Guadeloupe, ponton 6. Non non! On n'est pas partis, mais promis, on part demain !! (ou après-demain...)

Guadeloupe, ponton 6. Non non !! On n'est pas partis, mais promis, on part demain !! (ou après-demain..) Février 2013.

Départ manqué ! Il y a trois jours, on décide enfin de partir au mouillage, se casser du port (pas si cher mais d'une dépense dont on se passe bien) pour aller mouiller à la Baie des Cochons, pas mal, qu'on a déjà un peu exploré en annexe. Petite escale, donc, avant de partir pour la Dominique.

On enlève le taud (un genre de toile pleine de merde de cormorans sénégalais qui fait office de pare-soleil), on range le fil à linge, on monte l'annexe sur le pont, on paye, on rend la carte-ponton, on allume les instruments de navigation, on met le moteur en route, toftof... Prêts à larguer les amarres...Et...

Mais ! Quoi ? Non !! Le voisin d'en face, avec ses 3 enfants si sympas, qui vient d'arriver, est de Morlaix ? Non !!! Et si !! Dis moi que c'est pas vrai ! Et voilà Dav qui coupe le moteur, on est foutus.

Anne, sa chérie, lance à la cantonade « -Qui veut venir manger une glace avec nous ? -Moi !!!! » Et on part tous se régaler d'une glace pour fêter ça . On recrute sur la route Ronan, du Farol, qui est de Morlaix aussi ! Et qui daigne lâcher sa clé à molette pour un revival Morlaix for ever. Bien sympa !!

Ça c'est fini en apéro, évidemment.

(En vérité, Luc et Anne, et leur trois adorables bambins, ne sont pas de Morlaix, mais de Paris -mais Luc est de Carantec-enfin, ses parents ; mais ne lui dites pas que je l'ai traité de parisien.)

Pendant que les gars parlaient voile, moteur et mécanique, Anne et moi, bande à part sur le ponton, étrennions au ti punch notre première soirée filles depuis longtemps. Que c'était bon !! Ça nous a fait un bien fou, de quitter ce monde de voileux timbrés, qui rêvent/mangent/vivent voile, clé à pipe et cambouis. C'était bon! J 'avais l'impression de retrouver une vieille copine de lycée, à papoter gaiement sous les étoiles. Ça faisait longtemps !

img-4375.jpg

Crépuscule à la pêche

Et le lendemain, rebelote. Cette fois-ci, on part ! Ah oui, mais Dav file un coup de main à Luc, pour faire un trappe de visite sur son moteur pollué par une bactérie... et c'est reparti pour une journée mécanique-mais pas sur notre bateau, donc ça me fait des vacances.

Je décide donc, désœuvrée, de déclencher « l'alerte rouge cafard », et me lancer dans un lutte chimique sans merci. Tout doit disparaître !

Très méfiants et rodés au Sénégal, on ne rentrait aucun carton à bord (les cafards s'y glissent), nous lavions les fruits et les légumes...

Puis notre attention s'est complètement dissipée au Cap Vert... Et nous avons été vite envahis. Une bestiole longue comme un doigt qui nous nargua dans la salle de bain finit de nous convaincre de la nécessité d'une guerre sans pitié. Dans la cuisine, la salle de bain, la chambre, le carré... On en est même venus à se demander si les crabes, qu'on entend se déplacer et grincer la nuit sous notre coque ne seraient pas, en fait, le bruit des cafards qui sortent de leur tanière ? Aaah. Non.

Mais il faut agir vite, car on commence à voir plein d'adorables bébés qui se baladent sous notre barbe. J'ai donc usé d'une arme terrible, pas écolo, horrible, radicale : le Bayon, aérosol. Une hécatombe. J'ai sorti toute la bouffe et toutes les boîtes qu'il y avait dans le cagibis, et pulvérisé la bombe sur les surfaces et les bestioles qui fuyaient en sortant de toutes parts. Mieux qu'un jeu vidéo. « Tiens, s....., prends ça. Ahah, on ricane moins, hein. Paf, toi aussi, dans le mille ! » Et ils se convulsaient comme des diables, et je continuais comme une sadique. C'était pas beau à voir ! J'en ai ramassé, à la louche, une cinquantaine, disons. Puis dans les cales et dans la salle de bains. Mais on s'est tapés un de ces mal de crâne le soir... J'étais complètement shootée. J'ai fini le lendemain par une méthode plus douce, les granules ; que les survivants bouffent ; ils s'empoisonnent alors et contaminent les autres. Demain je teste l'acide borique dans le lait concentré. C'est pas méchant, ces petites bestioles, mais c'est franchement envahissants, et comme collocs, il y a mieux.

