves de thon, les filets séchés, les photos au palmarès. Pourtant Jérem s'est acharné.On ne pêcha même pas un misérable ver de terre. Juste un sac plastique. Du coup, on fut en pénurie de protéines ! Zut. Mais comptez sur nous, la croisière gastro fut tout de même au rendez-vous, avec pizzas et flammekueches, mousse au chocolat, crumbles, poulet rôti, patates kreshen, colombo de poulet, soupes, tartines... tout maison, de quoi garder le moral et de la couenne... dans ce froid polaire !

Et oui ! Car on a vite ressorti les bouillottes et les pulls en laine.
La tenue de ski est de rigeur :
-Sous-couche en damard troué : ok.
-Pantalon de ski taché de sang séché de thon indécrottable: ok.
-Chaussettes de ski triple épaisseur: ok.
-Cache-nez modulable en cagoule: ok.
-Veste moumoutée : ok.
T'as pas vu mes moonboots ?
Ressortir ma bouillotte me fit un pincement au cœur.
Un petit gloups, un déclic : ça y est, c'est fini !

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Tos la nuit, sous sa couverture polaire: ça caille!


Voilà, oui, c'est fini, et pourtant, même si nous avons un peu peur d'être déconnectés, on est heureux. De rentrer, de revoir les êtres chers, d'être entiers. Ça va être une fête, à l'arrivée !!!
Et pour la suite, nous avons plein de projets et de rêves sous le coude, de quoi nous propulser dans l'action, et de quoi continuer à avancer. La suite au prochain épisode... dans quelques temps.

Et pour le bateau, beaucoup de travail en perspective. Dav Gyver (et son assistante de choc premier carat) a du boulot. Et ça le ravit, vous pensez bien. On veut refaire TOUT l'intérieur (même le plancher, dame !) et consolider la coque. Gros chantier. Changer les haubans. Isoler. Mettre un réchaud. Pour avoir chaud cet hiver et... pour notre prochain voyage... mais chut ! Je cafterai plus tard !

Mais d'ici là, on va bosser dur, renflouer notre caisse de bord ! Et surtout profiter de notre port d'attache et de cœur : le voyage nous aura aussi, paradoxalement, rattachés à notre Bretagne. C'est une évidence pour Dav, qui y est né, et qui y a ses racines. Cela ne l'était pas pour moi, allergique au sédentarisme. Mais j'ai compris que j'aimais cet endroit, que j'avais envie d'y construire quelque chose.
Je vous laisse, il est temps de rendre l'antenne, je suis préposée à la cuisine ce soir - ah bon ?
Merde, on a plus rien dans les cales. Que du couscous sénégalais, du riz du Cap vert pas terrible, et des lentilles. Fini Byzance ! Hier, David nous a fait des steaks végétariens haricots rouges + haricots blancs + farine + sauce tomate = beurkkkkk. J'ai passé mon tour, et les gars auraient du en faire autant, ils ont eu mal au bide toute la nuit. Haha !


Kenavo !


Ps : ceci ne sera pas, je pense, mon dernier billet, car il est dur de baisser le rideau pour de bon. J'aurai sûrement la forme, un soir, pour conclure définitivement ce blog par un post inspiré et imbibé de cidre brut.

Ceci-dit, il y a beaucoup de pages que je souhaite mettre à jour, et je veux le rendre plus interactif, aidé d'un copain geek (hein, Chap, message reçu ?), moi je suis nulle ; je continuerai donc de l'entretenir. Lors de la préparation de notre voyage, on surfait sur les blogs de voyageurs partis pour la même aventure ; nous voyagions déjà par procuration et nous y trouvions souvent des bons plans ou des idées. J'aimerai que celui-ci le soit un peu aussi. Peut être. A suivre, donc. Dans l'attende de notre prochain sea trip !

Kenavo !



Mercredi 17 Juillet 2013. Ponton D, port de Morlaix.


Ca y est. Je viens de boucler la mise en ligne du dernier post du voyage, le récit de la transat retour Açores-Morlaix.
Cela fait 20 jours que nous sommes arrivés à Morlaix, et nous atterrissons seulement. 20 jours: ce ne fut que retrouvailles, bruit, fêtes, barbeucs, boulot, projets, bouillonnements intellectuels, lessives. Retrouvailles avec nos amis et la baguette tradition croustillante. La salade de Dédé du marché, les galettes de Franzy-la-crêpe, le fromage de chèvre, les escalopes fondantes, le cidre et la blanche pression. Les amis, les idées, les projets, les cerveaux en fusion, pour de nouvelles aventures (terrestres).

Nous sommes arrivés durant le festival Terre et Mer, à Morlaix. Nous avons eu la chance de pouvoir passer la rivière et d'avoir une place dans le port, réquisitionné pour cette fête de vieux gréements. Nous sommes arrivés d'abord à Roscoff après 10 jours de mer. De là, des amis nous ont rejoints sur le bateau et c'est en fête et en musique, armés de chapeaux pointus et cotillons, qu'on a navigué les dix derniers kilomètres qui nous séparaient de Morlaix. Louvoyant entre les cailloux et les effluves de rhum. Avant les écluses, nous attendait un comité d'accueil composé de bouteilles de cidre, de la famille de Dav, de nos copains, de saucisson, d'un bagad (de deux personnes, certes, mais dont le biniou était assez puissant pour réveiller le port de Morlaix, si bien que les équipages des vieux gréements invités, jaloux, se demandaient qui nous étions, pour être si bien accueillis, et nous on crânait: " On a traversé la baie de Morlaix, lalalalère !!!" ). On dansa, on pleura, on rit, on but, et on oublia de passer les écluses en même temps que tout le monde, c'est pas grave, on nous fit une écluse pour nous tous seuls. La moitié des copains se retrouvèrent sur le bateau, en chantant, pour rentrer au port, et tout le monde débarqua au Tempo, le bar QG du port, pour fêter ça. Une bien belle arrivée.

Depuis, j'ai repris le boulot au TyCoz, trois jours après l'arrivée, génial, et le cerveau de Dav a aussi repris du service, pour de nouveaux projets prometteurs. On ne s'ennuie pas.

Voilà les dernières nouvelles. Je vais enfin pouvoir faire du skate longboard sur le parking du port de Morlaix (ma lubie du moment) sans avoir peur de croiser quelqu'un qui me chope par le col-back "Hé ho, tu vas te faire engueuler, viens ici, t'as pas mis le site à jour!" Hein, belle maman, héhé.

On va bien. Je n'ai pas le cœur de clôturer le site aujourd'hui. Ce sera pour une autre fois.

Merci à tous pour votre lecture (fastidieuse, souvent, je sais, mais personne ne vous oblige à lire!), à vos messages, vos mails. Je vous engueule quand même un peu, parce qu'on aurait aimé un peu plus de retour dans le livre d'or, parfois. Ce n'est pas fini, vous pouvez vous rattraper. Moi, je viens bien de décliner une invitation à la plage pour finir enfin ce site. Vous pouvez faire un effort. Bande de moules!

Kenavo!


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La boucle est bouclée

Français, Françaises, je vous ai compris.

C'est avec joie et gratitude que je constate que vous attendez tous, de Poussy-les-Moulinettes à Sarbo-les-vaches-à-lait, des nouvelles croustillantes de Jeudemer.
Jeudemer est bien arrivé à Morlaix (comme l'a cafté le livre d'or) le jeudi 27 Juin 2013 au soir. En fanfare, en entier, et de forte bonne humeur!! Sous un accueil en cotillons, chaleureux, émouvant, bruyant, dansant et triomphal!!! Nous étions heureux!

Nous sommes ce soir jeudi 4 juillet 2013, et je viens seulement de prendre le temps pour me poser et écrire un mot. Pardon pour cette attente que j'ai su interminable et pour le retard du dernier billet attendu tel un épisode de fin de saison de Dallas. Ne grincez plus des dents, ça arrive. Comment ça, je prends le melon?

Les six derniers jours ne furent qu'un tourbillon étourdissant de retrouvailles, de fêtes, de tournées des grands ducs. Nous avons peine à reprendre haleine; mais, aujourd'hui, nous arrivons à réaliser un peu notre nouvelle (ancienne) vie. Une vie qui reprend son rythme urbain, morlaisien. Nous nous posons peu à peu. J'ai repris le boulot il y a deux jours, hop, histoire de garder la forme, zou, et nous n'arrêtons pas. Mais nous allons bien.

Le récit du retour Açores-Bretagne est écrit depuis belle lurette; la veille de notre arrivée en Bretagne. Il ne manque qu'à le mettre en forme et y ajouter quelques photos. Et faire un petit bilan... le bilan!! Mon dieu! Mais c'est peut être encore trop tôt, trop chaud...
Je m'y attèle ce week end, I promise!!!

Voilà... que dire... nous sommes fatigués, mais heureux. Que le fan club de Tos se rassure, elle va bien, et a la banane. Elle a retrouvé son port, son parking et ses sandwiches des badauds du midi. Tout va bien.

A très vite! Merci pour vos messages, mails et visites!! Kenavo!!!



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Arrivée aux écluses de Morlaix. Ça swingue!!




Terceira, the last one. On arrive!!

Terceira, the last one. On arrive!!

Terceira, Prai da Vitoria. 16 juin 2013.

Nous sommes sur le départ, pour de bon ! Nous larguons les amarres dans une petite heure pour la Bretagne.
Le 17 juin 2013, soit un an jour pour jour après notre départ de Morlaix !

Nous sommes actuellement sur l'île de Terceira (une île au nord-est de Faial) depuis deux jours. Nous avons fait une navigation d'une nuit afin d'arriver au petit jour au port de Prai da Vitoria. Nous étions partis de Horta en même temps que Luc, sur Okolé ; nous suivaient les Kiklack, la famille de Tobago et les Just sail it.


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Notre empreinte à Horta, finie juste avant de partir. C'était moi à la peinture; ça bave de partout, j'en ai même renvesré sur moi et sur un autre dessin...Pardon!
On préfère le dessin de Florès, mais on trouvera le bon, un jour!


