Transat Açores-Morlaix. Dernier épisode...

Transat Açores-Morlaix. Dernier épisode...


Mercredi 26 juin 2013, quelque part en Atlantique.

Salut les copains,

C'est en direct du point 48°30.357N 6°26.704W qu'on vous écrit. A quelques heures de passer le rail de Ouessant, et pas bien loin de Morlaix city. Nous y serons demain midi, si tout va bien ; si les marmules de l'organisation de l'événement « Terre et Mer* » daignent nous laisser passer la rivière de Morlaix, et si on ne se prend pas un filet de pêche dans l'hélice du moteur (qui tourne) comme on vient d'en manquer un.

(*Terre et Mer = un rassemblement de vieux gréements en baie de Morlaix, durant la première semaine de juillet. C'est la foire !)

Ah ! Si près du but, un peu d'adrénaline ! De grâce!
Un petit filet dans l'hélice, hop, et j'aurai pu vous raconter comment on aurait failli couler, comment on aurait dû écoper durant des heures, comment finalement on aurait quand même coulé et comment j'aurai pu mettre enfin en pratique ma théorie Survivor, en canot de sauvetage.
Avec un chien neurasthénique.
Vous raconter comment on aurait pêché avec des moules en boîte et récolté du plancton avec mes vieux collants nylon rouge framboise ; comment et à quelle dose on aurait bu de l'eau de mer et comment on aurait récupéré au presse-purée l'eau de la chair des poissons pour survivre. Et nous en tirer pour raconter si ça marche.
Ah, zut ! Un peu de suspense, que diable, du croustillant !! On s'ennuie , là !
Je vous connais, vous en rêvez ! De la sueur, des tempêtes, une attaque d'orque en rût, des caprices moteur, tout ce qui fait le piquant du voyage (après coup).
Oui, mais là, vous n'en aurez pas pour votre argent, mes pauvres ! Présentement, la mer ressemble à ça :



mer-d-huile-1.jpg

Lac atlantique


Une mer d'huile. Grise, épaisse, paresseuse, sur laquelle on glisse avec langueur, au moteur. J'ai l'impression de naviguer sur un immense pot de peinture gris souris, touillé légèrement par une immense cuillère, quelque part – juste de quoi faire apparaître quelques lumineuses ondulations en surface. C'est beau et un peu triste.

Et c'est déjà la fin du voyage, j'ai bien peur de n'avoir plus d'anecdotes crousti-fondantes à raconter ! C'est la fin....

Mais non ; c'est la fin d'une aventure, et les prémices d'une autre. Ça va être bien. On est heureux de retrouver le plancher des vaches, les amis, la famille, notre port pépère, nos galettes fromage et nos boissons des dieux. De faire vivre nos nouveaux rêves et projets. Contents (et fiers, et soulagés aussi!) de ramener Jeu de mer intact, sain et sauf lui aussi.
Plus que quelques 100 milles... plus qu'une vingtaine d'heures.

Ahh ! Dav vient de voir un sous-marin! Le flip ! Mais non, fausse alerte, c'est un cargo.



cargo-atlantique.jpg



Là, nous sommes scotchés dans une bulle (note du traducteur : bulle = zone sans vent) sans nom. Nous sommes au 10ème jour de navigation depuis les Açores, et nous n'avions pas prévu assez de gasoil.

Les ânes !

La loose...
Se retrouver à 100 milles de la maison, et rester tankés dans une pétole pendant des jours (note du traducteur : pétole = bulle)...
Et ne pas pouvoir passer le rail de Ouessant sereinement! Car il vaut mieux prévoir un appui moteur pour pouvoir fuir les cargos mastodontes qui filent à la vitesse du son et te décoiffent au passage.
Le rail de Ouessant, pour ceux qui ne connaissent pas, est une zone de trafic maritime au large de l'île d'Ouessant. C'est un dispositif de voies de navigation très contrôlé, qui soumet les cargos transitant par la Manche à des routes définies pour éviter les abordages. Un petit voilier qui a la bonne idée de passer par là doit serrer les fesses ! Ça ne plaisante pas !

