Madère, Acte 2. Echappées belles!

Madère, Acte II. Echappées belles !

Dimanche 23-Mercredi 25 Septembre 2012

Nadine la tempête nous ayant posé un lap...(un "grandes oreilles", me hurle Dav! Mot banni du langage marin!! Ils sont tous tarés avec ça) nous nous sommes gaiement échappés vers la Madère intérieure, aux aurores, pleins d'entrain pour une belle journée dominicale de marche. On -c'est à dire Nico, Tristan, Jérem et moi, le Fletcher s'étant fait la malle- a repéré une rando "Chaudron vert" et "Chaudron de l'enfer", pleine de promesse. Nous nous plantons sur le coup du bus (Jérem vient de me dire que non, c'était prémédité, ah, bah c'est malin!) et devons marcher 2 fois plus que nécessaire, mais quand enfin nous délaissons la route et les indics éberlués ("Vous avez 2 jours? Parce que vous êtes pas arrivés!") pour la luxuriance de la forêt: le bonheur.

On suit alors un sentier des levadas, système d'irrigation ancien qui abreuve les coteaux et vallées de l'île, utilisé encore aujourd'hui. Rapidement, le sentier se rétrécie, pour ne laisser de place qu'à une seule personne, pour se doubler, ce n'est pas triste! On longe les parois de la montagne, ruisselante d'eau, de fougères et de mousses. De l'autre côté, une corde fait office de sécu, car on surplombe le vide, qui se dévoile peu à peu, les arbres se faisant plus rares. Et peu à peu, une vue époustouflante, des montagnes tombant à pics, verdoyantes, une végétation impraticable, complètement sauvage; le chant des ruisseaux et des cascades. On en croise une sur notre chemin sous laquelle on se jette illico! On s'enfonce dans de multiples tunnels, parfois très longs, très humides et très bas, tous régnant dans un noir implacable où sans lampe-torche, c'est la crise de rires! Et-enfin!-la cascade du Chaudron vert, sous laquelle on se jette en hurlant de joie et de froid, traversant en soufflant et souffrant sa vasque naturelle- le tout dans un cirque grandiose, magnifique, écrin de verdure et festival de fougères, bref, vous l'aurez compris, c'était vraiment génial. Moi j'étais folle de joie de retrouver mes montagnes et faire courir mes guiboles. Cela avait beau être un sentier aménagé, on était tout de même immergés dans une beauté sauvage -et la brume, qui courait sur les versants à la fin de la journée, rendait encore plus sublime le tout. Nous n'avons pas pris de photos, mais vous imaginerez que c'était superbe, et sincèrement, le lendemain, j'en voulais encore-même après 10 heures de marche en tout!

Jacky et Dav ont pendant ce temps fait un tour en bagnole toute la journée; Jacky faisait son Jacky en faisant crisser les pneus dans les cols pendant que Dav serrait les dents et les fesses, en hurlant de peur et de rire, cramponné au siège. Ils contaient fleurette aux vaches qui dormaient sur les routes et ont sillonner la moitié de l'île. Ils se sont bien marrés je crois!

Et c'est fou le nombre d'arbres fruitiers croisés dans les vallées! Une orgie de fruits!! Bananes, fruits de la passion, avocats, raisin, citrons verts et jaunes, mangues, grenades, oranges, figues, clémentines, pommiers, poiriers, châtaignes, noisettes... et des inconnus (chérimoles? corrossols? )... même en ville, tu te retrouves fréquemment nez à nez avec un régime de banane. Les vignes s'épanouissent sur les flancs des montagnes et sont taillées de sorte que les rameaux se déploient sur un treillage en bois, et les raisins galopent sur l'horizontale. Il semble difficile de tenir debout sous ces tonnelles et de plus les pentes sont très fortes, si bien que vendanger ne doit pas être une sinécure ici!

Par contre, on se demande d'où vient le "bœuf de Madère", car après la très sérieuse enquête de David et Jacky il ne semble ne pas y avoir la moindre exploitation. Enfin, de petits troupeaux, qui comme en Corse sont là pour faire office de régulation de vitesse sur les routes. Alors, cette légende de bœuf Madère? Et la sauce Madère? J'ai pourtant mangé la meilleure barbak de ma vie ici! D'où vient-il? Des Açores? On croise dans les rayons du supermarché du lait et du beurre des Açores. On ira se renseigner, c'est un sujet fondamental.

