Feliz natal! Feliz anho novo!

Feliz natal! Feliz anho novo! Cap Vert, Mindelo, 4 janvier 2013

J'en conviens, le titre manque encore d'originalité, mais je tâcherais cette fois d'écrire un billet moins bâclé que la dernière fois.

Dav me suggère à l'instant "Joyeuses Pâques" pour le titre, j'ai censuré.

Cela fait bientôt 15 jours que nous n'avons pas donné de nouvelles; nous sommes toujours à Mindelo, Cap Vert. Marta est arrivée de Praia la veille de Noël, et est repartie aujourd'hui. On se l'est coulée douce pendant une semaine; halte à la bricole, c'était les vacances! C'était génial, j'étais tellement contente de revoir cette bonne vieille boel de Marta, et on a passé de super vacances.


Pour Noël, on (Marta, David, Jérem et moi) s'est pris des petites vacances sur l'île d'en face, à Santo Antao-encore!! On était déjà tombés sous le charme de cette île magnifique; on s'est donc offert un Noël ressourçant dans une vallée de cannes à sucre. A Cabo da Ribeira, dans la vallée de Paul, dans un petit bled de 150 âmes. On aurait aimé dormir chez l'habitant, mais on n'a pas osé s'imposer dans une famille le soir de Noël; on a donc trouvé au dernier moment un gîte sympa. Chez Sandro. Un français qui pratique des prix...français (quoiqu'on ait payé que 10 euros au lieu de 17euros la nuit avec le petit déjeuner royal). On était contents d'être au chaud au lieu de se cailler les miches dans nos sacs de couchage entre deux bananiers.

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Notre chambre de Noël, avec vue sur la vallée. Jérem dormait par terre!



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Notre petit déj de Noël. Confiture de papaye, de coings, milk-shake banane, gâteaux... On est partis lourds!



On y est arrivés le soir de Noël; on a passé la soirée dans la rue du village-presque un hameau, accroché aux flans du volcan de Cova. C'est une vallée splendide, où la canne à sucre s'épanouit dans les moindres interstices, où l'on trouve encore des maisons traditionnelles, aux toits de feuilles de cannes à sucre. La route est pavée et difficile d'accès pour les voitures, qui sont rares (souvent des aluguer et des "collectivos"). Le paysage est très ressemblant de la vallée Ribeira do Torre, où nous avions fait le festival en hommage à Cesaria Evora, deux semaines plus tôt. Une vallée de randonnée époustouflante!


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Cabo da Ribeira, Vallée de Paul


Cependant, la majorité des maisons sont en brique, et ne sont pas recouvertes de peinture ou du moindre enduit. On a constaté cela dans beaucoup de villages, sur les trois îles que l'on a visité. D'aucuns expliquent que les maisons non finies ne payent pas d'impôts, d'autres avancent le manque de finances et le superflu de la peinture... Des raisons pas vraiment satisfaisantes, le mystère reste encore entier pour nous!


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Maison de brique, Porto Novo (Santo Antao)


On a partagé notre foie gras de Noël chez Simon, un capverdien très sympa que Jérem avait déjà rencontré. Il nous a accueilli dans un intérieur décoré avec goût, une étagère en fer blanc croulant de porcelaines nacrées, de Mickeys, de canards, de chats et de cœurs, de sacs Winnie l'ourson et de peluches sagement disposées sur un lit fleuri. Il nous a régalé de poissons frits et fait goûté une gniole infâme, un grog "bon pour la santé, à boire 3 fois fois par jour" qui m'a flanqué un de ces mal de crâne!