Du coup, on était un peu emmerdés.
Car depuis hier, le vent s'est fait la malle, a des sautes d'humeur et on envisage divers scénarios pour nous en tirer : toper un cargo pour qu'il nous file du gasoil ou mettre un cierge en implorant Eole. Mais on n'a plus de bougies et pas un cargo en vue. Ou alors des énormes, de véritables usines à gaz. L'idée nous donne des frissons !
Nos copains de Just sail it en avaient fait l'expérience durant la transat Bermudes-Açores : ils avaient fait un appel au CROSS, qui avait dérouté pour eux un cargo, afin qu'il les dépanne en gasoil.
C'était la nuit, et durant quelques heures, dans un état second, ils se sont fait passer en tyrolienne 250 litres de gasoil, gratis, et des conserves, du coca et de l'eau en prime. L'équipage, grec, n'en revenait pas, les photographiait tels des japonais devant la Joconde (cliché nul, rhhooo la vilaine). Ils étaient ébahis qu'un si petit bateau (qui n'est pourtant pas si petit!) traverse l'Atlantique, avec trois jeunes loulous à bord. Tous ça gratis, avec le sourire, et une invitation du capitaine à venir passer des vacances en Grèce. Drôle, n'est-ce-pas ?


Nous, on aurait aimé éviter ça ! Ce n'était apparemment pas manœuvre aisée pour nos potes... se mettre à couple d'un cargo (à couple = s'amarrer à un autre bateau) de 200 mètres, cela a de quoi vous donner une petite suée.

Puis, hier aprèm, soudain, on aperçoit un bateau... qui se rapproche... tiens, il n'a pas l'air bien gros... un bateau de pêche. Dav me regarde, large sourire. Je me marre. Allez ? Entendu. Go. Je chope la VHF, réussit à les joindre sur le 16. En espagnol. Ce sont des pêcheurs galiciens. Pas le temps de faire de la littérature, avec mon pauvre vocabulaire, j'y vais cash : « T'as pas un peu de gasoil à m'dépanner, genre 20 litres, stp ?  - Un momentito, on va vous trouver ça. » Hip hip !!



appro-gasoil-atlantique-1.jpg

Notre dépanneuse Scaparia I 


Et les voilà qui déboulent, avec six gaillards sur le pont, appareils photo au poing. Je les accueille de grands signes de joie, et y'en a pas un qui bronche. Sourire horizontal. Voire à l'envers. Oups. On les emmerde peut être grave ? Sur notre voilier à la cool, alors qu'ils bossent dur. Bon bon bon. On ne se démonte pas !
Ils nous filent un bout (révision des premières leçons : bout = [bouteuh] corde sur un bateau), sur lequel ils accrochent un bidon de 30 litres de gasoil, traînant dans l'eau et qu'on remonte aussi sec. « -Vous en voulez encore ? -Non, merci, esta bien, c'est génial !!! ».


he-salut.jpg

Hé! Salut.


Et en fait, ils sont sympas ! Ils nous sourient enfin ! Ils nous filment à tour de rôle, Tos doit les faire marrer. A moins que ce soit nos tenues de combat délavées, notre espagnol pauvrichon et nos gueules défraîchies. On leur renvoie leur bout, lesté d'une bonne bouteille de rhum arrangé dans un sac pour les remercier ; un mec la réceptionne, jette un coup d’œil au sac et me lance un grand geste ravi, ça va trinquer ce soir!! Et hop, ils se barrent, aussi sec, ciao !!!

Et voilà comment est, sans ambages, la solidarité en mer. Simple, évidente. Tu me dois rien, tu l'aurais fait pour moi, quelqu'un d'autre le fera pour moi et tu le feras pour un autre. J'adore cet esprit...

Nous voilà donc sereins jusqu'à Morlaix. Même sans vent continu, on peut rentrer au moteur. Ouf !


Ahh ! Dav vient de voir un fou de bassan ! Il est dingue de joie ! « Un fou de bassan, ma chérie, un vrai !!! ». Parce que ceux des Antilles, les bruns, c'étaient des faux ? Et bien ! Si on m'avait dit qu'un oiseau le mettrait tant en fête... Et encore, je ne vous ai pas raconté quand il a vu sa première mouette aux Açores. On ne le tenait plus.



Sinon, cette nav fut plutôt monotone.

Le premier jour fut un soleil pimpant, qui redonna un peu de hâle à nos teints déjà ternes.

Puis un lourd manteau nuageux nous priva de notre session rayons UV gratis. Et tout devint gris. La mer. Le ciel. Notre humeur.
La mer devint forte, et pendant deux jours on subit la houle, chiante, fatigante. 3 mètres, avec des session à 4, avec 20 nœuds établis, et un vent très rafaleux, instable. Rien de bien méchant, mais chiant, fatigant.

