Les Saintes, la Dominique et du beurre (salé) dans les épinards 2

(suite du billet précédent, saturé à cause des photos!)

Depuis une semaine, entre mes activités de femme d'intérieur (hi!), je sillonne les bars et compagnies charters pour trouver un job. Ça me déprime un peu... retour à la réalité ! Ce n'est pas l'idée de bosser qui me blase, pas du tout, au contraire, mais c'est le fait de chercher... de se faire remercier, ou toiser des pieds à la tête. Enfin bref, on sait tous ce que c'est, c'est le jeu !

J'ai tout de même trouvé un job, ponctuellement, pour nettoyer les bateaux de loc. J'ai bossé deux jours, et j'espère bosser encore avec eux. C'est un boulot cool ; je carbure à fond pour faire reluire les cales et les chiottes des boats, sur les mélopées de « Radio Transat », qui se rapprocherait un peu de notre « Nostalgie » national. J'ai un unique collègue, cool, technicien, qui me fout la paix et qui est sympa. Je lui ramène le midi du café frais avec un sucre, et il me raconte son projet de crêperie dans les Pyrénées. En revanche, je considérais  mon patron, au début, comme un beau gosse fort antipathique et franchement glacial-congelé - mais, en fait, non. Il a fini par me sourire au bout du deuxième jour, sisi; et ce matin, je suis allée le voir pour chercher ma paye: il m'a fait plusieurs grands sourires, sincères jusqu'aux oreilles, et avec toutes les dents - incroyable, j'en revenais pas. J'aime bien bosser avec eux, je les aime bien; ils me font confiance, et je bosse bien, je crois. Je devrais rebosser, les week end surtout, jours de rush, où ils recherchent du monde (apparemment les guadeloupéens préfèrent rester en famille le weed-end). Je continue quand même mes prospections...

J'ai postulé dans une autre boîte tout à l'heure, où je me suis présentée d'emblée comme cherchant un poste d'hôtesse « Ah, ça, je prends ! », me lance la patronne. Heu... j'ai l'air très sûre de moi, mais j'en mène pas large, au fond ! « Vous êtes disposée à faire des ménages, aussi ? » Ah oui oui oui. Je demande combien de jours, en moyenne, je passerai en mer. « Minimum 9-10 jours, parfois plus. » Bon, allez, on verra bien ! Ca peut être une belle expérience.

Je m'étais remotivée pour ce taf, puis dégonflée. Dav et Jérem m'avaient boostée à bloc et on avait établi un menu hebdomadaire, sur les conseils de notre nouvelle voisine et son chéri, Isa et Gwen.

Je devais m'entraîner et Dav m'avait même donné l'idée d'amener des rochers coco à la première patronne que j'étais allée voir la semaine dernière (une nana sympa mais exigeante, qui m'avait proposé un boulot d'hôtesse-cuistot) pour lui prouver que je savais quand même cuisiner à la locale, et au pire, ça l'aurait au moins fait rire.

Mais, hier, j'ai essayé mon « upside-down mango », nom ronflant qui désigne en fait une modeste tarte-tatin à la mangue. J'ai pas été foutue de faire un pauvre caramel. Merde ! Mais j'en faisais quand j'avais 10 ans ! Trois fois, j'ai essayé ; trois fois, j'ai raté !! Dav a pris le relais pour le quatrième, mais a triché, en rajoutant de la grenadine pour colorer ; oh, éliminé ! J'ai voulu me consoler avec mes gougères au fromage. Première tournée, pas mal, mais raplapla. Deuxième fournée, j'y avais ajouté par inadvertance un bon paquet d'huile d'olive (Oups ! Non ! C'était pour le pot d'à côté, pour la vinaigrette!) : résultat médiocre. Enfin, pas de regret, de toute façon elles étaient brûlées.


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Mes trois pauvres caramels!


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Dav et sa sucette caramel grenadine


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Et l'état de la cuisine, tout ça pour ça. Notez la sucette, au coin en haut à gauche, qui a mal fini.


Enfin, bref, je continue aujourd'hui ma tournée Colgate, quand même, et les gars bossent avec le voilier ; qui est décidément étonnant et impressionnant, et humainement vraiment chouette.