On a croisé Manuel le rasta et sa petite épicerie (mercearia) où il vend du ponche frelaté, fort à vous décoller les racines des cheveux. Où un poussin se balade tranquillement sur le carrelage. Devant sa mercearia, une admirable composition de Noël faite par lui même: une crèche de Noël, avec un Jésus sacré-cœur dans un cadre polystyrène, un poussin  faisant office de Divin Enfant dans une cage à fromage, une Vierge Marie en sucre coloré dominant la scène dans une bouteille en plastique pendue, un bœuf dessiné au marqueur sur une patate douce, et quelques miroirs sur les côtés pour donner de la profondeur au tableau. Mais les gars étaient plus fascinés par le poste télé suranné qui trônait dans une alcôve extérieure, qui retransmettait un match de foot.


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Feliz natal!



Noël au Cap Vert... sous les cannes à sucre, au grog frelaté, dans un bled paumé, sur des mélopées de zouk, des spaghettis au réveillon. On a pris des cours de danse avec Adilson et ses copains, joué au babyfoot sur la petite place du village avec les jeunes, en attendant l'ouverture de la boîte de nuit "Delirious dancing". Il y avait beaucoup de jeunes, pour un si petit village! Ils étaient tous vraiment sympas, pas envahissants, très polis et assez réservés au début. Un pas de zouk ou une partie de babyfoot plus tard, la glace était fondue. Mais on a déclaré forfait pour la boîte de nuit, malgré beaucoup de bonne volonté...Tos  est allée y danser deux minutes, sur un remix de Mickael Jackson - le seul morceau qui valait presque la peine. C'est dire.



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Delirious disco dancing



Le lendemain, génial. On a passé la journée à se balader dans environs, à rencontrer des gens.


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A travers les sentiers, dans les champs de canne à sucre et de bananes, on a croisé mamie Fatima et sa mère, qui nous ont invité dans leur maison. Une case toute petite, décorée d'une pendule suisse et d'un tableau fleuri. Une petite cour triangulaire, avec une coq et une poule, et un fil à linge sur lequel sèche un unique string rose (?). Elles étaient ravies de parler en kriol avec Marta.


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Cabo da Ribeira


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Papaye


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Café


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En attendant la cachupa...


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Ah, la voilà! La cachupa, plat national cap verdien: du maïs, des haricots, du laurier... le tout sous un œuf au plat, accompagné de 2/3 rondelles de chorizo


Puis on croisa Mike, 10 ans, qui nous fit visiter la distillerie de son grand-père, nous fit le tour du propriétaire, des vaches, des ânes et des cochons, et même de la cuisine. Le grand-père nous fit alors la dégustation de son ponche et rhum et nous voilà repartis les bras croulant de bouteilles. La journée fut douce.


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La cuisine en plein air



On se perdit dans les cannes à sucre, fit plein de rencontres. Dav et Jérem firent de la mécanique avec un papi.


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Papi et sa pompe



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David apprit à faire des pétards au souffre avec les gamins.



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Des gamins qui voulaient être pris en photo. Ils étaient vraiment sympas! Ils nous remercièrent de gros bisous!


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Le fauve de la distillerie


On fit un concours de lance-pierre. On prit un bain de pieds dans une piscine d'irrigation. On s'essaya en autodidactes à l'aquarelle et peint d'abominables aqua-croûtes avec Marta. On croisa un gars qui vendait au loto sa chèvre, et on paria. Les gens font régulièrement ça: ils achètent une feuille quadrillée de mots, sur lesquels il faut parier une sommes définie par le vendeur. Un seul mot est gagnant (et la réponse est cachetée en haut de la feuille). On perdit. Mais on acheta la même feuille pour en faire un nous aussi (Il y a deux jours. La mise: "à vot'bon cœur". C'est Marta qui a fut l’heureuse lauréate parmi 16 candidats, gagnant entre autres un coffret Vivaldi et un chapeau haut de forme en paille.)

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La liste quadrillée dans la main droite, le trophée dans la main gauche, il faisait le tour des hameaux. La mise à 1 euro!