Une nuit, j'étais de quart quand je me suis pris une vague déferlante de travers : un flot impressionnant envahit d'un coup tout le cockpit; je ne vis plus ni les filières ni Tos. Tous les bouts furent pulvérisés, comme tout ce qui traînait sur le pont ; le bateau partit au tas dans un bruit fracassant. Ça c'est passé tellement vite que je n'ai eu le temps ni d'avoir peur, ni de me jeter tout de suite sur la barre (c'est R2D2, notre pilote automatique, qui barrait). Dav déboula, paniqué (il faut y aller pour voir David paniqué ; disons qu'il était très pâle) : « Mon chien ?!! ». Quoi ? Ton chien ? Tu veux dire cette espèce de saucisse dégoulinante, douchée, pantelante, qui ressemble plus à un lévrier afghan trempé qu'à un golden retriever, qui me regarde d'un air penaud, en hurlant intérieurement « Mais quand est-ce-qu'on arrive, à la fin ?! ». Oui, il est là. Il a survécu à la vague, t'inquiète (mais pas ton sac de couchage, porté disparu). Ah !

La plaisance, c'est l'pied, quoi.



c-est-la-deprime-1.jpg

C'est la déprime.



Et là dessus, Fab nous appelle, pour nous alerter du sérieux grossissement de deux dépressions, qui vont se confronter : nous risquons d'y être pris en sandwich.
Fab était parti le même jour que nous des Açores, et se dirigeait vers le Nord de l'Espagne, y poser ses poulettes (ses équipières qui tricotent), et rejoindre enfin la Rochelle où tout le monde l'attend. Mais bam, warning de son pote routeur : le voilà qui doit foncer en Corogne se mettre à l'abri du gros temps qui arrive. Fab... Plus un crédit téléphone pour télécharger une météo, mais qui utilise ses dernières secondes pour nous mettre en garde.
On aime bien Fab. Il est génial. C'est un mec très fort, excellent marin, mais d'une grande humilité face à la mer et de son niveau. Il préfère rester au port (aux Açores), ronger son frein, planter tout La Rochelle qui l'attend, son boulot, tout, mais qui mise la sécu et celle de ses tricoteuses avant tout.
Bref, après ces nouvelles, nous n'étions pas très rassurés. Mais finalement, nous étions heureusement plus haut que lui, nous sommes donc passés après les dépressions (que lui a dû endurer)  et au bout de deux jours la mer se calmait pour nous.


                     terre.jpg terre-2-1.jpg terre-3.jpg pff.jpg

                                              Terre?? Ca sent la terre?                                    Snif ?                                                       Snif?                                                        Pff...



Heureusement, pour nous remonter le moral, on a eu droit à des visites de baleines. Les trois premiers jours, elles sont venues quotidiennement nous rendre visite.
On les devinait au loin grâce à leur souffle puissant. Elles évoluaient souvent en groupe. Parfois elles étaient plus proches, et on les voyaient sortir de l'eau. Il y en a une qui a surgit à 20 mètres du bateau ! On l'a très bien vue. On en a frémit de plaisir et de peur. Nous pensons que ce sont des rorquals communs, qui peuvent faire jusqu'à 24 mètres de long. Jérem en a aussi vu un plonger sous l'avant du bateau : il a eu la frousse de sa vie !

Une visite plus discrète, mais qui me ravissait à chaque fois : quelquefois, on apercevait des physalies qui se déplaçaient au gré des courants. Je suis aux anges à chaque fois, je ne sais pas pourquoi, mais elles me font marrer. Quelle étrangeté, ces méduses, avec leur voile bulbeuse, gonflée, transparente bleu ciel, au liseré rose fluo ! Qui se baladent tranquillement sur les flots, poum poum poum. Propulsées par leur voile, qui leur sert aussi de flotteur. Bonjour Madame ! On les appelle aussi « vaisseaux de guerre portugais » ; je ne sais pas si je vous l'ai dit dans un billet précédent, je radote sûrement, je suis intarissable sur ces méduses cosmiques. Leurs tentacules sont redoutables. Jusqu'à dix mètres de long. Il paraît qu'on peut les observer échouées sur la plage en Bretagne, je n'en ai jamais vu. Bref.