Ici, ils tirent une grande majorité de leur économie du tourisme, qui, malgré la crise, semble très bien se porter. Parole d'un chef d'entreprise. Mais les jeunes nous confient à contrario que c'est la merde. Ils aspirent tous à se barrer et beaucoup émigrent en Angleterre, en Europe du Nord. Ils nous disent qu'il n'y a pas de boulot ici; surtout pour les mecs, c'est dur. Le SMIC, avec les restrictions budgétaires dues à la crise, serait passé à 350 euros par mois. On a cru rêver. Madère, pourtant province portugaise... en "crise", certes... mais... Et nous, qui nous baladons sur nos coques de noix à travers les mers, pour le plaisir... Beaucoup, comme les pêchous, ne comprennent pas. Si jeunes, on ne bosse pas, on vit de quoi?

Alors que jusque là, en France, Espagne et Portugal, je ressentais à notre égard une légère suspicion, surtout dans les ports et les villes (pieds nus, un peu roots, des clébards, pas beaucoup de thunes, nous étions à l'opposé des clichés du monde flambeur de la voile), ici, nous ressentons un autre décalage. Nous sentons que nous sommes privilégiés. Même si on s'acoquine des gens comme nous, simples, des pêchous, des travailleurs, qu'on vit simplement, on ressent légèrement cette défiance, dans l'autre sens dorénavant. On est devenus des riches insouciants. Jeunes, qui plus est! Quoi de plus scandaleux?! Pas la peine de leur expliquer que t'as trimé dur pour ce bateau, que c'est ta maison et qu'il appartient de toute manière encore à la banque, c'est pour eux dans tous les cas inconcevable. Ils s'imaginent que cela vaut des millions un truc pareil. Que tu es riche. Et c'est vrai, finalement! Tout est relatif! Pour l'instant, ce n'est pas un sentiment profondément marqué, mais la transition s'est opérée. Plus on descendra au sud, plus on en sera touché. Au Cap Vert déjà, on quittera l'espace Schengen, sa bureaucratie, ses lois et sa sécurité. Et son fric. Je ne sais pas comment on va vivre le truc. Je veux dire comment porter la culpabilité de nos colonies-et de nos économies-surtout en Afrique. On a jamais voyagé au delà de l'univers occidental (New Zélande, States pour Dav, Europe pour moi) et on a entendu pléthore d'histoires et clichés, qu'on entend faire éclater ou vérifier... Mais c'est aussi le but de ce voyage, se confronter à nos peurs, nos stéréotypes, et surtout, eh bien! découvrir, hors des pistes, se faire des tas de potes et se faire adopter par une famille cap verdienne, et tout ça! Je veux dire par là que nous ne sommes pas naïfs, que nous avons conscience des barrières de toutes sortes, mais nous y recherchons surtout les belles rencontres! Enfin, je m'étalerai plus tard sur le sujet.

Pour l'heure, on a tout de même pu se frotter aux inconvénients d'être étranger et de ne pas parler la langue. D'être vulnérables. Pour sortir le bateau de l'eau, on est passé par un mec qui tient un ship sur le petit port de Machico. Pour éviter de passer par la marina de Quinta qui nous avait gonflé les prix pour toucher sa com'. "Mah! C'est la mafia, ça, la marina!" rit Felipe, notre entremetteur. Ok, alors, marchande avec le chantier pour nous, dis ton prix, ok, ce sera ça, on paye pas un kopeck de plus. Vendu. On sort le bateau 2 jours après, à Caniçal (le port de pêche où on avait fait la bringue une semaine avant). Ca commence mal. A peine on arrive au chantier naval (pas bonjour, ni rien) le travel-lift passe ses sangles sous Jeu de mer, en 5 minutes on est déjà soulevés. Le moteur même pas éteint, c'est dire comme ils étaient speed!! "Hé!! Mais ils sont tarés! Ca tombe on est morts!" Dav est furieux: ils n'ont pas pris la peine de nous faire descendre du boat ou de nous demander notre avis, qu'on est déjà suspendu dans 10 mètres de vide au dessus de l'eau, puis du béton. Tu imagines pas ça en France! On se regarde. Air entendu. Ca commence bien. Je peux vous dire que ça mouftait pas dans le cokpit, pas fiers de ce tour de manège imprévu. Puis Jeu de mer posé, Tos descendue tant bien que mal, on constate que la quille rentre légèrement dans le bateau (les planchers sont soulevés). Putain. C'est normal ou quoi? C'est grave? L'année dernière, on l'avait sorti, mais on ne se souvient pas de ça. C'est une coque plastique, ça se déforme sans craquer normalement, mais on était énervés!!! GRRR. "Et ça t'écorcherais la mâchoire de me faire un sourire, hé ducon?" On était vraiment en colère, ils étaient franchement cons!! Tous des têtes de mafieux. Ca puait entourloupe. "Dav? Et le devis? L'assurance? Ok, je me tais, j'en rajoute pas." Un mec nous aide à passer un coup de Karcher, puis on bourrine tous les deux pendant des heures, pressés d'en finir. On appelle ça le carénage, pour votre culture, copains terriens! On ôte toute trace de l'ancienne couche d'antifooling, pour en appliquer une nouvelle. L'antifooling est une peinture qui empêche, un tant soit peu, la coque immergée de l'agression des algues et crustacés qui pourraient y folichonner! C'est très toxique et pas écolo évidemment. On avait sorti le bateau il y a 1 an et demi, refait la couche "primer" (qui a très bien tenu, Peter!), puis l'antifooling, et repeint toute la coque en gris. Là, ce fût juste 2 couches d'antifooling, basta. Et le joint de la quille quand même. On n'a finalement pas changé l'hélice, trop chère. On gagnera de la vitesse, de toute manière, sans tous ces baobabs sous la coque!