Nous sommes passés entre les îles de Pico et Sao Jorge, magnifiques de nuit avec leurs villes s'étirant en serpents lumineux sur la côte.


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Le mont Pico, vu du canal entre les îles


C'était si peinard au coucher de soleil que Dav et Luc ont pu jouer aux échecs par VHF !
« Jeudemer pour Okolé. E5 en E7, Eco 5 en Eco 7, à toi.
-Okolé pour Jeudemer. E5 en E7, bien reçu. D8 en D4. A toi.
-Jeudemer pour Okolé. B8 en B4, Bien reçu. H4 en B4. Je te bouffe ta dame. A toi.
-Mais non, D8 en D4, D  pas B ! Delta 8 en Delta 4. A toi.
-Ah. Zut. Ok, bien reçu. Attends, je réfléchis. »
Marrant !


La fin de la nav', au petit jour, fut un peu plus vivifiante. Il a fallu rentrer dans la passe du port, par des claques de 25/30 nœuds : on n'était pas fiers ! Heureusement, on avait appelé la capitainerie par VHF. Et c'est Isa, du Farol, qui m'y répond : « Oui, on est là, je courre chercher les garçons, on vous accueille, on est dans la place ! » Génial, le comité d'accueil toujours présent, qui nous négocie en vitesse une place. Ça fait plaisir ! La passe pour rentrer dans le port de Praia est toute petite : à éviter de nuit. Des bouées jaunes, invisibles de nuit, délimitent un banc de sable. Par vent fort, ce pas n'est pas très rassurant, mais ça le fait ! Il y a un mouillage réputé de bonne tenue devant le môle. Mais la marina est très peu chère (dans l'ordre des 4 euros/nuit, à confirmer.) et très protégée. Pourquoi s'en priver ?! Avec une baignoire dans le bloc sanitaire !!!

Nous avons retrouvé Farol, Black Beatle avec Fab, Hélène et Flo, les Kiklack et Justsailit. Tobago est reparti dans la foulée pour la France, comme Luc sur Okolé. Nous avons préféré attendre aujourd'hui, qui présente enfin une belle fenêtre météo pour nous.

En fin d'aprèm, Jérem et moi sommes allés nous promener un peu dans Angra do Heroismo, une ville classée Patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco. C'est une ville pimpante, riche, chique et colorée ; cela sentait la Galice, la Corogne et le Portugal bien sûr (les Açores sont portugaises) !
Et le soir, c'était l'anniversaire de Gus, du Kiklack, ainsi que notre dernière soirée officielle (tout le monde pensant partir le lendemain, sauf nous). On s'est tous retrouvés au bar de la marina, avec nos salades et nos gâteaux sous les bras, dépités par la bruine qui venait de s'abattre sur nous ! Les serveurs nous ont proposé de nous accueillir sur leur terrasse, c'était super sympa ! On a fait un tournoi de palets sur la terrasse et joué avec les serveurs, qui ont même gagné une manche ! C'était drôle !


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La clique! les palets bretons an premier plan. Dix balles si vous trouvez une serveuse et un serveur cachés sous le tas!


Ça c'est terminé en ville, dans un bar avec un concert de rock, où nous avons dansé jusqu'au petit jour. C'était vraiment génial. Une bien belle fête d'adieux.

Le lendemain... finalement, personne n'est parti ! C'était un dimanche bien mérité! Black Beatle et Kiklack viennent à l'instant de larguer leurs amarres. Nous les avons quitté avec un petit pincement au coeur... Nous sommes les suivants! Farol et Just sail it restent encore profiter des Açores. On leur a filé notre planche à palets pour qu'ils s'entraînent ! Les gars, exploiter votre potentiel, ça va trembler aux retrouvailles!!

Rendez-vous dans 10 jours à Morlaix, si tout va bien. On espère y arriver sans escale !

Kenavo, à très vite !

Ps : Pour le comité d'accueil : appel aux dons : prenons tout caleçon ou pantalon sans trous ni tâches dont vous souhaitez vous débarrassez. D'avance, merci. Signé : Marie. Ne caftez pas.



Horta. En pénurie de titre accrocheur.

Horta. En pénurie de titre accrocheur. 14 juin 2013

C'est toujours en direct de Horta, île de Faial, archipel des Açores, que la dream team de Jeudemer - ou plutôt sa secrétaire - vous écrit.

Nous partons dans quelques heures - non pas pour la Bretagne, mais pour Terceira, autre île de l'archipel des Açores.

Les grosses dépressions s'enchaînent, balayant notre route de retour. Aux Açores, tous les bateaux en partance pour la France rongent leur frein. C'est dép sur dép, et non des moindres.
Pas la peine de s'exciter, si proches du but... Nous avons réussi à éviter du gros sale temps jusque là... On patiente donc, mais c'est parfois dur d'accepter d'attendre.
Attendre... Ce n'est pas non plus pour nous déplaire. On aime beaucoup ici.


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Régate au port d'Horta!


Mais nous sommes désormais, depuis quatre jours, tournés vers le retour : on check constamment la météo, on prépare le boat, on fait les réserves.
Notre esprit se prépare à cette longue nav, qui est loin d'être facile. Le prolongement de la transat retour. Encore 1200 milles non-stop nous séparent de Brest...

La météo est vraiment dégueulasse en ce moment ; à tel point que nos copains du Cupidon (un bateau rencontré au large des Açores par VHF, avec deux copains à bord, très chouettes, et qui partagèrent avec nous la découverte de Florès), partis il y a 3 jours, ont été déroutés illico par Fab, afin de se mettre à l'abri à Terceira.
Fab, d'ailleurs, qui nous avait quitté à Horta, pour aller à Terceira afin de partir deux jours après, y est toujours bloqué. Nos voisins, la famille du bateau Tobago, reportent jour après jour leur départ. D'autres bateaux ont carrément fait demi-tour... Comme le dit l'adage: un bon marin sait rester au port...

Mais la météo semble enfin nous donner une fenêtre, dimanche ou lundi. A confirmer. Tout change presque d'heure en heure. Le QG météo se tient quotidiennement au bar.
Du coup, nous avons décidé de partir ce soir pour Terceira, une île plus au nord-est, pour y attendre la bonne fenêtre ; et y rejoindre Farol, pour une dernière soirée galette.
Il y a un lac souterrain, creusé dans les roches volcaniques, et la ville d'Angra do heroismo à l'air intéressante. On gagnerait aussi quelques milles, rognés sur les 1200 milles. Ce serait toujours ça de pris !

Nous avons bien profité d'Horta, et Faial, en tout cas ! On adore !


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Le volcan de Faial, vu d'un trèfle ou d'un plantain.


Et hier, il faisait beau ! Ouf. Car pendant deux jours, c'était crachin breton bien d'chez nous. Pendant deux jours une épaisse purée de poix recouvrait complètement le magnifique et mystérieux mont Pico (2351m d'altitude), qui domine l'île voisine.

Notre trip rando warrior en était d'ailleurs tombé à l'eau, à cause de ce temps pourri (pardon : breton) .



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Mont Pico au crépuscule, par beau temps!


J'ai failli étrangler Dav, quand je l'ai vu soupirer en marmonnant « Pff merde, temps de merde ». QUOI ?? Répète un peu pour voir, si t'es un homme, répète un peu !! Toi, qui soupirais avec Jérem sous la chaleur antillaise; qui louais le vivifiant crachin breton, la bienfaisance de la pluie sur le moral, les voluptueux nuages gris ; qui implorais dieux grecs et marabouts pour avoir un peu d'averse fine ; oh !, de vous deux, qui ne rêviez que de bruine, de vert, de veste de quart, de pulls, je ne veux pas entendre une traître plainte !! Bande de chauvins mal embouchés !

Bref ! C'était Welcome en Bretagne !! Il y a du beurre salé fermier à se taper le cul par terre, il pleut, il bruine, et la mer est froide. Mais l'ambiance est super ; on adore ! Et c'est beau !

Hier, tout étant prêt sur le bateau, nous sommes allés nous balader en voiture autour de l'île, avec Luc et son père (Luc est arrivé il y a 4 jours de Martinique!).
Nous avons admiré le cratère du volcan de Faial (magnifique ; avec, à l'intérieur, un autre mini dôme et son cratère, comme une poupée russe !) et ses landes pimpantes.



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Cratère de Faial, avec le mini-dôme à l'intérieur!


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Les pentes herbeuses du volcan



Nous avons grimpé jusqu'au sommet, pour y être salués de rafales et de brume. Et de bouses de vaches, très étudiées avec les enfants du bateau Tobago, admiratifs de la précision du ruminant pour nous faire deviner soit une tarte aux pommes, soit une mappemonde.


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Le chemin des crêtes. Jérem et Dav, avec les enfants de Tobago. On s'envolait!


Puis nous avons visité la côte sud, et sommes tombés sur un spot rocheux, où des toboggans invitaient à se jeter dans la mer. Les vagues étaient cependant assez violentes, et il ne nous est pas vraiment venu à l'esprit de faire trempette !


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Tobaggan de la côte sud


Nous avons vu des plages de sable noir au pied de falaises abruptes, contrastant avec l'intensité du bleu de la mer.


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-Bah? Pourquoi tu prends un tracteur en photo? -Bah, c'est joli, le contraste des couleurs, la géométrie, l'incongru, non? Bon. 


Et nous avons fait du cross sur une piste de terre volcanique rouge, parmi les cèdres et les multitudes d'hortensias sauvages.
Nous avons enfin crapahuté à la pointe de Capelinhos. Il y a un phare désuet, victime de violents et longs tremblements de terre survenus en 1957-58 : un volcan y est né en quelques mois ; poussant devant le phare. Le volcan a rendu le phare en ruine presque invisible du large, ce dernier est donc devenu inutile. C'est magnifique.


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Phare de Capelinhos, restauré.


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Le phare et le volcan récent, à gauche; qui rend ce-dernier inutile.


Ce désert noir et désolé semble peu à peu colonisé par quelques plantes.