Une autre visite, plus impromptue, fut celle des Kiklack ! Vous savez, ces cinq loulous rencontrés aux Bermudes, et avec qui on fît la découverte des Bermudes et des Açores. Ils étaient partis du port de Terceira (Açores) quelques heures avant nous ; on les retrouva au milieu de rien au bout du deuxième jour. Pendant deux jours on put se suivre, et communiquer par VHF. J'ai même fait une bataille navale avec Max, et j'ai perdu.



les-klacks.jpg

Les Kicklak, croisés au large des Açores! Hé, dites! Vivement un petit brin de ménage sur la carène!


Et, bien sûr, nous eûmes droit à nos dauphins. Tous les jours, voire plusieurs fois par jour.
Tos en devenait cardiaque.
Elle faisait bien son 100 mètres en 15 secondes, de l'avant à l'arrière du bateau. Elle en dormait sur les passavants, pour guetter l'éventuel coquin qui viendrait chanter sous son nez. On eut droit à des loopings et des figures rigolotes en guise d'adieux. « Au revoir, en vous remerciant d'avoir choisit l'Atlantique pour vos vacances, revenez nous voir ! ».



dauphins-2.jpg



Sinon, niveau pêche, ce fut le fiasco total. Le bide. Zéro. On a même perdu notre leurre fétiche, Tiger fire. On est dégoûtés ! Allez quoi, un petit thon, ou un maquereau, allez, pour faire de rillettes. C'est dramatique ! Où sont donc les poissons ? Dans les entrailles des chalutiers ? Merde, c'est à ce demander vraiment... si tout fout l'camp, comme dirait l'autre. Y'a p'u d'saison, y'a p'u d'poisson. Grr...

Finis les conserves de thon, les filets séchés, les photos au palmarès. Pourtant Jérem s'est acharné.On ne pêcha même pas un misérable ver de terre. Juste un sac plastique. Du coup, on fut en pénurie de protéines ! Zut. Mais comptez sur nous, la croisière gastro fut tout de même au rendez-vous, avec pizzas et flammekueches, mousse au chocolat, crumbles, poulet rôti, patates kreshen, colombo de poulet, soupes, tartines... tout maison, de quoi garder le moral et de la couenne... dans ce froid polaire !

Et oui ! Car on a vite ressorti les bouillottes et les pulls en laine.
La tenue de ski est de rigeur :
-Sous-couche en damard troué : ok.
-Pantalon de ski taché de sang séché de thon indécrottable: ok.
-Chaussettes de ski triple épaisseur: ok.
-Cache-nez modulable en cagoule: ok.
-Veste moumoutée : ok.
T'as pas vu mes moonboots ?
Ressortir ma bouillotte me fit un pincement au cœur.
Un petit gloups, un déclic : ça y est, c'est fini !

ca-caille.jpg
Tos la nuit, sous sa couverture polaire: ça caille!


Voilà, oui, c'est fini, et pourtant, même si nous avons un peu peur d'être déconnectés, on est heureux. De rentrer, de revoir les êtres chers, d'être entiers. Ça va être une fête, à l'arrivée !!!
Et pour la suite, nous avons plein de projets et de rêves sous le coude, de quoi nous propulser dans l'action, et de quoi continuer à avancer. La suite au prochain épisode... dans quelques temps.

Et pour le bateau, beaucoup de travail en perspective. Dav Gyver (et son assistante de choc premier carat) a du boulot. Et ça le ravit, vous pensez bien. On veut refaire TOUT l'intérieur (même le plancher, dame !) et consolider la coque. Gros chantier. Changer les haubans. Isoler. Mettre un réchaud. Pour avoir chaud cet hiver et... pour notre prochain voyage... mais chut ! Je cafterai plus tard !

Mais d'ici là, on va bosser dur, renflouer notre caisse de bord ! Et surtout profiter de notre port d'attache et de cœur : le voyage nous aura aussi, paradoxalement, rattachés à notre Bretagne. C'est une évidence pour Dav, qui y est né, et qui y a ses racines. Cela ne l'était pas pour moi, allergique au sédentarisme. Mais j'ai compris que j'aimais cet endroit, que j'avais envie d'y construire quelque chose.
Je vous laisse, il est temps de rendre l'antenne, je suis préposée à la cuisine ce soir - ah bon ?
Merde, on a plus rien dans les cales. Que du couscous sénégalais, du riz du Cap vert pas terrible, et des lentilles. Fini Byzance ! Hier, David nous a fait des steaks végétariens haricots rouges + haricots blancs + farine + sauce tomate = beurkkkkk. J'ai passé mon tour, et les gars auraient du en faire autant, ils ont eu mal au bide toute la nuit. Haha !