Puis, en ouvrant le premier pot de peinture, oh! Il est à moitié vide! Et le second? Oh, il a l'air vieux!! GRRRR. On bout. Après 5 minutes de forte inspiration-expiration-ventilation et une douche froide au tuyau, on se calme et quand Felipe rapplique on est redevenus zen. Et on commence à croire qu'il n'est pas si vilain que ça. Il a l'air sincère, bon. Il rapplique 20 minutes après avec un nouveau pot, un Jacky et un Nico passablement éméchés (il les trimbale dans sa fourgonnette depuis 14h et ils font la tournée de la région et des bars, alors qu'ils étaient partis pour une mission gasoil). Ca se finit bien, la première couche est nickel, on est soulagés. Et finalement on a passés une bonne journée, tous les deux, à peindre peinards. Felipe, Jacky et Nico reviennent nous chercher le soir car on a pas pu prendre le bus (pas de chien!) et c'est parti... Tournée des bars ignorés des touristes, où on se baigne dans le "poncha" (punch) aux fruits de la passion (le tout fait devant toi, de l'orange pressée au savant touillage), et le "Pé cabra" (pied de chèvre) un heureux mélange de stout, de Nesquik et de vin rouge. Si! Et c'est bon! La recette pour 5 verres, car il ne faut pas mourrir idiot: 3 verres de 20cl de vin rouge, 3 cuillères à café de Nesquik, 2 bouteilles de 25 cl de bière noire (stout) , citron en tranches, galçons. Le tout bien touillé!! Ils boivent ça pour se rafraîchir. C'était bon, mais j'ai mis 2 heures à le boire, trop occupée à mon sande (sandwich tout chaud) "bife especial". Hum! Le régal! On a fini sur le port de Machico, un peu chicots. A 4h du matin Nico et Tristan sont partis pour les Canaries sur leur Naïa, frais comme des gardons, ou presque! Accompagnés par nous sur le Marguil dans la baie, tournant tous les deux, à deux bateaux, en s'égosillant autour du Fletcher au mouillage qui venait d'arriver dans la nuit. On a bien dormi après.

Le lendemain, on a fini notre seconde couche d'antifooling, Jeu de mer a vraiment la classe! Voyez plutôt!

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                                        Avant                                                                             Pendant!  Marie en pépète                                               Après ! Dav en tenue de combat

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Travel - lift

On était contents! Par contre, la plus belle gueule de bois fut celle du prix: Felipe nous a fait une entourloupe sur le prix de la peinture, ou alors on s'est mal compris, bref, il n'avait pas été clair, et nous voilà avec une facture majorée de 300 euros. On était dingues. Voilà, on le savait, les devis, c'est pas pour les chiens, et on s'est fait enflés, on le saura, et tant pis. Bref. On est repartis sans dire au revoir, écœurés. Un peu inquiets en mer: "On prend l'eau alors ou pas?" Non, ça a l'air d'aller (le coup de la quille!). Et Jeu de mer file mieux sur l'eau, moins freiné. Enfin, on pense, car le speedo (le speeddomètre calcule la vitesse du bateau sur l'eau) ne fonctionne maintenant plus. Poin poin!

Mais voilà une bonne chose de faite, pour 2 ans au moins (si la peinture n'est pas coupée au jus de bétel! Mais je suis mauvaise langue!)

Voilà, et le moral repart. Mais il pleut des cordes! C'est l'hiver! On va pas se plaindre non plus. La joyeuse troupe du Fletcher est revenue et demain on se fait une rando, à la poursuite du Chaudron de l'enfer qu'on n'avait pu faire avec les gars dimanche! La suite du Chaudron vert! Yeaaaaah!! Génial!!! On part vendredi ou samedi. On veut juste être aux Canaries pour l'anniversaire de Nico le 3 octobre!

Au programme aujourd'hui, sous la pluie: avitaillement et couture voile !