Ce week-end, aucun de nous trois ne bossant, on est partis au mouillage à l'îlet aux cochons (et pas la baie des cochons, comme je dis idiotement à tue-tête). Un îlot désert et peinard, dans la baie de Pointe à Pitre. On aime le mouillage, tranquille. On se pose, déconnectés de la ville, sans tentations ou sollicitations extérieures, on se recentre sur soi ! Rythme mouillage !

Pendant que je m'entraînais à mon menu hebdomadaire, Dav bricolait (même dans le noir à la lampe frontale, pour dire que c'est un acharné) son guindeau électrique trouvé dans la poubelle (Dav : « Certes, il est trop petit pour notre bateau, mais on ne sait jamais, ça peut servir ») ; saucissonnait le moteur d'annexe d'occasion acheté 30 euros chez Anke (ship-o-case) car c'est le même que le nôtre (Dav : « Certes, il prend un peu de place, mais toutes ces pièces détachées, c'est génial, c'est pas cher ; on ne sait jamais, ça peut servir ») ou réfléchissait à des innovations (« On ne sait jamais, ça peut servir »). Pendant ce temps-là, Jérem restaurait le sextant acheté une poignée de dollars (chez Anke, toujours!). Un sextant, c'est un instrument permettant de déterminer la latitude, et donc la position du navire, en se basant sur la position des astres ; par exemple en mesurant la hauteur du soleil. Jérem découpa une glace de la salle de bain pour remplacer son miroir oxydé. Pendant ce temps-là, abandonnant mes exploits culinaires, je dévorais un livre chopé chez Anke, oui encore elle !; elle a toute une bibliothèque formidable, c'est gratuit, tu apportes un bouquin en échange si tu veux, sinon c'est pas grave !


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Dav à son guindeau; Jérem à la couture de son pot de fleur suspendu, pour sa noix de coco germée. Ca cogite!


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Vas-y, montre!


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Héhéhé.


On inventa aussi le water basket-ball, avec un haveneau (filet à grosse mailles) accroché au cul du bateau, faisant office de panier. Tuant ! Jérem et moi nous étouffions de rire à observer Dav, attifé de son maillot orange/gilet de sauvetage, se battre pour chercher la balle partie au loin. On en buvait la tasse de rire.


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Water basket-ball


On fit du surf en annexe, dans les vagues vers l'entrée du chenal. On s'est prise une des ces vagues avec Dav !! Juste avant de tomber en panne d'essence, et faire le plein dans les vagues - sans glisser une goutte d'eau dans le réservoir, c'est pas triste ! C'était assez grisant ! Les oreilles de Tos voltigeaient dans les creux ! On fit aussi du long board tracté ; Tos aussi : elle tint 30 secondes sur la planche (avec un air un peu bovin, faut avouer. Pauvre bête.)

On alla chercher des noix de coco sur la plage, on se baigna, et le week-end passa doucement...

Voilà... les nouvelles ! Et aujourd'hui, lundi, on est retournés au port pour bosser . Le port, c'est plus simple que le mouillage, niveau organisation à trois ; et on retombe sur nos pattes financièrement. On ne sait pas encore combien de temps on restera ici, mais l'objectif est de renflouer notre caisse de bord, pour tenir jusque cet été, et rentrer à Morlaix sans être trop à sec ! A mon avis, on est là pour un bon mois. On est contents de travailler, mériter encore notre voyage, et ça nous change un peu du bateau, on se déconnecte un peu ! C'est aussi stimulant ; les gars apprennent plein de trucs... Reprendre un rythme de boulot, ici, au soleil, n'est pas désagréable. On vous redit dans une semaine !! Héhé !

On est bien. A l'heure où j'écris, et où je vais enfin pouvoir mettre ce site à jour ; si internet le veut bien ; il est 13h30 soit 18H30 en métropole. Je viens d'amener des sandwiches au gars, faits avec amour, s'il vous plaît, et avec un thermos de café, et un petit sucre emballé pour Jérem.

Je vais reprendre ma tournée des boîtes cet aprèm. En croisant les doigts !

A très bientôt ! Et merci encore pour les mails et les messages ; faut pas hésiter, nous aussi on aime vous lire !! Ça nous fait toujours chaud au cœur !!! Et on sait pour qui et pourquoi on écrit !!

Bises !! Kenavo !!!


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Tos, qui s'est jetée à l'eau pour choper les dauphins, retenue par le colback par Marie, car elle fonçait sur les navettes!


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