Le lendemain, nous sommes partis dans le sud de l'île; oubliée du tourisme, ce-dernier se cantonnant aux vallées verdoyantes du nord. On s'est alors perdus sur des routes surplombant de véritables canyons et des paysages secs mais fabuleux.


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Welcome to paradise


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Mamie à Cha da Morte, un peu timbrée mais rigolote


On ne savait pas où on allait, on s'en moquait. On prenait un Hiace (collectivos), on lui demandait où il allait, ok, go. On mangeait chez l'habitant.


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Mamie à Ribeira Cruz qui moud son maïs sous une grosse pierre! Marrante!


On a fini dans un bled paumé, où les gens voyaient rarement des étrangers, on se sentait un peu observés! C'était vers Ribeaira Cruz. Des landes cramées de soleil qui se jetaient dans la mer.


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Vers Ribeira Cruz


On a dormi chez Manuel Santos da Silva le voyant, qui nous a prêté une pièce nue pour dormir par terre sur du béton à l'abri du vent. Royal. On a passé notre soirée au bistrot du village, à jouer à la belote parmi les autres joueurs de cartes, c'était génial. On était quand même un peu l'attraction. Les gens nous observaient jouer et on expliquait les règles à certains - mais pas à cette une chipie de 40 piges qui regardait mon jeu et le répétait en kriol à Marta, en gloussant.


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En attendant le ferry pour Mindelo, à Porto Novo



Et repartis pour Mindelo 3 jours après, on bricola gentiment et passa le temps, nagea... La maman et la frangine de Jérem sont arrivées pour le nouvel an; on s'est alors fait quelques virées aux alentours de Mindelo, armés de maillots de bain, de molkky et de cerf-volants. Les vacances!!


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Baia das gatas (Sao Vicente)



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Poupée sur la plage de Calhau (Sao Vicente)


On s'est fait un nouvel an au poil, un peu improvisé; car, comme pour Noël, on était un peu décalés et étonnés: tiens, ce soir c'est le réveillon? Allons bon! Ce fût plutôt très bien!! Jeudemer a encore vu sa ligne de flottaison baisser sous les déhanchements de 16 personnes motivées, sous des fontaines de mojito. Nous étions avec l'équipage du Marguil, la Jérem's family, et l'équipage de deux super bateaux rencontrés l’après-midi même. On s'est bien marrés!!!! On a encore rencontré de sacrées flèches. On s'est quand même forcés à faire un petit tour à Mindelo, qui s'était éclairé à minuit des feux d'artifice tirés de la plage. Une ruée de mecs en caleçons s'est jetée avec furie dans l'eau! Puis, tout le centre ville a vibré au son du concert donné en pleine rue principale, mais ambiance un peu spé à mon goût! Ce fut tout de même une sacrée soirée... Puis on remit ça deux jours après, par erreur encore, où le bateau fut une boîte de nuit rock'n roll. Génial. Et épuisant. Mais les varangues ont tenu le coup!

Sinon, on est tout de même un peu sortis de Mindelo; on a fait un tour de pêche avec le bateau pour pêcher trois balistes! Un bon gueuleton. Et essayer enfin notre génois! Magnifique!! Et devinez qui a plongé, quand une ligne s'est prise dans le safran (gouvernail du bateau) ? A votre avis? Pas un gars ne voulait s'y coller à -2000m! J'ai donc roulé des mécaniques et chopé mon masque! Hé!


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Pêche à la baliste dans la baie de Mindelo. Dav, Théo et Jérem . Et Tos.

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Jérem, Théo, Dav et Julie. Leçon de découpe de baliste!


La radio ponton fonctionne bien: pas mal de gens viennent voir Dav pour lui faire rafistoler leurs voiles. Le ponton se transforme parfois en voilerie roots!