Journée palpitante !

On va donc s'aérer la tête en marchant un peu la nuit tombée... et on tombe sur la voilerie de Marc, un voilier autodidacte qui s'est installé là et qui croule sous le travail.

Il avait déjà proposé à David de le soulager dans ses commandes, tant il a à faire. Du coup, il lui refile un truc à coudre, à faire sur notre bateau avec notre machine, pour l'aider un peu. Ok !

Et voilà Dav avec son pochon, de retour au bateau...

Malheureusement le lendemain, la machine, qui jamais n'avait flanché, grille en plein travail. Merde. Le test de David pour une future commande plus sérieuse tombe un peu à l'eau...c'est un peu bête ! Heureusement, on file à Pointe à Pitre en annexe pour une pièce, et on tombe sur une nana trop sympa qui nous répare le pied grillé gratuitement, mais au final ça ne fonctionne pas, je vous passe les détails , mais David réussira finalement, et c'était donc l'histoire passionnante du pied grillé de la machine à coudre.

Mais la palme de l'histoire palpitante de la journée revient à Tos et Marie, qui vont chercher du pain au supermarché. On avait constaté la veille que Tos avait ses chaleurs... Bon. Surveillance accrue. On fera gaffe !

Sauf que ça m'est complètement sorti de l'esprit. J'avais beau voir tous les mâles lui tourner autour, je ne me suis pas affolée. Ça a bien fait « tilt warning » dans mon cerveau, mais la lumière s'est vite éteinte. Donc j'attache Tos au poteau devant la vitrine, vais chercher mes baguettes, fais gentiment la queue et... « -Tu vas avoir des chiots ! Ta chienne vient d'être prise ! -Quoi?!!!! » Je sors comme une furie avec mes baguettes pas payées, et je constate, horrifiée, ce chien moche croisé incertain collé cul à cul avec Tos... De rage, j'essaye de les séparer, mais évidemment c'est complètement idiot. « Tu vas la déchirer !!! » Ahhh non l'horreur. Je rugis de colère. Je retourne payer mes baguettes. Puis ressors ; ils sont toujours collés comme des cons.

Et là, je craque. Et je me mets à chialer de rage. Je n'ai pas flanché dans les coups de vents (ou alors je fulminais de l'intérieur sans rien laisser paraître, pour ne pas communiquer le stress). J'ai tenu bon, avec un maximum de bonne humeur, dans les mers houleuses. J'ai géré des casses dans des conditions difficiles avec un sang froid insoupçonné.

Mais là, devant le spectacle de Tos collée à ce cleps, je m'effondre.

« -Non mais merde, c'est pas vrai... P... de clébard, mais c'est pas vrai !!  Mais ils vont restés longtemps collés ces andouilles ? Mais c'est pas vrai...grrr !! (snif. bouhouhou.) J'suis désolée... (je pleure devant le vigile qui compatit) Je sais pas pourquoi je craque, c'est idiot, n'est-ce-pas, mais je craque. J'ai peut être besoin de craquer, notez. Ça fait longtemps que j'ai pas pleuré. (snif. Bouhouhou !)

-Mais oui, c'est ça ! Tu en avais peut être besoin ! Haha ! (une antillaise rigolote débarque et me réconforte) Remarque, tu craques en Guadeloupe, il y a pire, hein ! C'est ce que me disait mon ami que j'ai eu au téléphone l'autre jour ! Il vaut mieux craquer ici au soleil, en Guadeloupe, plutôt que sous la neige, comme mon ami en métropole, perdu sous une tempête de neige avec son pneu crevé !

-Oui, hihi, (snif) tu as raison, hihi. Mais regarde moi cette vieille saucisse … Pfff...

-Oui, (Les deux caissières s'en mêlent) mais ça a été très rapide, hein, en 2 minutes c'était conclu !

-Ah oui, en 2minutes !

-Ah ! (mon antillaise rigolote) Bah oui ! Les chiens, ils ont tout compris ! Nous, on s'emmerde par des conventions, on pèse le pour et le contre, on se torture l'esprit, j'y vais j'y vais pas, et on n'en finit pas ! Et au final, ça nous passe souvent sous le nez ! L'amour animal , hop, tu me plais, je te plais, on y va ! Haha !

-Haha ! (petit snif.)