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Volcan de Capelinhos


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Roches volcaniques de Capelinhos


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Paris 2723 km


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La végétation prend peu à peu du terrain sur les cendres et la poussière


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Jérem, David, Luc. Commentaires de  Luc sur l'histoire de la construction des phares. Je crois.


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Le phare


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La pointe de Capelinhos, vue du ciel (et d'un dépliant!)


Un peu plus loin, des échelles invitent à se plonger dans des piscines naturelles, un peu protégées par des barrières de roches volcaniques. Jérem s'y est baigné. Il allait faire un second plongeon, et moi mon premier, quant tout d'un coup un mec m'arrête et me montre toutes les petites méduses qui pullulent tout autour. Elles sont si dangereuses qu'on s'est rhabillés aussi sec.


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Jérem: Ira? Ira pas? Ira!

C'était une excellente journée. L'île est belle ; beaucoup moins sauvage que Florès, mais on a aimé les mosaïques de prairies, les vaches, les moulins destroys ou flamboyants, les pins, les hortensias le long les routes. Mais on a loupé la forêt primaire !

Pendant ce temps-là, les Kiklack et les trois mousquetaires du Just sail it sont partis à l'ascension du mont Pico, le volcan de l'île d'en face. Grandiose, apparemment !


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Mont Pico!


Je devais le faire avec eux, il y a trois jours. J'étais ravie. La montagne, c'est mon kiff ! Au petit jour, armée jusqu'aux dents, agrippée à mon sac de rando bourré à craquer par le sac de couchage de compèt, le réchaud, la tente ultra light, hop hop hip, go go go les gogos. Dans mon excitation, je m'étais moquée du brouillard imposant et des averses... On s'était tous dégonflés au final, à l'idée de randonner dans le brouillard et de dormir sous les trombes de flotte. On a bien fait quand même... traverser l'Atlantique aller et retour, et finir carbonisés dans une fumerolle, comme de vulgaires cochons grillés, à cause du brouillard, ça aurait fait désordre.
J'étais alors partie me promener un peu dans une réserve sur la côte pour me consoler, et c'était pas mal non plus. Le volcan de l'enfer, un volcan conquis par la mer ! Je ne vous montre pas de photos, c'était un temps à ne pas sortir son appareil photo, même water proof.


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Le port d'Horta et la ville, vus un beau jour! La réserve du volacn de l'enfer, à gauche, qui s'ouvre sur le mer ( de l'autre côté ) .


Pendant les trois premiers jours, à Horta, ce fut très intense. De fêtes. Joyeuses.

Le premier soir, ce fut la découverte du Peter's bar, le fameux bar des marins du monde entier.

Le lendemain, ce fût...au Peter's bar, car JP, du Just sail it, joua du carrom avec une chanteuse de Lisbonne, c'était trop bien. On dansa du rock, du twist ; on dansa ce qu'on pu, et se fut très réussi. Le dance floor était en feu ! C'était aussi l'anniversaire de Victor (du Cupidon) qui reçu trois tournées de gâteaux d'anniversaire, et un slam magnifique par une petite foule en délire. C'était très drôle.


Le lendemain, David nous remis son idée de galette party en pratique, et hop, avec contre-soirée de palets bretons : c'était super chouette. Les Just sail it sortirent eux aussi enfin leur propre bilig (galettière) et prouvèrent ainsi que ce n'était pas un mythe.
On était une trentaine à festoyer gaiement sur la quai, pour fêter Luc et son équipier Germain (tout fraîchement arrivés de la transat) et le départ de Fab, avec Flo et Hélène, sur le Black Beatle. Fab partait pour Terceira, en attendant une fenêtre météo pour rentrer à la Rochelle.
A minuit, il nous quitta avec émotion. Et c'est armés d'harmonicas et de guitares désaccordées qu'on lui largua les amarres, hurlant des de hip hip hourrah plein de joie ! Un départ magnifique, je crois. C'était un peu notre tonton ; toujours la banane et beaucoup d'humour. C'est un peu lui qui nous a tous réunis : les Kiklack, les Just sail it et lui. Notre frenchy caravane ! Avec Farol. C'était de si bons moments... les Bermudes, Florès, Horta... Sa bonne humeur et son énergie nous manque !


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Fab. Cliché pris à Florès


On fila ensuite, dans la foulée, au... Peter's bar, pour le second et dernier concert de … (je ne sais plus comment elle s'appelle!), qu'on entendait jusqu'au quai. Il était temps, c'était la dernière chanson, et personne ne dansait. Hop, en deux minutes chrono, on réussit à motiver les vieux, les jeunes ; et la chanteuse et les zicos ravis donnèrent du feu de dieu «Oh c'est génial, vous êtes venus, on vous attendait! »); ça swingait, ça swingait ! Et on finit en moins de deux à vingt personnes sur le dance floor rikiki, avec cinq chansons en rab. La chanteuse, hilare : « The last one ! -Allez, encore une ! -Bon, ok!! » C'était génial !

Après ces trois jours hauts en couleurs, on trouva nécessaire d'y aller mollo sur la fête, et on fit plus soft. Soirée pyjama, ou barbeuc tranquillou. Mais c'est bien normal d'en profiter, ce sont bien nos derniers instants de vacances... Après , au boulot !!

Voilà, les dernières nouvelles. On est sur le départ. Nous aimerions (et devrions!) être à Morlaix pour début juillet. On fait notre possible, on est prêts, mais la météo ne s'invente pas !

On vous embrasse fort.

Ps : on aime bien de vos nouvelles aussi !

Ps 2 : les recherches pour retrouver les naufragés de Grain de Soleil ne fléchissent pas. Merci de continuer à faire passer l'info à tous ceux qui traversent. Vous pouvez contacter l'équipe de recherches, en leur envoyant des numéros de téléphones satellitaires de personnes traversant en ce moment. Ils pourront ainsi les joindre et les tenir au courant des dernières estimes de zones de dérive. Et les enjoindre à communiquer leur positions régulièrement. Et pour ceux qui n'ont pas d'iridium, vous pouvez vous tenir informés de la zone de détresse, sur la page facebook de Grain de Soleil, avant de partir. Vous pouvez aussi les soutenir, financièrement ou non, sur leur page Facebook (pas besoin d'être inscrit sur Facebook). Beaucoup d'éléments portent à croire qu'ils sont encore en vie. Merci pour eux. Et pour nous. Le monde des marins est d'une extraordinaire solidarité. Et quand un bateau, même inconnu, souffre, on en souffre tous.

Kenavo !



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Let's go?


Florès la grandiose

Florès la grandiose.

Florès, première escale des Açores. Palette de verts explosifs, lacs volcaniques, landes moelleuses, cascades gigantesques... Étourdissant!

Voici que j'ai pris goût à l'écriture en mer (calme!) et c'est entre Florès et Faial que je tape ces lignes. Nous avons quitté Florès ce mercredi 5 juin à midi et nous arriverons à Horta, port mythique de Faial, demain matin.

Le décor :
Il est minuit. Je viens de terminer mon quart, David prend le relais. Nous sommes dehors, dans le cockpit, emmitouflés dans nos couvertures polaires. Nous sommes sous spi (grande voile d'avant très légère, sortie par petit temps) et GV (voile centrale) haute. On cavale à 6 nœuds.
La mer est magnifique... C'est encore une nav royale.
Une chape nébuleuse nous prive d'un ciel étoilé, mais le plancton phosphorescent nous en distrait. Une infinité de particules explose en étincelles lumineuses à notre passage, et on distingue parfois des taches lumineuses plus intenses que les autres : oh oui ! du poisson !
On est au taquet, les yeux rivés sur Tiger Fire, notre leurre fétiche. Les Açores, et a fortiori à notre position, sont réputées être une zone très poissonneuse. Comme nous avons une réputation à entretenir, c'est un sujet sérieux. Notre traîne de pêche forme à elle seule un léger filament luminescent ; c'est beau ! Nous n'attendons plus que les dauphins pour les voir tracer leur sillage phosphorescent dans la mer noire!

C'est pourtant full de dauphins en chasse depuis le début! Tos est sur tous les fronts, galopant de bâbord à tribord de la proue à l'arrière, langue pendante, l’œil fou, la queue fouettant l'air. On se demande presque si elle n'est pas heureuse de reprendre la mer.


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On est en train de boire une infusion de menthe, ramassée près d'un des incroyables lacs de Florès. Il nous reste encore un peu de gâteau chocolat-noix de coco entre les dents, balancé bord à bord par Black Beatle à l'heure de l'apéro , contre un fondant dégoulinant au chocolat produit by myself.

Nous sommes partis du port de Florès les premiers, mais Black Beatle nous a vite dépassé! Les Kiklack et Just sail it nous retrouvent à Horta demain.
Nous avions prévu au départ de suivre Farol, parti aujourd'hui à Graciosa la sauvage, une île réputée magnifique,avec des lacs souterrains... mais on file finalement à Horta, la capitale de Faial.
On y attendra Luc, d'Okolé, qui doit arriver dans trois/quatre jours, directement de Martinique.
Et on s'offrira une dernière petite session avec notre frenchy caravane, difficile à quitter.

Bref. Florès !!!

Notre première île des Açores ! D'une beauté stupéfiante! Oui, je sais, j'aime user de superlatifs, cela devient lassant, mais vraiment, je suis désolée, c'est vrai. Tout est génial. Les Bermudes, la Transat retour, Florès... tout était tellement génial. On profite un max de ces derniers instants, nos derniers sea trips. C'est juste le rêve. On croque ces moments de bonheur à pleines dents!

Florès, donc! Nous y sommes arrivés vendredi 1er juin, et nous y sommes restés 5jours.

A peine arrivés de notre transat, on a été accueillis par Farol, et on a retrouvé la clique des trois autres bateaux des Bermudes. Les retrouvailles se sont déroulées sur la plage, avec sept équipages de bateaux heureux, réunis autour d'un barbeuc de barbak, jeux et feu de joie. Tos a tripé toute la soirée à nager après les canards - au taquet comme au port de Morlaix. On était bien !!!!

Lendemain matin : marché à la ferme ! (Vite dit: c'était minus. Mais la salade valait la balade!)

