On ponce d'une main, un ponche dans l'autre

On ponce d'une main, un ponche dans l'autre. Mindelo et Santo Antao, mi décembre 2012

Yeah!!! Salut la compagnie! Excusez le titre nul, on ne fait pas mieux si tôt le matin. Ca résume cependant bien nos derniers 15 jours!

Bin Diou, il s'en passe des choses à Mindelo, quelle vie trépidante. Vous m'excuserez du retard pour le blog, mais entre les chantiers et les festivités, les rares moments d'accalmie sont réquisitionnés pour dormir.

Nous voilà toujours à Mindelo, Cap Vert, à quelques jours de Noël. Et ici, depuis quelques temps, on met une petite laine, et depuis 3 jours c'est nostalgie hivernale, avec petite soupe maison le soir; Dav a ressorti sa collec de bonnets et moi même la panoplie "hiver en élégance" avec mes collants, ma robe en laine et mes bottes une fois, pour faire ma pépète au festival à Santo Antao.


Ah! Ce festival, mes amis, quelle fête! Quel week end de dingue! Hourrah! C'était génial, the place to be. Souvenez-vous, je vous en avez parlé, c'était un festival en hommage à Cesaria Evora; dans le village de sa mère, où elle aurait voulu y faire son dernier concert, mais est morte avant. Du coup, grosse affiche, avec plein d'artistes avec qui elle a collaboré, et gratuit, s'il-vous-plaît.  Le cadre était grandiose, dans la vallée "Ribeira do Torre": une vallée luxuriante, croulant sous les bananiers et les champs de cannes à sucre, dingue.

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Le spot !


C'était extra, chaque artiste chantait 2/3 chansons. On était aux premières loges, avec Tos dans le fossé roupillant à côté d'un gamin qui ronflait sur mon sac à dos. Ça a failli tourner au fiasco, quand il y a eu une coupure d'électricité pendant 3 heures... Mais les gens n'étaient pas énervés (d'ailleurs on était étonnés de voir à quel point les gens étaient cool: personne ne se marche dessus en concert, ne se bat pour les premières places, ne se bouscule; très très peu de lourdingues bourrés ...) Les pannes d'élec, c'est leur quotidien, ils sont d'un zen! Du coup, ils ont commencé à chanter dans la foule d'un même choeur, puis on a fait connaissance avec nos voisins et leurs bambins, et voilà c'est parti, on n'a pas vu le temps passer. On avait bien les passes VIP grâce à Marta qui bosse avec la prod, mais c'était surtout pour user les toilettes, parce qu'on se voyait pas taper la discute à Bernard Lavilliers (Marta si mais elle n'a pas pu le piffrer, mais sur scène il envoie du steak, attention!!) ou faire ma pique-assiette en parlant la bouche pleine à Ismael Lo (dommage, il a l'air hyper sympa!). Et puis, explosion de joie au bout de 3 heures, les lumières se rallument, une à une, hourrah, go, c'est reparti!

Au bout de 3 heures du matin on commence à flancher, la morna et Cesaria ça va 2 minutes merci, mais ouf, vers le petit jour, quand le soleil réchauffe nos visages fatigués et fait tressaillir le paysage splendide, merveille!, voilà des groupes qui arrivent et qui te secouent comme un bananier en pleine tempête, oulala, tout le monde se réveille, se trémousse et se déhanche, c'est terrible et c'est génial, jeunes, vieux, faisandés, fous et rastamen, tout le monde, on voit les vieux endimanchés descendre de leurs hameaux le long des sentiers pavés et se joindre à la fête, et nous voilà essoufflés, à 10h du mat'. Fin.

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Un Thibault Evora éméché, Tristan , Nico, Antoine et moi, toujours vaillants à 9h du mat' sur les "Cordas do sol", ça déménageait!!



 On est plus que 6 de la troupe à avoir survécu, et on file se restaurer chez Vald, un mec adorable, qui tient un petit stand pour l'occase, mais qui n'a jamais fait ça avant: "Euh? Je sais pas combien ça vaut le plat, les cafés c'est pour moi, donnez-moi ce que vous voulez, bon d'accord je demande à mon frère, 800 escudos ça va?" Moins de 8euros pour un plat délicieux pour 6, plus un Thibault squatteur plus un peu pour un fou qui passait par là plus un peu pour Tos, ça va!

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Déjeuner chez Vald, riz en soupe de poulet avec Antoine, Tristan, Nico, Marta et Dav. Vald en chemise rose. Sur la 2ème photo, les mêmes, avec un inconnu et un fou, en jaune, qui communiquait par onomatopée, était absolument fasciné par Tos et vous collait des feuillets de dictionnaire kriol jaunis sous le pif toutes les 3 minutes.)