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Dav et Jérem à l'atelier couture



Il y a une semaine, on a été témoins d'un truc incroyable: un ferry qui perdit tout contrôle, dériva sur les dizaines de bateaux au mouillage et se tapa un catamaran qu'il trimballa sur des dizaines de mètres par le mât. L'Armas, l'énorme ferry de 80 mètres qui relie quotidiennement Mindelo à l'île de Santo Antao, est subitement devenu incontrôlable, pour une raison inconnue-sûrement une panne moteur. Au lieu de venir s'amarrer comme d 'habitude au port, le mastodonte a soudainement dérivé vers les bateaux au mouillage. C'était la panique à bord et, à terre, la stupeur générale. Le ferry était incontrôlé, et a touché trois bateaux avant de tanker dans la vase et remuer des litres de sable. L'hélice du ferry s'est prise dans les chaînes des trois bateaux. Deux des trois bateaux touchés ont coupé leurs chaînes et ont pu se dégager, mais le troisième, un catamaran, n'a pas eu la même chance, et s'est vu traîner par le mât sur des dizaines de mètres, quand le ferry eut réussi de se dégager de la vase. Le couple d'anglais du cata n'avaient pas de pince monseigneur pour couper les haubans, si bien que leur cauchemar a duré jusqu'à ce que quelqu’un leur en amène une pour tout couper. C'était surréaliste. Les gars et plein d'autres sont partis en annexe porter secours, mais il n'y avait plus rien à faire. Le cata a fini par être démâté, les gens étaient heureusement saufs, mais leur bateau est complètement explosé. Plus de mât, bôme explosée, plus de voiles, les filières et la coque défoncées... Complètement mort. Marguil a eu chaud. Il était à deux doigts d'y passer. Décidément! Nous aussi sommes bien entourés sur notre ponton, entre un bateau allemand démâté et un bateau de deux norvégiens qui ont perdus leur safran, explosé leur moteur et qui ont dérivés pendant 5 jours entre les Canaries et ici en écopant pour ne pas couler...
Il n'y a malheureusement pas de secours en mer au Cap Vert, tout juste un énorme boat payé par l'Europe qui ne fonctionne jamais, car le plein de gasoil est prohibitif... Pouin Pouin! On apprécie alors notre SNSM française et nos secours gratuits! Ne croupissons pas ici!


Nous partons dans 2/3 jours. Marta vient juste de partir et on se retrousse les manches, allez! Aujourd'hui gros ménage, demain approvisionnement, lundi on décolle si on peut. On aurait aimé dimanche 6, pour l'anniversaire de Dav, mais ça va être chaud! On a encore plusieurs bricoles à faire. Mais nous ne sommes plus a un jour près, après 5 semaines au Cap Vert... Aujourd'hui on est allés manger par hasard la meilleure catchupa de Mindelo (c'est les capverdiens qui le disent, on approuve!); on a donc demandé à la cuisinière de nous en faire une plâtrée pour 10 repas, qu'on congèlera pour la traversée. Consistant, délicieux, nourrissant, et parfait pour les feignants!


La traversée de l'Atlantique, 15/20 jours d'entretien solitaire avec la mer. On n'appréhende pas particulièrement. Le bateau est presque prêt, nous aussi. On s'est pris de bonnes vacances, on est pleins de good wibes, il faut y aller! On ira sûrement directement en Guadeloupe, où nous attend une voile. On cherchera du travail là-bas ou en Martinique. On verra. On tire un trait sur nos envies de Brésil, Guyane, Grenadines, Cuba, Jamaïque...Pas le choix, il faut qu'on bosse. Mais sans regrets, car on ne sait pas de quoi la vie sera encore faite, et cela nous laisse encore beaucoup de rêves!! On en profitera, qui sait, bien plus une autre fois, plus longuement...

Kenavo! On vous tient au jus quand on part!!

Ps: Tu pardonneras Marta, mais tu te taperas encore du Comic sans MS à lire ad vitam eternam sur ce site, parce qu'après avoir fait quelques autres essais typographiques, je crois que je suis quand même définitivement ringarde.

Até a proxima!




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