Kenavo !


Ps : ceci ne sera pas, je pense, mon dernier billet, car il est dur de baisser le rideau pour de bon. J'aurai sûrement la forme, un soir, pour conclure définitivement ce blog par un post inspiré et imbibé de cidre brut.

Ceci-dit, il y a beaucoup de pages que je souhaite mettre à jour, et je veux le rendre plus interactif, aidé d'un copain geek (hein, Chap, message reçu ?), moi je suis nulle ; je continuerai donc de l'entretenir. Lors de la préparation de notre voyage, on surfait sur les blogs de voyageurs partis pour la même aventure ; nous voyagions déjà par procuration et nous y trouvions souvent des bons plans ou des idées. J'aimerai que celui-ci le soit un peu aussi. Peut être. A suivre, donc. Dans l'attende de notre prochain sea trip !

Kenavo !



Mercredi 17 Juillet 2013. Ponton D, port de Morlaix.


Ca y est. Je viens de boucler la mise en ligne du dernier post du voyage, le récit de la transat retour Açores-Morlaix.
Cela fait 20 jours que nous sommes arrivés à Morlaix, et nous atterrissons seulement. 20 jours: ce ne fut que retrouvailles, bruit, fêtes, barbeucs, boulot, projets, bouillonnements intellectuels, lessives. Retrouvailles avec nos amis et la baguette tradition croustillante. La salade de Dédé du marché, les galettes de Franzy-la-crêpe, le fromage de chèvre, les escalopes fondantes, le cidre et la blanche pression. Les amis, les idées, les projets, les cerveaux en fusion, pour de nouvelles aventures (terrestres).

Nous sommes arrivés durant le festival Terre et Mer, à Morlaix. Nous avons eu la chance de pouvoir passer la rivière et d'avoir une place dans le port, réquisitionné pour cette fête de vieux gréements. Nous sommes arrivés d'abord à Roscoff après 10 jours de mer. De là, des amis nous ont rejoints sur le bateau et c'est en fête et en musique, armés de chapeaux pointus et cotillons, qu'on a navigué les dix derniers kilomètres qui nous séparaient de Morlaix. Louvoyant entre les cailloux et les effluves de rhum. Avant les écluses, nous attendait un comité d'accueil composé de bouteilles de cidre, de la famille de Dav, de nos copains, de saucisson, d'un bagad (de deux personnes, certes, mais dont le biniou était assez puissant pour réveiller le port de Morlaix, si bien que les équipages des vieux gréements invités, jaloux, se demandaient qui nous étions, pour être si bien accueillis, et nous on crânait: " On a traversé la baie de Morlaix, lalalalère !!!" ). On dansa, on pleura, on rit, on but, et on oublia de passer les écluses en même temps que tout le monde, c'est pas grave, on nous fit une écluse pour nous tous seuls. La moitié des copains se retrouvèrent sur le bateau, en chantant, pour rentrer au port, et tout le monde débarqua au Tempo, le bar QG du port, pour fêter ça. Une bien belle arrivée.

Depuis, j'ai repris le boulot au TyCoz, trois jours après l'arrivée, génial, et le cerveau de Dav a aussi repris du service, pour de nouveaux projets prometteurs. On ne s'ennuie pas.

Voilà les dernières nouvelles. Je vais enfin pouvoir faire du skate longboard sur le parking du port de Morlaix (ma lubie du moment) sans avoir peur de croiser quelqu'un qui me chope par le col-back "Hé ho, tu vas te faire engueuler, viens ici, t'as pas mis le site à jour!" Hein, belle maman, héhé.

On va bien. Je n'ai pas le cœur de clôturer le site aujourd'hui. Ce sera pour une autre fois.

Merci à tous pour votre lecture (fastidieuse, souvent, je sais, mais personne ne vous oblige à lire!), à vos messages, vos mails. Je vous engueule quand même un peu, parce qu'on aurait aimé un peu plus de retour dans le livre d'or, parfois. Ce n'est pas fini, vous pouvez vous rattraper. Moi, je viens bien de décliner une invitation à la plage pour finir enfin ce site. Vous pouvez faire un effort. Bande de moules!

Kenavo!


jeudemer-1.jpg



Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×