Puis, derniers blancs-becs à quitter le site, on file chez des habitants de la vallée, Tanhia et Armindo, où une troupe de copains est allé dormir.


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Sur la route pour chez Tanhia, à 15 minutes à pied du concert. Des champs de cannes à sucre, des cocotiers, des bananeraies, du manioc..


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 Bananier, manioc, champs de cannes à sucre

Super chouette. On a passé le reste de la journée à se la couler douce, à plonger dans leur piscine d'irrigation, à boire du ponche (oui, les gagas de scrabble, ça s'écrit comme ça!) maison fait par Armindo et manger une tambouille deTanhia. 


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La vue vers chez Tanhia et Armindo, vers le village Xoxo! Quel beau pic, n'est-ce-pas? Devinez comment les gens l'ont nommé!!


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A la piscine au dessus de chez Tanhia et Armindo!! Au milieu des bananiers! Et là, un "YMCA" raté. Le début est bien, sommes bons élèves... Puis un A pas à sa place,  un C à l'envers et un M à la fin au lieu de début. La faute au ponche, certainement. Et là, Antoine en banane! J'espère qu'il ne m'en voudra pas, j'ai pas pu résister!!


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Plâtrée chez Tanhia et photo de famille!



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La grand-mère, qui danse avec Dav. (Il paraît qu'elle lui a mis une tape sur les fesses! Ho!! ) Les gamins nous offrent des cannes à sucre, à sucer, hum!



Puis zou, on rentre au ferry le soir, avec l'aluguer d'Armindo (un pick-up aménagé pour trimballer les gens) et une bouteille de ponche offerte par la famille, qui cultive aussi la canne à sucre.


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Dans l'aluguer! Julie au ponche!


Sur le ferry c'est encore la fête, la musique, les zicos, violon, guitare et flûte, oulala! Et le soir, quelques-uns ont encore continué à faire les andouilles en ville, mais les filles ont déclaré forfait!


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Quel week end! Et encore, tout la journée avant le concert, on s'était fait la visite de quelques-unes des vallées de Santo Antao, avec mon amie Marta et Christophe et Chantal (un couple qu'on avait rencontré à Madère)  et 3 autres gars! Et mangé local pas cher. Et retournés chez la maman de Carlos prendre le café, pour manger des biscuits à la banane et des beignets de coco ( Carlos était le conducteur de notre premier aluguer, quand nous étions venus la première fois). C'était super, même si avec Dav on l'avait déjà vu l'île avec sa famille deux semaines avant; on était heureux, c'est tellement beau!!

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Chez la maman de Carlos



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Au détour d'un virage. La seule chose que cette môme ait réussi à me dire avec sa pomme verte, c'est "tu veux? Bon pour constipation" Euh,  non merci, mon transit va bien.



Voilà, et depuis on atterrit de ce week-end fabuleux. C'était ressourçant, ça nous a fait à tous un bien fou. Et on a été complètement subjugués par les gens. D'une gentillesse lumineuse, dans les villages... Rien à voir avec Mindelo, qui n'est pas si terrible que ça, allez, mais où on ne ressent pas cette amitié simple et sincère. On était parfois dans le trou du cul du monde, et les gens étaient cool; ça nous a retourné.

Je râle de ne pas réussir à instaurer des liens avec des gens à Mindelo, pestant qu'ils sont froids, à part les mecs qui veulent te vendre un truc; mais à bien y regarder, on ne bouge pas trop nos fesses du bateau non plus, et on se cantonne souvent aux lieux lambdas: on va rarement plus loin dans les quartiers, on ne prend pas trop le temps. J'exagère, mais j'ai l'impression d'être plus frileuse qu'avant. Est-ce le fait d'avoir un bateau, qui nous freine pour aller comme on aime à la rencontre des petits villages, des quartiers en marge, des gens et des spots inconnus du tourisme, pour retrouver les vrais sentiers de baroude, le sauvage? La flemme? That's the question! Ou le boulot?!! Ah! Il a bon dos! Mais nous y voilà!! On n'arrête pas!



C'est reparti pour un nouveau chantier de folie, à strater toutes les varangues du bateau (ce sont des pièces transversales en bois qui consolident la coque du bateau). Ils ont souffert du carénage à Madère, le bateau ayant été mal posé sur les bers (les poteaux qui tiennent le bateau quand on le pose à terre pour nettoyer la coque) par ces connards de bandits du chantier. Rien de grave, mais Dav préfère consolider et hop c'est parti. On y rajoute de la fibre textile (fibre de verre) imbibée de résine polyester. Du solide!