-Et puis, pourquoi tu veux pas de chiots ? C'est sympa ! Tu les donnes après, c'est tout !

-Mais elle est vieille, elle a dix ans, je te dis pas les complications, et puis on est sur un bateau, c'est la galère, on a déjà donné, elle nous a pondu deux monstres à bord il y a deux ans, c'était marrant, mais non merci, j'ai encore retrouvé une crotte momifiée le mois dernier ! (snif.) Ça existe la pilule du lendemain pour les chiens ?

-La pilule du lendemain, mais oui c'est ça ! Oui oui, je sais pas, mais c'est une bonne idée !

- Je crois qu'il faut aller chez le véto pour une piqûre (le vigile).

- Oui, chez le vétérinaire (les caissières), mais ça coûte cher !!

-Rhoo... pff..

-Tu sais, la prochaine fois, tu lui mets une culotte, ça existe pour les chiens (le vigile).

- Mais tu sais je le trouve pas si moche ce chien. (La rigolote) Ça peut donner des beaux petits. On dirait un peu un dalmatien raté, mais du vague dalmatien quand même, c'est vendeur ça, hein!

- Haha... (Elle a fini par me dérider complètement.) Bon, mais ils vont restés encore longtemps ? Ça fait quoi, 10 minutes là, non ? »

Voilà comment on est devenus l'attraction du coin. Les caissières, la prof rigolote, le vigile, les passants, tous m'ont proposés de rentrer au bateau, poser mes lourdes affaires, (je venais d'acheter une manivelle de winch, car la principale avait sombré dans les profondeurs atlantiques, par ma faute, évidemment, mais il n'y a que ceux qui font des manœuvres qui font des conneries, c'est bien connu) souffler un coup, et ils m'appelleraient quand les deux saucisses seraient décollées. Mais je me voyais mal la laisser là ! Heureusement, au bout d'un quart d'heure, monsieur s'est décollé, et a laissé apercevoir au monde entier son organe incroyablement incroyable, à tel point que mon antillaise rigolote a failli tourner de l’œil, de rire ou de surprise, je ne sais !

« Ah, bah, ça alors, l'amour animal... »

Voilà comment après presque deux semaines en Guadeloupe, je n'ai à vous raconter que des bribes de vie quotidienne ! On est loin des plages de sable chaud, des cocotiers et des coraux poissonneux, mais on n'est pas à plaindre, et on décollera vite. On attend toujours notre voile qui arrive peut être à Saint Martin en fait, c'est à dire une île beaucoup plus haut dans l'arc antillais.. No problem, on comptait y aller !

Naïa reste en Martinique, ils ont trouvé du boulot. Jérem, qui n'est plus sur Marguil, nous rejoint dimanche en Guadeloupe (il est en Martinique) ; nous irons ensemble se la couler douce en Dominique, en passant par Marie Galante et les Saintes. Notre copain Denis me racontait qu'aux Saintes (des îles au large de la Guadeloupe) il nageait avec une maman dauphin et son petit, dans l'eau turquoise!!! Incroyable... On a hâte de vivre ça ! J'aimerai bien une tortue aussi, tant qu'à faire.

Nous retournerons ensuite en Guadeloupe , puis direction notre voile, à saint Martin, au nord !!

Ce soir, on est invités à une soirée raclette chez la sœur du couple qui nous a invité dimanche dernier ! Coooooool !!

Et hier soir c'était soirée apéro-crêpes sur Farol, un bateau de Morlaix, pour ceux qui connaissent !! Ronan, Isa, Marin, Louise et Jeanne ! On a enfin trouver le timing pour se rencontrer sérieusement (autour d'un rhum! hum.). C'était super sympa, et on projette sérieusement de faire un petit bout de chemin ensemble!!

Voilà donc les nouvelles fraîches !! Bientôt, promis, les plongées, les tortues, les plages désertes!

Et vous savez quoi? David vient de me déclarer, stupéfait et heureux, qu'il n'avait plus rien à faire! Du coup, le voilà en train de pêcher avec les enfants! Ils sont géniaux; tout à l'heure on s'est fait un concert avec Louis, 7 ans, à la guitare (il manque une corde); Paul, 6 ans, à l'harmonica (il bavait autant qu'il soufflait); Marie, 27 ans , aux choeurs (une vraie casserole.)

Kenavo !!



img-4374.jpg

Notre copain martin pêcheur (ou quelque chose du genre) qui nous tient compagnie tous les soirs! Notre seul contact avec le nature, ces temps-ci!

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site