L'après-midi, tout le monde s'est spontanément attelé à poser sa griffe sur les murs de la digue. C'est une tradition que de laisser un signe de son passage dans les ports des Açores (à l'origine, à Horta), et à Madère, et parfois ailleurs (nous en avons vu au Portugal, mais je ne sais pas si c'est très développé ailleurs, aux Antilles par exemple ? Je n'en ai pas vu non plus au Cap Vert.)
Nous ne l'avions jamais fait auparavant. Mais j'y cogitais depuis Madère, il y a 6 mois! On y tenait ! Un pan de mur a été rempli en deux jours par les logos d'une douzaine de bateaux. C'était une bonne ambiance créative !


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Atelier peinture. Photo Fab


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Jérem (Jeudemer), Max (Kiklack), Thomas (Just sail it). Photo JP


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Une peinture collective! Photo JP


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Thibaut (Just sail it) et Fab (Black Beatle)


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David et Marie


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Dav au pinceau. Photo Fab



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Jeudemer!


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Le final!


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                                      Farol                                                         Kiklack                                          Just sail it et Black Beatle                                    Jeu de mer


Puis apéro chez l'Ukrainien, un des deux bars du village. Scandaleusement peu cher. La bière à 1 euro ! C'est parti !!

Le lendemain, nous sommes tous partis à la découverte des lacs intérieurs de l'île, avec James, un mec rencontré au bar, qui tenait à nous faire ça gratis. « Quand je viendrai en France, vous me rendrez la pareille ! » On s'est fourré à l'arrière de son pick up, hop, go.

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Pick up! Photo JP du Just sail it


Il nous fit découvrir des spots magnifiques. Une grandiose réserve naturelle protège une douzaine de lacs verts de jade ou noirs; des tourbières; des monuments volcaniques. Des cascades gigantesques, que l'on voit même du large! Des hortensias, des cèdres, des pins, des sphaignes, des prairies moelleuses. C'est de toute beauté. On était scotchés !


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Lagoa negra et...? Photo Kiklack's team


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Route à travers les landes tourbeuses. Photo JP de Just sail it


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Poco da alagoinha. On a nagé dans ce lac! Moi, pas longtemps.. trop d'algues!!!


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Poco da alagoinha. Photo des Kiklack


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La team. Photo de JP, de Just sail it


Au delà de ces panoramas grandioses, l'île (ou plutôt la partie de l'île que nous avons visitée) est relativement sauvage. Beaucoup d'élevage extensif, de prairies, de bocage. Des villages charmants (ne pas rater la côte sauvage vers Mosteiro). C'était une journée extraordinaire. On a adoré.

Les jours suivants furent employés à faire un peu d'ordre et de bricoles sur Jeudemer.
Des lessives (« A l'adoucissant les gars ? Vous croyez ? -Ah ? Je me demandais justement pourquoi ça ne moussait pas et pourquoi mettre la moitié de la bouteille ne résolvait pas le problème.» Ah ! Les flèches !)

Du foot.


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Des jeux.


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Palets bretons au port


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Palets bretons


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Molkky et palets


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Molkky, à tout âge!


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Kubb


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Jeanne et Tos, la truffe peinturlurée de bleu, on ne sait comment.


Et des soirées drôles.

Voilà. Le tour de Florès. On s'y sentait bien. On conseille vraiment . Le petit port de Lajès est récent, assez petit. Bien entretenu. Possibilité de gasoil et de location de bagnole (au black ou déclaré : 30 euros ou 45). Marina : 12 euros pour moins de 12 mètres, eau+élec compris. Mouillage un peu rouleur devant, mais correct. Marinero hyper sympa. Avitaillement au petit supermarché du coin, qui vend des œufs, de la porcelaine de chine et des trucs incongrus. Avitaillement plus important à Santa Cruz. Accès internet gratuit à la marina (très mauvais) ou au bar routier (pas cher, mais ça grimpe!). Gens très sympas... Calme. Beau. Sauvage ! Super.

Il est 1h30. Je vais aller me coucher, pour ré-enquiller sur mon quart, à 4H. En espérant qu'à l'aube je pêche un thon !

Kenavo !

 

Horta. Vendredi 7 Juin 2013


Nous y sommes arrivés hier jeudi 6 juin.
Zéro thon pêché au compteur. Les autres bateaux n'ont pas fait mieux, ils ont pêché des mouettes. Ça ne nous console pas pour autant!

Nous sommes au port, bondé!


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Arrivée au port de Horta, île de Faial

Le port d'Horta pratique les mêmes prix que ceux de Lajès, à Florès: 12 euros/jour pour les moins de 12 mètres. Les formalités sont simples et rapides, condensés dans un même bâtiment. On peut se mettre à couple, sur le quai d'accueil, quand le port est bondé; sinon le mouillage est toléré, dans le port, à côté du chenal. Le mouillage est par contre payant, environ 5 euros/jour. A confirmer, mais ce n'est pas plus de 5 euros.


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Le quai d'accueil, avec un russe ravi!


Et nous avons enfin pu apprécier la fameuse galerie d'art à ciel ouvert, constituée des logos de centaines de bateaux du monde entier, réquisitionnant le moindre centimètre carré de bitume.


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Galerie à ciel ouvert


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Pas un centimètre carré n'est épargné!


Sur les quais, les trottoirs, les murs du brise lame, les bancs. Cela produit un patchwork chatoyant! Nous avons prospecté pour y faire le nôtre (oui, finalement, on remet ça!). On a trouvé un spot du tonnerre ! A voir demain, peut être!

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Le môle


Nous avons passé une fabuleuse soirée chez Peter 's bar. On a beaucoup ri! C'est un bar mythique, connu des marins du monde entier, depuis les années 50'. Avant l'ère d'internet et des portables, les plaisanciers du monde entier y débarquaient pour envoyer un télégramme, passer un coup de fil, bref, pour soulager les familles en annonçant, après une transat, qu'ils étaient bien arrivés, sains et saufs. On peut toujours y laisser son courrier, des paquets pour les bateaux de passage... Avec l'avènement des moyens de communication actuels, il a quelque peu perdu de son sens, mais il n'en reste pas moins charmant, et... le vin y est bon!

Ce matin, nous sommes allés au marché, gaiement, permetttant aux neurones restants et diponibles de prendre un peu d'air. Nous avons trouvé la ville charmante. On a même adoré. Il faisait beau et chaud; nous flânions dans des ruelles blanches.


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Ruelle à Horta


Nous avons trouvé une boucherie!!! On était dingues! Un marché petit mais coquet, des épiceries chouettes, où la bouffe n'est vraiment pas chère (ce qui nous change des Antilles françaises et des Bermudes!). Un petit parc adorable, des oiseaux, de la chaleur, des maisons pimpantes de blancheur... On était sous le charme!


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Jetée


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Crépis


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Vers le port


Nous pensons rester à Horta encore 3/4 jours. On y attend Luc, qui doit arriver demain. Après, nous ferons peut être un petit saut à Sao Jorge, une île entre Graciosa et Faial. On espère y retrouver Farol.
Nous ne pouvons pas partir tout de suite pour la Bretagne, la météo est très médiocre. On espère pouvoir partir dans 10 jours. D'ici là, pas de panique, on profite de la vie.

On vous embrasse!

Ps: Jérem vient de mettre une vidéo de la Transat retour, dans la page vidéos...

Ps 2: Pardon aux amis, pour ne pas donner de news par mails... la connection se méritait à Florès. Le site m'avait vidé de toute mon énergie! Une lutte! On y rémédie vite, on pense très fort à vous... On a tellement hâte de vous revoir!!!!

Kenavo!!

 

 

 

Transat II. Bermudes-Açores. Le récit!

Transat II. Bermudes-Açores. Le récit!

Nous sommes partis des Bermudes le Jeudi 16 mai 2013.

Pas seuls! Le Black Beatle, les Just sail it et les Kiklack formèrent avec nous une frenchy caravane ultra motivée (mais nous prendrons vite la tangente... on est plus lents!)! Ce fut un beau départ, joyeux et en fanfare!


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Sortie du chenal St Georges


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Les cinq amis du Kiklack



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Les trois du Just sail it (Sirocco III)


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Frenchy caravane. Les Kicklack, le Black Beatle et les Just sail it. Départ dans la pétole...


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Ciao...


J 10. Dimanche 26 mai 2013. 13H52, H Caraïbes.

Aujourd'hui, messieurs dames, c'est en direct du parallèle nord 39°11.793 et du méridien 43°46.157 que nous vous écrivons.

Température de l'air 20°C; vent ESE, 10 nœuds de moyenne.

Route au cap 88°, au près serré (vent pleine face).

Jeu de mer cavale à une vitesse croisière de 5,2 nœuds (environ 10km/h) de moyenne, toutes voiles dehors.

Mer peu agitée, quelques moutons.

Ciel : bleu ; présence de nombreux cumulus humulis de beau temps.

Pression : 1028,5 hpa ; progression à la hausse.

David : se dort la pilule côté recto, sous une couverture polaire orange. Absorbé dans la contemplation de ses voiles et de ses pieds.

Tos : se dort la pilule côté verso, au milieu du cockpit, sur son coussin bleu pétrole étanche cousu maison -épaisseur 20 cm- qui prend la moitié de l'espace habitable. Absorbée par un rêve de choucroute garnie cavalant dans une grasse et verte prairie.

Jérém : on en devine une touffe de cheveux hirsutes qui dépassent d'un sac de couchage grand froid température extrême jusqu'à -10°C. Absorbé par la lecture d'un nouveau bouquin. A moins qu'il ne dorme déjà, ses lunettes polarisantes nous cachant l'activité de ses globes oculaires.


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Dur.


Nous sommes en plein dans l'anticyclone des Açores. Il fait 20°C. Alors que d'autres sont en slip pour moins que ça, nous nous réfugions sous nos plaids et nos bonnets. Grand Dieu ! Qu'est-ce-que ça va être en Bretagne?!

Aujourd'hui, nous entamons notre onzième jour de transat retour depuis les Bermudes. Nous sommes à 586 milles de Florès, l'île de l'archipel des Açores la plus proche. Nous espérons y accoster vendredi 31 mai, dans 5 jours !!