 Jerem et Théo (charpentier naval, ça tombe bien!) nous filent un sacré coup de main pendant 2 jours.

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Jérem, au ponçage, Théo à la fibre textile. Dav dans notre plancher desossé. Moi au ponçage plancher, mais je ne suis jamais sur les photos, quelle ingratitude! Mais matez-moi ce chantier!!!


Ça ponce, ça résine, ça joint-congère, ça découpe, ça va toujours plus loin, tiens, sous la table aussi, zou débarrasse-moi le plancher et ça ne s'arrête plus stoooooop!!!!

Deux jours que le bateau est sans dessus dessous, on n'en peut plus, c'est Babylone. Moi je suis préposée ponçage et vernissage du plancher, entre deux poussées de fièvre et des spasmes de toux à se décoller la plèvre (j'ai malmené  mon corps au festival! J'ai plus 20ans!! Hi!).

Les gars ne sont pas mieux, à sniffer de la résine et de la fibre, je vous dis pas le tableau, sont complètement shootés, et j'endosse le rôle de la mégère, puisqu'il en faut une, en gueulant "Mettez vos masques ou j'éborgne le premier qui chope un cancer". Mais ce matin tout va mieux, la résine a séché!! On a eu un peu peur! Hourrah!




Sinon, quelles nouvelles? Les parents de Dav sont partis depuis 15jours; Marta est venue pour le festival, est repartie bosser à Praia et revient pour Noël;  Naïa et nos trois compères Nico Tristan et Antoine sont partis pour les Antilles  mardi 18, Kairos (avec qui on était en Casamance) lundi.



Nous, on ne traverse que début janvier, on finit nos chantiers: on a de quoi s'occuper avec un perfectionniste pareil. On passe les fêtes avec Marta qui rapplique samedi pour 2 semaines, et voilà. Petite rando à Santo Antao prévue, et bricoles toujours (et promis, j'établis une liste des heures de chantier-perfectionnement et je postule au guinness record).


Sinon, on se sent de mieux en mieux à Mindelo. On a nos petits repères, nos connaissances, nos petites Mamies à légumes, notre Mama bananes, notre Mamie fromage, le lieu secret du beurre salé quand il n'y a plus rien au supermarché, notre Mama tissu à qui on a commandé avec Julie des fringues sur mesure (une jupe et un vieux sarouel à moi en tissu africain, pas mal du tout, pas cher pas cher), et mes balades à la plage avec Tos et les gamins et les dragueurs et les pêcheurs et tout ça. Les petits rades qui payent pas de mine, la musique omniprésente, les gens qu'on connaît et qu'on salue gaiement dans la rue, la capoeira (ouiii!!!!!)...


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Capou à Mindelo. C'était un soir de remise de ceintures aux enfants. C'était taré! J'ai fait des films, trop lourds, mais je vais essayer de les poser dans la rubrisue vidéos, pour l'étrenner, enfin!


Ah! La capoeira! Et La musique! On se fait parfois de sacrées virées musicales! Excellent!

Ici les gens sont pauvres, il paraît que le salaire à la capitale est de 500 escuedos par mois (environ 450 euros) pour un salarié dans une bonne entreprise, mais ici une fille au bar touche dans les 80/110 euros max par mois... Quand tu vois le prix de la vie ici, tu te demandes comment ils font. Bien sûr, il y a toujours le tarif touriste et le tarif local, mais quand même! Beaucoup de débrouille, de solidarité, comme en Afrique. Et les gars qui font le piquet devant les poubelles pour récupérer tout ce qui peut se sauver. Et beaucoup de prostitution aussi, la bagatelle pour deux fois moins cher qu'un paquet de clops. No comment. Un peu glauque.


Bon, je crains de rester sur une note négative, mais je n'ai plus rien à rajouter, l'inspiration est en fuite.

Finissons donc par une de rares photos de nous deux et la seule, messieurs-dames, depuis nos deux ans sonnés ensemble, pour laquelle nous ayons posé. Roulements de tambours, attention, la voilà!


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Et le petit bonnet de Dav qui se trimballe sur la photo! Voyez, au Cap Vert à Noël, on est toujours pas en slip!


A bientôt!!


Ah!!! A l'instant, on vient d'avoir la visite de Luis et Ibrahim, vous vous souvenez, nos potes pêcheurs à Praia! Ils sont arrivés au mouillage à Mindelo! Cool!!


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Ciao!














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