Enfin, on pensait gentiment avoir à récupérer en tête de mât notre bout de voile. On est monté au mât pour ça... on la récupère, tout va bien... mais là, on voit que le réa de la GV est cassé. Le réa, c'est une poulie qui envoie la grand-voile(GV) en haut. Cassé, plus de GV. Catastrophe. Trouver un réa comme ça ici, quelle mission! Et après, il faudrait ôter la tête de mât pour le changer (ce sont des réas fichés à l'intérieur, on ne peut pas les réparer sans accéder à l'intérieur du mât), et pour démonter la tête de mât, il faut ôter l'étai et le pataras (des cables qui tiennent le mât à l'avant et à l'arrière du bateau) et toutes les drisses (bouts qui envoient les voiles)... Refaire l'électricité... Et en haut, tu te tiens comment sans drisse? (Quand on monte au mât on s'attache à une drisse, sécurisée par des personnes en bas). Donc, pour résumer, il faudrait démâter. Non merci. On l'a fait il y a 5 mois. C'était épique (on soulève le mât à l'aide de deux bateaux de chaque côté) et encore nous étions chez nous, une dizaine de copains à nous aider.

Réquisition de tous les cerveaux disponibles: bon, comment on va faire? Finalement on trouve une solution: on change de place le réa de balancine qui servira désormais pour la GV, on place une poulie volante pour la balancine, et on intervertit la drisse. C'est Jonath, qui grimpe comme un chimpanzé, qui se propose de faire. En une heure, c'est fait! On verra si ça fonctionne, mais il y a des chances! On est soulagés! Jusqu'à la prochaine fois, comme dit Jo en se marrant! C'est vrai! Mais ça y est, c'est reparti, voilà les deux voiliers déjà à réparer la GV, et Jo qui prend des cours de couture.

 

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                                                 Réparation du réa                                                                                Couture voile, sur notre vieille machine incroyable, désormais adulée et adorée

Je vous dis, la voile, c'est pas triste! Mais c'est ça le voyage!

Une dernière chose: j'espère que mes récits ne transpirent pas trop la négativité, car c'est bien tout le contraire de ce que je souhaite! Je veux dire que je parle aussi des aspects moins roses du voyage, mais que ce n'est en aucun cas pessimiste. En parcourant quelques blogs avant de partir, j'étais surprise de constater que ne transparaissaient souvent que le positif, les photos géniales, les souvenirs merveilleux. Certains rétablissaient heureusement la réalité! Les coups durs font partie intégrante du Voyage, et si on les raconte c'est par souci d'honnêteté, et parce que ce sont des moments forts, dont on rit souvent après coup. Le voyage sans galères? Ce serait franchement mortifère!

C'est dur parfois, mais tant que la joie et la beauté contrebalanceront les coups durs, on avancera. On est heureux, je crois. Enfin, moi, oui!! Dav aussi, je pense.

Voilà, ce fut un jour comme un autre, mercedi 26 septembre 2012, qui se passa à Machico, Madère, Atlantique. Qui se terminera par une soirée jeux au bateau (avec un délirant Cranium!), jour de pluie oblige...

On vous embrasse!

PS : Jeudi 27 Octobre 2012. A la poursuite du Chaudron de l'enfer !!!!

On se l'est fait! Quelle beauté!! Epoustouflant. Avec mes acolytes de rando Jo et Antoine (du Fletcher!) 11 heures de marche, (et ça commence mal: on rate le bon bus, on marche une plombe sur la route pour arriver au sentier!), journée géniale, puis pas de bus pour rentrer, pas de souci, on tape du stop, un bus nous avance 1km, un brésilien adorable et son fils haut comme trois pommes nous ramène à Machico, où on se paye une pizz pas bonne mais on s'en moque complètement, on finit la journée en beauté, heureux!!!

Quelques photos qui ne rendront jamais qu'une bribe de ce qu'on a réellement vu, et surtout ressenti!  ABSOLUMENT GENIAL.

 

 

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                                                                Levada du Chaudron vert...                                                  .... et un de ces cascades!! Où on s'est baigné dimanche! 40-50 mètres, à vue de nez?! 

 

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La vue sur Ribeira Grande

 

 

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                    Si on continue, on emprunte la levada du Chaudron de l'enfer... parfois non sécurisée - il y a un chemin bis.  Ca glisse, et en bas, c'est le vide! Seuleument 15 m ici, et c'est rare! 

      levada-chaudron-de-l-enfer-2.jpg    caldeirao-inferno.jpg

Allez, une dernière, la cascade du chaudron de l'enfer!

 

 

 

Demain, on file pour les Canaries; escale aux îles Selvagens!

Kenavo!

(Dommage, pour la traditionnelle photo finale, on avait un cliché génial de Dav en caleçon recostumisé à pois à l'antifooling, avec un trou mignon qui faisait de loin un coeur sur les fesses, c'était à mourir de rire, heureusement la photo ne passe pas, Monique, tu n'auras pas honte)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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