Dix jours de mer, déjà. Si les transats étaient toujours aussi cool que celle-ci, nous resignerions tous et tout de suite pour une prochaine ! Nous voici pour témoigner en faveur d'une possibilité de transat retour paisible : oui, ça existe ! Ce ne fut (presque) que du bonheur. Incroyable. Nous avons eu beaucoup de chance (jusque là : il nous reste encore 5 jours à tirer !) Aucune condition difficile. Quelques petits coups de stress, mais une unique nuit vraiment pénible. Dix jours peinards, où le vent ne dépassa pas les 20 nœuds établis, où la houle ne fut jamais forte, mis à part une nuit. Bref. Que du bonheur.


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Aube atlantique


Enfin... évidemment, trente secondes après avoir écrit ces lignes, un événement me rappelle que la mer n'est pas un long fleuve tranquille : une grosse vague vient de se vider joyeusement dans la cabine avant, par le hublot béant, ouvert pour évacuer les effluves de poissons et de sueur poisseuse qui règne dans notre royaume intérieur. Armée d'une éponge et d'une bassine, je vocifère contre les flaques que j'aspire et la gîte qui me pulvérise contre les parois, la table, la banquette, la porte des toilettes, oh pu...naise, j'en ai ras le bol, je suis fatiguée ! On est tous crevés, en fait ! Ce qui est supportable le premier jour le devient beaucoup moins au bout du dixième !

Mais nous sommes trois pour cette transat Retour, et, niveau gestion de la fatigue, ça change la vie. Jusque là, pour les longues navs, Dav et moi nous relayions à tour de rôle pour les quarts: toutes les deux heures la nuit. Mais c'était, en pratique, plus aléatoire. On se calait suivant la fatigue de l'autre. Un équilibre vite devenu naturel, mais fatiguant à la longue! C'était génial cependant. Comme la transat Aller, qui fut un de nos plus intenses souvenirs. Une transat à deux, quoi de plus romantique et révélateur pour un couple... On a adoré, malgré les conditions de fin sportives. C'est raide, quand même, 19 jours d'endurance ! Là, cette transat à trois, c'est royal. Non seulement les conditions sont cool ; mais on dort presque deux fois plus, et, en prime, ô félicité, on peut dormir, Dav et moi, tous les deux ensemble ! Ça veut dire deux saucisses malmenées par la gîte qui roulent l'une sur l'autre pendant la nuit, ballottées par la houle, et hop, tiens, prend mon coude dans ton œil, mais reprend ta jambe coincée sous mon oreille s'il-te-plaît.
Et puis, pour les manœuvres, c'est plus simple. Pas besoin de lever l'autre qui se repose. Il y a toujours un troisième larron dispo ! C'est moins stressant. J'avoue que je dors mieux sachant que Dav ne va pas faire des singeries tout seul en pied de mât quand il veut m'épargner du sommeil! Je sais que Jérem est là et toujours super motivé. Et ça, c'est vraiment très appréciable. Bref, trois, c'est cool aussi.

Pour l'ambiance aussi ! A deux, on a tendance à devenir un peu contemplatifs, fatigués ; on parle peu et le temps coule en silence. A trois, il y a un peu plus d'action ! Et hier, on a joué au scrabble. Oui oui, mon petit scrabble de voyage offert par belle-maman. Génial !! Je désespérais de faire jouer Dav, qui ne peut plus voir mes jeux même en peinture ; mais là, à trois, quel piquant, le scrabble, mes amis, quel palpitant. J'adore. Je vais essayer de remettre ça à l'heure du goûter demain. Je cois qu'ils ont mordu !


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Scraboule!!


Mais oui, mais que voulez vous qu'on fasse de plus constructif ? Le scrabble, c'est sain, ça fait travailler l'orthographe, les neurones et la motricité (manipuler les minuscules petites lettres format voyage et les retrouver quand elles tombent).

Sinon, la météo nous accapare considérablement l'esprit : l'interprétation des nuages et de l'état de la mer , et surtout l'interprétation des fichiers météo reçus par iridium ; et ceux reçus par notre routeur à terre (un ami de Fab, du Black Beatle). Cela nous préoccupe beaucoup, et les gars (j'ai délégué ce volet météo!) passent beaucoup de temps à réfléchir à la meilleure route possible et au calcul des moindres petits milles à gratter. Les vents sont constamment changeants, en force et direction, ce qui nous oblige à anticiper une route idéale changeant tous les jours - pas toujours la plus courte géographiquement parlant... mais...
(AAAAAAHHH Juste ciel ! Retenez-moi, je n'en crois pas mes oreilles, devinez ce que vient de me dire David, à l'instant, alors que rien ni personne ne le prédisposait à penser à ça :« Tiens, je me ferai bien un scrabble ce soir. » Ô Joie, Ô volupté, Ô bonheur ineffable !)

La météo donc. Sujet primordial, constant, qui revient pratiquement toutes les heures dans nos conversations. Je vous avoue très franchement, et entre nous, que même si c'est un sujet complexe très intéressant, je commence à en avoir ras la couette de parler (d'entendre parler) météo ; c'est à devenir complètement chèvre ; j'ai hâte de retrouver à terre des pairs homo sapiens sapiens dépourvus de Troubles Obsessionnels Compulsifs météorologiques. Usant.

Le fait de vivre une transat retour si paisible et sans réelle surprise, nous le devons à une sacrée chance, mais aussi à un outil génial : l'iridium (téléphone satellite) . Très sincèrement, on se félicite de l’investissement. Cet objet ne nous était pas venu à l'esprit avant d'envisager ce retour atlantique. Pour les navs de plusieurs jours, nous nous contentions jusque là de fichiers gribbs téléchargés sur internet et reportés sur nos cartes informatiques (les gribbs, se sont des fichiers météo illustrant sur une période et une zone données la force et la direction des vents ; on peut aussi y lire l'intensité de la houle, le temps... Ils sont valables quelques jours.). Nous en déduisions plus ou moins les grandes lignes pour les jours suivants, et nous lisions les nuages en mer, tout en croisant les doigts (et franchement, on n'était pas vraiment des flèches en météo! Mais les gars sont devenus assez bons !). Nous n'avions jamais ressenti l'utilité de cet objet qui nous paraissait franchement gadget, voire bourgeois et clairement réservé aux gens aisés. C'était pour nous hors de prix, donc hors sujet ! Mais l'achat d'un iridium s'est un peu imposé à nous pour le Retour réputé hard , quand on calcula le rapport prix/sécurité. Nous le revendrons en Bretagne, et voilà.
Autant la transat Aller réserve peu de surprise, grâce aux alizés constants ; autant la Retour est capricieuse et réputée difficile. L'iridium nous a permis d'éviter un minimum d'aller au cœur de dépressions , d'éviter à Jeudemer 15 jours de près (nous avions alors décidés de rejoindre les Bermudes) ; d'éviter au maximum les zones peu ventées, bref, de nous façonner une route en louvoyant entre déps et molles (zéro vent). Nous avons eu de la chance de ne pas avoir affaire à de grosses dépressions, car dans ces cas là, même avec un iridium, il est dur d'y échapper. Mais c'est quand même réellement rassurant.
Nous communiquons régulièrement avec les autres bateaux partis avec nous, par messages. Et tous les deux jours, un ami de Fab (routeur et régatier hyper calé) nous envoie des messages pour nous router, c'est-à-dire nous conseiller la meilleure route à suivre. Il nous brosse les conditions générales météo et les vents précis de notre zone. Bref, le rêve. Certains payent des centaines d'euros pour ce luxe -le routage pro- et nous, on a vraiment de la chance !! On est bien entourés!
Bref. J'en arrête là la rubrique météo, vous allez finir par vous lasser vous aussi. Mais voilà, à tout ceux qui doutent encore de l'utilité du tél satellite... nous on témoigne, pour la Retour, on a apprécié. Car ce n'est pas rien ce morceau d'Atlantique, tout de même !


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La vie est belle!


19H06, H Caraïbes

Nous avons été interrompu par une horde de dauphins qui est venue taquiner l'étrave de Jeudemer. On ne se lasse pas de les voir ! On redevient à chaque fois comme des gosses. Tos est complètement dingue de joie de les voir. Elle en pisse d'ailleurs d'allégresse dès qu'elle les voit, hop, « Olala j'suis trop contente ! » psssssssiiiiiiiit ; exactement comme Simon dans la Cité de la Peur, qui rend son jus d'orange quand il est content. La même. Inratable, à chaque fois. On se marre !




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Dauphins. La photo n'est pas terrible, tant pis.


Puis on a enchaîné sur un petit dîner sur le pouce : conserve de thon blanc, faite maison. Un régal !!! Avec une mayonnaise maison....


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Conserve de thon maison


On a en effet pêché, le deuxième jour de la transat, un énorme thon de 20kg (25kg me disent les gars! Bon, d'accord !) ; notre record absolu, toute catégorie. Il était si lourd qu'on ne pouvait le porter seul qu'avec beaucoup de difficultés. Les gars étaient dingues ! C'était un thon blanc (germon) d'1m02 (on tient au 2cm!) !


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"Vite Marie! La photo!  Shoote! C'est loooourd!!!!!"


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"Attend! On y va à deux! Ouch, la vache!!!!"


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Bon. Où va t-on ranger tout ça?


Un poisson magnifique. Avec toute sa chair délicieuse, on fit des conserves, des filets séchés et des congélations. Un peu de filets séchés pour Tos aussi.


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Thon séché au sel épicé. Hum!


La chair est vraiment étonnante : on jurerait que c'est du poulet, dégusté en risotto ou en chapelure ; et, quand on en mange une conserve, accompagné de mayonnaise, on croirait manger du... crabe !

Du coup, croulant sous nos réserves de poisson, on ôta les lignes. Pour les remettre 4 jours après. Mais depuis... plus rien ! Quelques touches, c'est tout! Voilà les gars qui se creusent la cervelle, tentent diverses techniques, fabriquent de nouveaux leurres, se découvrent fins stratèges. Mais toujours rien. Mais ça les occupent aussi. La pêche, sujet de conversation numéro 2.. après la météo !

Après avoir donc fait bombance, tout à l'heure, de 600g de thon délicieux, on finit en beauté sur des poires belle-hélène (on ne se refuse rien) ; et pendant que les gars réclamaient un scrabble, je fis chauffer de l'eau pour compléter une image d’Épinal adorable : nos deux gaillards, chacun sous une couette, autour d'un plateau de scrabble, attendant une petite tisane digestive sous un coucher de soleil.
Mais...tiens... mince... pourquoi le feu s'est-il éteint sous la bouilloire ? Je rallume... Ohoh. De ridicules petites langues de feu chatouillent ma bouilloire...mais... je suis au max pourtant. Oh...zut, j'ai compris.
« Les gars ! Pénurie de gaz ! » Stupeur sur le visage de Dav. « Oh non. Pas mon café du matin! » Consternation générale. Bon. Heureusement qu'on avait amené notre petit réchaud de gaz de rando. Et une recharge ! 450G, on n'ira pas loin, mais ça ira pour le café du matin. Le café du capitaine n'étant absolument pas négociable pour le bon déroulement de notre navigation, ce sera la priorité.
On pourra en outre utiliser cette réserve de secours pour chauffer de l'eau, afin de manger des nouilles chinoises et du couscous qui demandent peu de cuisson.
On calcule succinctement les conserves qu'il nous reste, ne nécessitant en soi pas de cuisson: macédoine, choucroute, raviolis, petit salé et chili con carne. Hum.
Jérem : « Pas de problème, je préfère le ravioli froid ». Très bien. Bravo Jérem. Voilà une épine ôtée du pied. Bon. Et cela va nous permettre d'écouler notre stock de nouilles chinoises, qui attendent désespérément des amateurs depuis le Cap Vert. Idem pour le couscous du Sénégal. Liquidons tout ça ! On a pas mal de barres de céréales, un peu de gâteaux, et des graines de tournesol et de courge et de sésame, super, super.
Franchement, pour le moment, ça nous fait rire (on en reparlera dans 5 jours, quand on louchera de dépit devant du chili froid). Dav est persuadé que l'on peut cuire des patates, ou au moins faire bouillir de l'eau chaude sur le moteur (ça tombe bien, demain une pétole est prévue, donc plusieurs heures de moteur en perspective.) De là à faire des patates sautées, pourquoi pas ! On vous dira ! Tant qu'il y a de la vie, y a de l'espoir !
Jérem, dépité : « Merde,les gars, j'ai déjà faim ». Sinon, il y a aussi les crottes de Tos. Si on les brûlait comme les bouses de yacks pour chauffer nos tisanes ? Non, mais on a ressorti le chalumeau, brandi triomphalement par Jérem : « Ça, ça fait au moins deux cafés ! »
Mais... On a le barbeuc aussi ! Alléluia ! De quoi faire cuire du poisson, réchauffer nos boîtes de conserves, bouillir de l'eau et faire du pain ! Bon. Allez, c'est drôle, après tout ! Un peu de camping ! Cette panne de gaz, c'est le coup de la galette party du départ de St Martin, aux Antilles !! On y avait vidé deux bons litres de butane, pour sûr ! Ha!


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La popote au Camping-gaz, sur un bateau, c'est pas triste !!


En plus de la pénurie de gaz, il faut ajouter la pénurie d'huile d'olive (plus une goutte ! Damnation!) et du P.Q (hors de prix aux Bermudes, où la vie est très chère). Bon, de toute manière, me diriez-vous, moins on mangera, moins on en aura l'utilité.

Sans transition, je vous laisse, on va faire une manœuvre !

Bien à vous, Marie Caillaud, votre reporter nord-atlantique



J12. Mardi 28 Mai 2013. 21H38 H Caraïbes.

Quelque part au milieu de l'Atlantique. Position 39°48.204'N 37°46.808'W. Il fait nuit, c'est l'heure de mon quart. C'est à dire que c'est à mon tour d'être à la veille, surveiller les voiles, le vent, la trajectoire, et surveiller Raymond qui barre (notre régulateur d'allure) ; pendant que les autres se reposent. Nous barrons peu durant les grandes navs ; on délègue le job à Raymond, qui barre comme un chef, grâce à la seule force du vent, qui actionne sa pâle. On l'adore, il est très fort !
Il fait nuit, une nuit sans lune, plombée de lourds nuages gris menaçants mais inoffensifs. Nous sommes en plein anticyclone. La nuit est belle, car le vent est stable, modéré, et nous carburons à la vitesse idéale de 6 nœuds (un peu moins de 12km/h). La mer est si calme que l'on est peu bousculé, nos abdos prennent un peu de répit. Car la voile, croyez-nous, même quand on ne fait rien, le corps travaille ! Constamment sollicités par les mouvements du bateau, nos muscles fonctionnent imperceptiblement pour nous éviter de nous écrouler sur le voisin à chaque vague. Les abdos, les fessiers, les mollets, le dos, la nuque... mieux qu'une salle de sport, et sans efforts s'il-vous-plaît. Rajoutons-y quelques manœuvres, un peu de stress qui aiguise les sens, et hop, voilà une cure de remise en forme, pour pas cher !

Aujourd'hui fut encore une journée magnifique. Depuis quelques jours, nous sommes vraiment détendus. C'est vraiment le bonheur. Si les conditions pouvaient toujours être aussi fantastiques !! Nous arrivons dans moins de 3 jours aux Açores, si tout va bien. Il nous reste 306 milles à parcourir... Et comme nous sommes dans l'anticyclone, nous savons que tout va bien se passer jusqu'à l'arrivée, sans réelle surprise météo. C'est un soulagement. Pas de dépression porteuse de vents violents. On surfe dans un anticyclone promettant des conditions idéales jusqu'au bout. Le bateau ne souffre pas. Nous sommes au près depuis quelques jours (vent de face, notre allure la moins appréciée), mais les vents sont si doux et la mer si belle, qu'on est peinards. Grâce à nos nouvelles voiles (et notre mât immense : c'est un bateau gréé pour petit temps), on carbure à fond dans le petit temps actuel : 10 nœuds de vent, on avance à 6 nœuds. On se régale ! C'est génial ! Par contre, passés 15 nœuds, on est à la rue !

La journée a été rythmée par la pêche d'un thon obèse ; d'un atelier pain et pizza cuits au barbecue ; de la visite de hordes de globicéphales tout autour de nous, dont quelque-uns à 5 mètres du bateau ; de la pêche d'un deuxième thon obèse ; de la visite de dauphins ; de deux parties de scrabble (réclamées par les gars, je vous jure, ils sont devenus accros!) ; d'un film ; d'un dîner camping gaz, et voilà ; oh, quelle journée fatigante !


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Notre premier thon obèse!



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Le deuxième, toujours obèse, mais que de nom!


Mon travail de veille se résume actuellement à peu de chose ; je surveille Raymond du coin de l’œil, et la mer, les nuages, le vent, les instruments, les éventuels bateaux. Mais c'est tellement cool que je permets d'écrire (c'est bien la première fois!). Ça fait tellement de bien de vivre de bonnes conditions... C'est tellement éprouvant, la voile, parfois !

Nous avons eu quelques petites suées durant cette transat, quand même ! Mais rien de grave. Notamment une frayeur avec notre bas-étai. Le troisième jour, Dav s'est aperçu que notre bas-étai se dé-toronnait... Pour ceux qui ne visualisent pas, un bas-étai est un câble qui soutient le mât. Notre bateau a plusieurs câbles de la sorte, fixés sur la coque ou le pont, et rattachés au mât. Un derrière (appelé pataras), deux de chaque côté (haubans) et deux à l'avant (étai et bas-étais). Ces câbles sont composés de torons en inox. Dav a dû monter au mât, couper les torons cassés et mettre une vis de sertissage, qui maintient comme une bague les torons, afin d'éviter qu'ils continuent à se barrer.


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Dav au mât, au milieu de l'Atlantique,  découpant les torons qui se desserent. Heureusement, il n'a pas fallu aller tout en haut!


Du coup, on a rajouté un deuxième bas-étai pour sécuriser, avec du spectra (corde fine très solide). On verra plus tard... Du moment que le reste est sain, on ne panique pas ! Pour être honnêtes, notre hantise depuis le Cap Vert, ce sont nos haubans et nos cadènes qui travaillent - ou semblent travailler... on ne sait pas trop. C'est pour cela qu'on évite de trop tirer dessus. Ça nous inquiète un peu... On fera un chantier en rentrant à Morlaix. Pour l'instant, on ménage notre pépère, et ça ira !!

Ah... je vous laisse, le vent est monté, il faut réduire la toile! Bonne nuit !

Amicalement, Marie Caillaud, matelot 1ère classe



J 14. Jeudi 30 Mai

Notre dernière journée, notre dernière nuit ! Nous arrivons demain matin/midi à Florès, où nous attendent déjà Farol, Fab sur Black Beatle et sûrement Just sail it et la belle équipe du Kiklack. Je viens de terminer mon quart, il est 22H. Dav prend le relais. Il fait nuit noire. Le vent a un peu monté ces deux derniers jours, c'est un peu moins peinard mais c'est pas l'affolement non plus ! On a changé notre voile avant pour une autre plus petite, avons réduit notre GV (grand-voile), et nous remontons, toujours au près, vers Florès. Nous avons hâte d'arriver, même si ces derniers jours étaient on ne peut plus tranquilles.

Cette dernière journée fut superbe, et finit magistralement avec une partie de scrabble (sport cérébral quotidien depuis cinq jours), la pêche d'un thon obèse de 8/10 kg, plusieurs visites de dauphins, de délicieuses pizzas au barbeuc arrosées de vin rouge et une dégustation de rhum arrangé passion-mangue-ananas. Le rêve!



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Pizza barbeuc. Une révélation!



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Encore un thon obèse. Ouh! A mon tour!


Nous ne sommes plus qu'à 63 milles de Florès, nous devrions y être demain midi, si les vents ne montent pas trop. Nous faisons difficilement cap direct, le vent en pleine face (près) ne nous laisse pas beaucoup de marge de manœuvres.

On a hâte d'arriver, même si on aime ce rythme, coupé de tout, recentré sur nous et la mer. On aime, quand tout se passe bien. Mais on avoue, Dav et moi (je ne sais pas pour Jérem!) qu'on en a un peu notre claque du bateau, parfois ! On se prend à rêver, de temps à autre, à une vie sans stress, au port de Morlaix, en sécurité, et avec un accès douche d'eau chaude illimité !! Ha !

Je crois que nous puons secs, mais nos narines semblent stoïquement adaptées à leur nouvelles conditions. Nous sommes en restriction d'eau de confort (hygiène, cuisine), alors que nous croulons sous les packs d'eau minérale. Mais nous résistons à la tentation de nous laver les pieds à la Cristalline ® et continuons de macérer dans nos effluves piquantes. Les cheveux de Jérem sont de paille, ceux de David ne forment plus qu'une monodread qui se passe désormais d'élastique, et moi même j'ai un cheveu éclatant qui, paraît-il, donne des conjonctivites à ceux qui posent le regard dessus.


Concours d'élégance:

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Dav et sa monodread. On ne voit pas les trous à son coude et sur les fesses, mais je vous le dis!


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Jérem à la ferme (matez-moi ces chaussures! Ca devrait être interdit!)


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Alors? Le gagnant? Difficile à dire.


Le bateau, bien que tenu irréprochablement depuis 15 jours, mériterait un assainissement total. Là aussi, on se met à rêver d'un aspirateur et d'une machine à laver ! N'importe quoi!


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Jérem à la lessive, qui fait son Moitessier. Là-haut, les caleçons sèchent sans êtres importunés par les embruns! Malin!


Nous n'avons pas eu de visite de cétacés aujourd'hui. Les Açores ont la réputation d'être un formidable refuge de baleines, cachalots, globicépahles. Et de détenir des records mondiaux de pêche eu thon !

Nous avons vu plusieurs fois des jets de vapeur de baleines ; et hier des globicéphales tout autour du bateau (même à 5 mètres !! C'était grisant !!). Nous croisons aussi très souvent une bestiole très étrange, merveilleusement rigolote : une physalie, sorte de méduse avec une voile sur la tête, qui sort de l'eau, et qui se laisse porter au gré du vent et du courant, en flottant entre deux eaux. On les voit passer, avec leur crête de punk mauve pâle aux bords rose fluo, qui flottent, poum poum poum, bonjour madame ! J'adore !!

Nous avons eu une grosse frayeur hier soir : notre moteur ne démarrait plus. (j'y pense car Dav vient de le mettre en route à l'instant, et comme il se trouve juste en dessous de notre matelas, ça fait un bordel monstrueux!). En le mettant en route dans une pétole, il se mit à tousser comme un tuberculeux et me cala dans les mains. La suée. On allait encore dire que c'est de ma faute ! J'ai pourtant bien suivi le protocole de mise en route ! Mais impossible à redémarrer. Teuf !! Teuf ! Vouinnvouinnvouinn... Bon. Stop. Allez, session mécanique, c'est parti. Deux bonnes heures après avoir démonté le démarreur, limé les charbons... on -enfin, Dav Gyver- réussit à refaire démarrer notre moteur phtisique qui se porte depuis à merveille, merci pour lui. Ah ! Ce Dav !! On se félicite de l'investissement Dav Gyver aussi !

Je vous laisse, toujours sans transition. Je suis crevée... Je vais tenter de dormir, entre le bruit du moteur (imaginez que vous dormez directement sur une machine à laver des années 80), le bruit du ventilo moteur (discret comme la tondeuse à gazon de tante Gertrude), la houle (les montagnes russes de la fête foraine). Vivement la retraite.

Cordialement, Marie Caillaud, votre correspondant fatigué.



Dimanche 2 juin 2013.

Ca y est ! Nous sommes arrivés il y a deux jours (vendredi 3& mai), aux Açores, à l'île de Florès. Deux jours qui furent intenses en retrouvailles et découvertes. Florès, encore un immense coup de cœur...

Nous avons donc mis 15 jours pour faire Bermudes-Açores.

Une transat vraiment géniale, sans coup dur. C'était une très belle nav'. Plus stressante que l'aller ; car beaucoup plus incertaine et auréolée de récits de tempêtes. Mais au final, plus peinarde ; nous avons eu beaucoup de chance.

Seule déception, pour les gars surtout : nous n'avons pas pêché d'espadon. Enfin, si, un petit, mais qui ne nécessita pas un combat historique.


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Mini espadon! Trouvé sur le pont


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5 cm, certes, mais c'est quand même un espadon!!


Nous sommes arrivés au petit port de Florès, à Lajès, vendredi soir. Farol nous y attendait, ainsi que Black Beatle et Just sail it. Les Kiklack sont arrivés en même temps que nous ! Incroyable ! Après 15 jours de mer, des routes différentes, on se retrouva exactement au même moment devant Florès ! C'était génial !


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Arrivée en même temps que la brochette des 5 Kiklack!


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Yeah les gars!!! On l'a fait!!!



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Arrivée à Florès!


Le port est tout petit, et récent. Après la transat, on s'est payé le luxe d'un ponton. On a besoin ! Nous faisons partie de la deuxième fournée de transatiers (la première étant partie en avril) et tout s'est rempli en une semaine. Il y a un mouillage (rouleur) devant. Les prix de la marina sont corrects (-12m :15 euros/jour) ; eau et élec compris.

On aime bien ce petit port, où on se sent comme chez nous. Et cette île. Aujourd'hui nous sommes allés nous balader à la conquête des lacs et des cascades dont la beauté est à couper le souffle. C'était absolument grandiose... On vous racontera la prochaine fois !

Nous rentrons début Juillet en Bretagne. Nous restons une dizaine de jours aux Açores, pour souffler un peu, bichonner le boat (le moteur nous a encore fait une grosse grosse frayeur aujourd'hui... on ne sait même pas si la réparation va tenir... pff... pauvre Dav...) et profiter un peu de ces îles magnifiques, qui mériteraient, semble-il, plusieurs mois de découverte. Vu l'échantillon d'aujourd'hui, on veut bien le croire... !

Kenavo !


Terre! Terre!!!!

Terre! Terre!!! Florès, Archipel des Açores. 1er Juin 2013

Transat retour, 2nd round: ok!!!!

On l'a fait!!! On est entiers! On est arrivés!!! On est vivants!! On est heureux!!!! Hiiiiha!!
On est arrivés hier, vendredi 31 mai 2013, 16h, H locale. 15 jours de mer!
Et le gagnant du concours est... Isa!! Du Farol; qui gagne une balade en baie de Morlaix - mais qui la troque contre une galette-party. (Je crois qu'elle a eu sa dose d'embruns, depuis un an!). Que les perdants
se rassurent, on peut s'arranger (12 jours, oh, vous êtes optimistes, je vous rapelle qu'on a une machine à coudre troisième âge, une bilig et une cargaison de rhum à bord, ça freine!) !

Une transat gé-ni-a-le. Absolument fantastique, plus peinarde que l'aller, je vous jure!! On vous racontera ça dans quelques jours. Pour l'heure, c'est détente, heureuses retrouvailles avec toute notre friendly caravane, et découverte de Florès, notre première escale.

On va très bien. Le bateau n'a pas souffert, ou si peu. Soulagement! Quelques petites suées, pour nous rappeler l'aventure. Mais c'était, hônnetement, une superbe nav'.

On est actuellement dans un petit bistro, avec nos joyeux drilles de copains, et Eugenia et Papi Maestro Josué, qui viennent de me quitter pour aller à l'autre bar du coin, pour un concert de guitare, violons et trompettas. On y file, je vous laisse.

On vous embrasse fort.
La vie est belle!


On l'a fait!!! On l'a fait...

Ouf!

Kenavo!!

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Au petit port de Florès, nous avons posé notre patte sur la digue, comme tous les bateaux de passage! C'était il y a quelques heures! Peinture fraîche!

On l'a fait!!!!!!! On est heureux!!! Youhou!!!!!!

Youpi! 

Hourra!

etc.

Bermudes. Au paradis, exactement.

Bermudes ! Au paradis, exactement.

Aah ! Les Bermudes !!! Comme nous avons aimé cette escale ! Nous y avons passé cinq jours, durant lesquels nous nous sommes vraiment régalés. Ce fût une de nos plus belles étapes. Nous y avons atterri par hasard, et le hasard fait parfois bien les choses ! Comme on vous expliquait dans le post précédent, nous étions partis pour les Açores, mais des vents pénibles nous contraignirent à faire cap sur le Groenland ou sur le Cap Vert. On choisit finalement les Bermudes, route inverse. Deux des trois bateaux partis de St Martin avec nous nous suivirent, et c'est donc à trois joyeux frenchy boats qu'on arriva dans cette archipel inconnu.

L'arrivée fût magique, à travers un chenal naturel nous accueillant d'une explosion de verts conifères, d'eau turquoise et de roches coralliennes. On déboucha alors dans un immense lagon, au pied d'une adorable ville : St Georges. On fit les formalités aux douanes, puis on fila au mouillage peinard. On passa la première soirée au pub du coin, à fêter nos retrouvailles avec Just sail it et Black Beatle, nos deux bateaux compagnons de transat ; et on retrouva des copains croates du Cap Vert. Inutile de vous faire un dessin. C'était bien !

Le lendemain, on partit dégourdir nos inférieurs ankylosés. On quadrilla les chatoyantes ruelles de St Georges. On tomba peu à peu sous le charme de cette ambiance coquette et sereine. On s'émut du souci des autochtones à prémunir du froid leurs arbres et lampadaires !


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Arbre tricoté. Une idée à piquer!


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Lampadaire chouchouté

Toutes les maisons de St Georges ont un toit d'une blancheur immaculée. Ce sont des plaques de calcaire peintes reposant directement sur une forte charpente de bois. Elles sont disposées de sorte à pouvoir récupérer l'eau de pluie ; l'eau étant une denrée rare. Les économies d'eau sont drastiques : l'eau des toilettes publiques n'est rien d'autre que de l'eau de mer.


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Toits immaculés


Au hasard de notre balade, on découvrit un spot magnifique : Tobacco bay et ses criques annexes. Un lieu magique où se dressent hors de l'eau turquoise et du sable jaune des mastodontes de roches. Comme dirait Fabien, on pourrait très bien imaginer un druide sortant de derrière ces dolmens volcaniques. Un druide en bermuda.


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Vers Tobacco bay, une crique déserte


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Menhir volcanique


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Tobacco bay. Photo JP de Just sail it.


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Tobacco bay


Du coup, le lendemain, on fît un pique-nique vers une mini-crique déserte, où on fit un barbeuc. On embarqua masques et tubas ; c'était un véritable aquarium. Il y avait des poissons énormes !! On était au paradis...


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Barbeuc dans notre petite crique. Photo JP de Just sail it!


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Eau cristalline!


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Barbeuc


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La planche! Photo JP du Just sail it

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Le molkky. Photo JP

On avait emmené le molkky ! Les filles ont encore remis les gars à leur place ! Houhou !!! Haha ! On découvrit aussi la « molle », un jeu de pétanque mou : ce sont des balles de jonglage. Du coup, on peut y jouer sur tous les terrains, et se faire des parcours du combattant. Encore un jeu qui plaidera sa place à bord du batea.... « AAAAAH NOOON Marie, c'est pas négociable. J'en ai ras le bol de tes jeux qui pèsent un demi-tonne à eux seuls, de tes quarante jeux de plateaux saucissonnés dans tes boîtes plastiques, qui prennent la place de la penderie des vestes de quarts ; de tes mikado géants qu'on a heureusement offerts à Isa (trente ans) pour son anniversaire ; de tes quilles bretonnes - heureusement modèle enfants ; de ton ballon de volley - et encore, avant il y en avait trois; on a assez de nos deux sacs de pétanque homologués, de notre kubb viking en bois qui pèse 5 kg, du molkky finlandais en pin qui en fait 4, des palets bretons en fonte et de sa planche en peuplier d'1m². Stop. » Rhho, hé, dis donc, c'est pas moi qui ai plaidé pour embarquer des galoches sur billots en fonte comme celles ton grand-père (8kg à elles seules). Hé, ho. Comme s'il fallait vous prier pour jouer à tout ça. Ho. Le culot.

Partis plus tard pour visiter un des nombreux forts vieux du XVIIème, on tomba par surprise sur un petit bar Peace and Love agrippé à une falaise, chez Yes Papa. On fut accueilli comme des princes, avec un verre de punch offert sans discussion, alors que nous étions partis pour un café. Un mini poste crachait du Bob Marley pour toute la plage, et il fallait toucher la paroi de la falaise « Peace and Love » pour bénéficier des bonnes énergies du lieu. C'était le jour de la fête des mères anglo-saxone, et tout le monde était sur son trente-et-un, habillés des plus beaux atours. Toutes les femmes me souhaitaient une « happy mother day », en riant. On était juste au paradis, encore une fois... 


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Chez Yes Papa


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Chez Yes Papa, sur la plage


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Fab et son Marsu, mascotte du Black Beatle, qu'il trimballe comme le nain de jardin d'Amélie Poulain


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Fab et Yes Papa. Sous la voûte Peace and love


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La griffe de Jeudemer chez Yes Papa! Photo JP!

Rejoints par cinq copains d'un autre bateau (la team des Kiklack), on décida à bouger pour se faire un foot. C'était Kiklack vs les autres (Jeudemer, Justsailit et B.Beatle) . Avec moi au goal. Jamais cette verdoyante pelouse anglaise ne vît aussi médiocre goal de toute sa vie botanique. Cependant les scores furent serrés : on essuya un 20-18 en se battant ardemment. Mais je soupçonne les gars de m'avoir épargné des buts par peur de me dégoupiller la tête. A moins que cela soit mes hurlements gutturaux et mes roulements de yeux féroces qui déstabilisèrent l'adversaire (hypothèse moins probable.). Mais en tout cas, on s'est bien marrés !!!


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Sail all day...


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 La vie est belle!


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La dream team


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 Fab


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Le lendemain, les gars partaient visiter une grotte de « cristal » (cachée dans un hôtel cinq étoiles qui garde jalousement son secret aux touristes) et se sont baignés dans un petit lac souterrain, sous les stalactites. Il paraît que c'était génial. Pendant ce temps je me suis fait une énorme balade avec Tos, visitant des vestiges de forts abandonnés et me perdant dans des ruelles inexplorées. C'est vraiment magnifique. On est constamment sous le charme. Il y a beaucoup d'espaces naturels préservés et d'espaces verts. De plus, c'est le printemps... David était émerveillé de voir enfin du vert tendre sur les branches !! Et de marcher nus pieds sur les tendres gazons anglais... Le régal !! C'est vraiment la transition entre les Antilles et la Bretagne. Il fait encore chaud mais on sort les petites laines le soir ; l'eau est à température juste agréable, mais pas pendant trois heures durant ; il y a des pelouses - enfin - mais la plage et quelques bananiers nous rattachent aux Caraïbes. La veille du départ officiel, pendant que les gars faisait le plein de gasoil, j'ai prit mes quartiers pour balader Tos avant 15 jours de mer. Depuis que Jérem est là, j'avoue que les corvées d'intendance et d'approvisionnement sont beaucoup plus simples ! Je délègue! Je me suis baladée quelques heures pour échouer sur une pointe magnifique, balayée par la mer furieuse (on était au lendemain d'un coup de vent qui avait mis en alerte tout le mouillage pendant la nuit). Des criques cristallines et des îlots coiffés de citadelles en ruine. C'était très beau. Tout le long du chemin était un dédale de minis lagons, dans lesquels se cachaient de petits bateaux de pêcheurs. C'était super.

Les Bermudes, vues du ciel, forment un archipel de cinq îles principales, ainsi qu'une multitude d'îlots. Les îles sont reliées entre elles par des ponts restaurés. Une pléiade de lagons turquoises les délimitent. Nous n'avons exploré qu'une partie de l'île du nord, et nous savons que nous n'avons goûté qu'à une infime partie de sa beauté. On est vraiment étonnés de n'avoir jamais eu échos de cet archipel, autrement que par sa légende de triangle infernal.

C'est tellement beau ! Et les gens sont tellement sympas ! Je vous jure, on hallucinait. Jamais, à part en Casamance, au Sénégal, nous n'avions croisé de gens si souriants et polis, qui te saluaient dans la rue d'un sourire en te demandant comment tu vas ; ou en voiture, alors que tu prenais toute la route avec ton chien et ton oubli du code de la route britannique. On était complètement sous le charme !

Nous devions partir aujourd'hui mardi 15 mai, mais la mer trop formée et la formidable bringue de départ de la veille plaidèrent pour une remise au lendemain. Ce qui nous permit de faire une journée peinarde au soleil, sur la place principale de St Georges.

C'est une large place carrée, où se trouve l'office de tourisme et Lala, qui y travaille, et avec qui on accrocha tout de suite. Elle est trop rigolote et sympa. L'office de tourisme est un rendez-vous des touristes mais surtout des marins qui s'y vautrent sur le canapé, les bancs en bois, les marches et le carrelage, pour accéder à internet (Sauf moi ! Mon ordi refusait catégoriquement ! Il a fallu que Lala m'installe d'autorité sur un fauteuil derrière elle pour me filer un câble internet!). Un coffee shop à côté. Des bancs assiégés par des touristes épuisés vaguement attentifs à nos deux musiciens du bout de la place, sur leur estrade, qui jonglaient quotidiennement entre des reprises de Bob et des mélopées caribéennes. Tos et moi étions leur plus grandes fans, on a donc eu droit à notre morceau dédicacé. On joua aux palets bretons et au molkky sur la place, pendant que Tos draguait tous les touristes, toutes nationalités confondues. Ce chien a un succès dingue. Les gens sont complètement fous d'elle, malgré son odeur caractéristique de chien mouillé et sa canine en moins. On regrette amèrement de ne pas l'avoir dressée à faire des tours, elle aurait ainsi pu contribuer à renflouer largement notre caisse de bord.

Voilà. Demain, c'est officiel, nous partons enfin pour les Açores. Je ne réalise pas vraiment. Croisons les doigts pour que cela se passe bien... La fameuse transat retour... j'avoue que j'aimerai déjà être arrivée.

Que Neptune soit avec nous !

Allez. On the sea again, pour finir notre sea trip en beauté.

Kenavo, on vous embrasse fort !

Ps : ce soir Dav a ressorti le bonnet. Moi mon pantalon de pyjama... Ouille.

Ps 2 : Le Bermuda, c'est un short porté par les policiers des Bermudes, à qui il doit son nom. Porté généralement avec une chemisette de coton léger, une paire de chaussettes remontant jusqu'aux genoux dans des souliers qualifiés de pratiques.

Ps 3 : Le triangle des Bermudes, c'est un triangle imaginaire qui s'étend de la Floride à Porto Rico jusqu'aux Bermudes. Selon la légende (démontée depuis), ce serait une zone de disparitions mystérieuse de bateaux et d'avions. On évoque un dérèglement magnétique qui affolerait les boussoles. On avance aussi des flatulences océaniques d'hydrate de méthane, qui, si j'ai bien saisi, perturberaient la densité de l'eau et donc la flottabilité des bateaux... Même phénomène dans l'air, pour les avions, qui verraient leur portance affaiblie... Mais apparemment ces phénomènes ne sont pas plus développés qu'ailleurs, et c'est surtout les fantasmes qui ont alimentés cette légende ! Bref, c'était intéressant, et c'était la leçon 45 d'histoire scientifique.

See you !


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Let's go!


A l'heure où je poste ce billet, on est sur le départ! Jeudi 16 mai, 11h50 H Bermudes. See you aux Açores. Croisons fort les doigts pour que tout ce passe bien.... Pensez fort à nous, on pense à vous. Kenavo!


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